🇨🇷 Présidentielle au Costa Rica : large victoire de la candidate de droite, Laura Fernández (L’Humanité / Nouveaux Espaces Latinos) / Costa Rica elige el modelo Bukele : crónica de una democracia que se desarma (Gabriel Schwarb / Acidreport)



La candidate du parti conservateur au pouvoir, soutenue par le président sortant Rodrigo Chaves, Laura Fernández, a été élue dimanche 1er février, présidente du Costa Rica au premier tour de l’élection. À l’image du président salvadorien, premier chef d’État à la féliciter, les propositions de Laura Fernandez en matière de sécurité et de réforme des pouvoirs de l’État sont perçues par ses opposants comme une dérive autoritariste.

L’opposition redoute que le président sortant, Rodrigo Chaves, continue de gouverner en coulisses et que sa dauphine ne tente de modifier la Constitution pour qu’il soit autorisé à se représenter dans quatre ans. © Francisco Canedo / Xinhua / ABACAPRESS.COM


Une victoire pour la droite conservatrice au Costa Rica. Dimanche 1er février, Laura Fernández, candidate du Parti du peuple souverain (conservateur) – émanation du Parti Progrès social démocratique (centre droit), au pouvoir – a obtenu 48,3 % des voix, soit huit points de plus que le seuil nécessaire pour gagner dès le premier tour, rapporte le Tribunal suprême des élections (TSE), alors que 94 % des bulletins ont été dépouillés.

La nouvelle présidente, qui prendra ses fonctions le 8 mai prochain, se saisit d’ores et déjà du dossier narcotrafic : les autorités attribuent la plupart des meurtres au Costa Rica au trafic de stupéfiants, dont le pays est devenu une plaque tournante. Elle propose d’imiter en partie la guerre contre les gangs menée par le chef d’État d’extrême droite du Salvador, Nayib Bukele.

Parmi ses projets : achever la construction d’une méga-prison, sur le modèle de celle construite pour les membres de gangs par l’État salvadorien, alourdir les peines et instaurer l’état d’urgence dans certaines zones du pays. ( … )

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Élection présidentielle au Costa Rica : victoire de Laura Fernández Delgado (Nicolas Klein / Nouveaux Espaces Latinos)

La victoire de Laura Fernández Delgado, ce dimanche 1er février, marque une rupture dans l’histoire du Costa Rica. Le pays a validé dans les urnes une recomposition profonde de son paysage politique. 


Le scrutin présidentiel et législatif du 1er février 2026 marque une rupture historique pour le Costa Rica. Longtemps perçu comme un modèle de stabilité institutionnelle, de bipartisme modéré et de compromis social, ce petit pays d’Amérique centrale (environ 5,3 millions d’habitants) a validé dans les urnes une recomposition profonde de son paysage politique. La victoire de Laura Fernández Delgado, héritière politique du président sortant Rodrigo Chaves Robles, consacre l’installation durable d’un populisme conservateur centré sur la sécurité, l’efficacité exécutive et la défiance envers les contre-pouvoirs traditionnels.

Le mandat de Rodrigo Chaves (2022-2026) à la tête du pays s’achève sur un contraste saisissant. Ciblé par de multiples enquêtes judiciaires et accusé d’autoritarisme, il conserve pourtant une popularité proche de 60 %, soit une des plus élevées d’Amérique latine. Cette adhésion repose sur une communication directe, agressivement anti-élites, et sur des résultats macroéconomiques tangibles.

En 2025, le chômage est en effet tombé à 7 %, son plus bas niveau depuis plusieurs années. De son côté, le taux de pauvreté est passé de 18 % à 15,2 %, tandis que l’inflation est restée contenue. Enfin, les investissements directs étrangers ont progressé de manière continue, portés par une politique de discipline budgétaire et de simplification administrative ainsi que par l’attraction de grands groupes technologiques. Ces indicateurs ont nourri un sentiment de solidité et renforcé la crédibilité internationale du pays. Un tel bilan est toutefois contesté.

Le Centre de Recherches et d’Études politiques (CIEP) de l’Université du Costa Rica souligne que ce bilan a été obtenu au prix de coupes sévères dans les budgets sociaux et sanitaires. Dans un pays qui demeure un des plus inégalitaires de la région et où le coût de la vie est le deuxième plus élevé d’Amérique latine après l’Uruguay, ces choix ont alimenté un ressentiment social que Rodrigo Chaves a habilement redirigé contre les institutions (….)

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Costa Rica elige el modelo Bukele; crónica de una democracia que se desarma (un análisis de Gabriel Schwarb / Acidreport)

Costa Rica acaba de elegir la continuidad de un proyecto que sus propios arquitectos califican de “cambio profundo e irreversible”. Laura Fernández obtuvo el 48,33% de los votos en primera vuelta y su partido conquistó 31 de los 57 escaños parlamentarios con un programa explícito de suspensión de garantías constitucionales y reforma del Poder Judicial.

Ilustración: ©2025 Gabriel Schwarb

Este texto demuestra por qué casi la mitad de los costarricenses votó por desmontar las instituciones que hicieron de su país una excepción continental, cómo el narcotráfico transformó la segunda democracia más estable de América Latina en terreno fértil para el autoritarismo, y qué implica para la región que el modelo Bukele se exporte ahora con legitimidad electoral. Si solo puedes leer esto, quédate con esto: la “tercera república” que Fernández promete edificar no es una refundación; es una liquidación voluntaria.

Nayib Bukele fue el primer mandatario extranjero en llamar a Laura Fernández para felicitarla. Lo hizo minutos después de que el Tribunal Supremo de Elecciones confirmara su victoria, antes que cualquier presidente latinoamericano, antes que Washington, antes que Madrid. En diplomacia, ese gesto equivale a una declaración de principios. Durante la campaña, Fernández había prometido construir una megacárcel inspirada en el Centro de Confinamiento del Terrorismo salvadoreño y aplicar estados de excepción en las zonas dominadas por el narcotráfico. Bukele no llamaba a una colega; recibía a una alumna. (…)

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