🇧🇴 Puissant mouvement social en Bolivie (revue de presse)


Depuis six semaines, les mouvements sociaux, syndicaux, paysans, amérindiens, afrodescendants, féministes et populaires sont mobilisés en Bolivie pour la défense de leurs droits sociaux, économiques et démocratiques. Les manifestations et blocages pour réclamer le départ du président bolivien Rodrigo Paz ne faiblissent pas, malgré une répression policière parfois appuyée par des milices d’extrême droite. Revue de presse.
Les articles les plus anciens sont en bas de page.

Manifestation contre le gouvernement du président Rodrigo Paz, le 10 juin 2026 à La Paz, en Bolivie © Aizar Raldes / AFP

« Nous sommes tous réunis autour d’une revendication : le départ de Rodrigo Paz » : Aquilardo Caricari, leader syndical Bolivien (Luis Reygada / L’Humanité / 11 juin 2026)

Des milliers de personnes ont défilé mercredi dans le centre de La Paz, la capitale politique de la Bolivie, pour de nouveau exiger la démission du président au programme néolibéral Rodrigo Paz.

Celui-ci a promulgué ce lundi une loi lui permettant de déclarer l’état d’exception, une mesure l’autorisant à restreindre les libertés de réunion et de circulation – et donc de protestation – ainsi que de faire appel aux forces armées pour prêter main-forte à la police. Après cinq semaines de mobilisations, près de 80 barrages routiers paralysent toujours les principales villes du pays. Entretien avec Aquilardo Caricari, secrétaire général de la Confédération syndicale des communautés interculturelles originaires de Bolivie.

Non seulement les mobilisations se poursuivent mais elles prennent chaque jour davantage d’ampleur.  Au départ le mécontentement visait diverses politiques et projets néolibéraux du gouvernement, mais aujourd’hui on peut dire que nous sommes tous réunis autour d’une revendication unique et claire : le départ (du président) Rodrigo Paz. Il n’y a pas de retour en arrière possible, malgré la répression qui sévit dans certaines régions du pays. Au contraire, (les abus commis) poussent différents secteurs sociaux à rejoindre les mobilisations, ce qui contribue à leur expansion.

Ni les abus des forces sécuritaires, que ce soit de la part de la police ou de l’armée, ni même le recours à des milices comme cela a déjà eu lieu (lire l’Humanité du mardi 9 juin 2026), ne pourront freiner la population, qui reste déterminée à manifester. Au contraire, chaque mesure de répression suscite une indignation croissante au sein des différents secteurs de la population. Je pense que cela va entraîner une mobilisation massive en cas d’état d’urgence décrété par le gouvernement. (…)

 (…) Lire la suite de l’entretien (réservé aux abonné·es) ici


Bolivie: des milliers de manifestants à La Paz contre le gouvernement, qui envisage l’état d’exception (France 24 / AFP / 10 juin 2026)

Des milliers de personnes ont défilé mercredi dans le centre de la capitale politique de la Bolivie pour de nouveau exiger la démission du président de centre droit Rodrigo Paz, qui envisage de décréter l’état d’exception pour contenir les protestations débutées il y a cinq semaines.

Manifestation contre le gouvernement du président Rodrigo Paz, le 10 juin 2026 à La Paz, en Bolivie © Aizar Raldes / AFP

« Que voulons-nous ? La démission ! », ont scandé paysans, ouvriers, mineurs, enseignants et transporteurs en avançant dans les rues de La Paz, au bruit des pétards.

Les manifestants rejettent les propositions de réformes de Rodrigo Paz, dont l’arrivé au pouvoir a mis fin à vingt années de gouvernements socialistes dirigés par Evo Morales (2006-2019) puis Luis Arce (2020-2025). « Certains veulent vendre, détruire le pays. En tant que vrais Boliviens, nous ne les laisserons pas faire », a déclaré à l’AFP Omar Hancco, mineur de 44 ans originaire d’Oruro (sud).

Parfois vêtus de ponchos et de casques, les manifestants ont tenté d’atteindre la place principale de la Paz, où se trouve le siège du gouvernement, mais ont été dispersés par les forces anti-émeutes à coups de gaz lacrymogènes. (…)

 (…) Lire la suite de l’article ici


Voir également :
Pourquoi la Bolivie se soulève (analyse de Chantal Liégeois – Traduction Contretemps. fr.esp.) / Les élites boliviennes face au soulèvement populaire (entretien avec Vincent Arpoulet – Le Vent se Lève)
Communiqué de solidarité internationale avec les peuples d’Amérique latine et de la Caraïbe (Assemblée générale de FAL) /


Bolivie : Rodrigo Paz réquisitionne l’armée pour lever les barrages routiers, un prélude à la guerre civile ? (Luis Reygada / L’Humanité / 8 juin 2026)

Le Parlement a autorisé le recours à l’armée pour lever les barrages des manifestants, un tournant de tous les dangers alors que la répression s’appuie déjà sur des groupes de choc d’extrême droite.

Le président bolivien Rodrigo Paz s’adresse aux journalistes lors d’une visite à Carreras, après la réouverture d’une route par la force suite à des manifestations réclamant sa démission, dans le département de La Paz, en Bolivie, le 5 juin 2026. © Marvin RECINOS / AFP

Feu vert pour un carnage ? Le président bolivien Rodrigo Paz a reçu, dimanche, l’aval du Parlement pour recourir à l’armée afin de lever les barrages routiers, tenus depuis cinq semaines par des manifestants déterminés à obtenir sa démission.

Alors que le pays connaît toujours au moins 80 points de blocage, l’un des articles de la loi adoptée – et en vertu de laquelle le président pourrait déclarer l’état d’exception pour une durée de trois mois – prévoit que les militaires bénéficieront d’une « présomption de légalité » et que le gouvernement devra assurer leur défense juridique.

L’objectif est clair : dissiper les craintes des militaires d’être poursuivis au pénal pour leur usage de la force, au risque d’encourager tous les excès, alors que la gauche bolivienne et ses diverses organisations sociales n’oublient pas la terrible répression subie à partir de 2019.

À la suite du coup d’État ayant provoqué la chute de l’ex-président Evo Morales, les affrontements entre forces de sécurité et civils avaient fait plus de 30 morts ; plusieurs hauts responsables militaires du gouvernement de Jeanine Añez (2019-2020) avaient été poursuivis puis emprisonnés, elle-même se voyant accusée pour sa responsabilité dans la commission des massacres.

 De quoi laisser présager le pire, donc, alors que la police antiémeute – actuellement en première ligne lors des opérations visant à dégager certaines routes – a déjà fait des siennes samedi 6 juin.

À San Julian, dans le bastion de la droite qu’est la région de Santa Cruz (est), le bureau du Défenseur du peuple (BDP, une institution étatique autonome) a dénombré un total de 33 blessés – 26 civils et sept policiers – lors d’un affrontement auquel ont participé des milices d’extrême droite. Avec le soutien de la police, puisque plusieurs vidéos partagées sur les réseaux sociaux la montre distribuant des armes – notamment des bazookas artisanaux – à des membres du groupe néonazi Union juvénile de Santa Cruz. (…)

(…) Lire la suite de l’article (réservé aux abonné·es) ici


En Bolivie, le Parlement autorise le président, Rodrigo Paz, à recourir à l’armée contre le mouvement social (Libération / 7 juin 2026)

Les députés ont adopté définitivement, ce dimanche 7 juin, une loi qui permet au dirigeant de centre-droit de faire intervenir les militaires pour mettre fin aux manifestations qui bloquent depuis cinq semaines une partie des axes routiers du pays.

À San Julián, en Bolivie, le 6 juin 2026. (Ipa Ibanez/REUTERS)

Feu vert pour Rodrigo Paz. Le président bolivien a reçu ce dimanche l’autorisation du Parlement pour recourir à l’armée afin de lever les barrages routiers tenus depuis cinq semaines par des paysans, des mineurs, des transporteurs et d’autres travailleurs qui manifestent et réclament sa démission en raison de la grave crise économique que connaît le pays andin. Déjà approuvé par le Sénat, le texte a été adopté à l’aube par la Chambre des députés, après une séance longue de quinze heures. Il doit encore être promulgué par Rodrigo Paz.

Au pouvoir depuis six mois, le président de centre droit envisage de décréter l’état d’exception, ce qui lui permettrait de recourir davantage à l’armée et de restreindre les libertés de réunion et de circulation. Jusqu’à présent, la participation des militaires est restée très limitée, tant en termes d’effectifs que de déploiement de matériel. La police antiémeute demeure en première ligne lors des opérations visant à dégager certaines routes. Samedi, elle a tiré des gaz lacrymogènes contre des paysans bloquant un axe routier stratégique à San Julian, dans la prospère région de Santa Cruz (est), faisant quatorze blessés parmi les civils. (…)

(…) Lire la suite de l’article ici


Bolivie : bientôt l’état d’urgence ? (TV5 Monde / 9 juin 2026)

Le président Rodrigo Paz durcit le ton face aux manifestants anti gouvernement qui paralysent le pays depuis plusieurs semaines. Une loi lui permettant de décréter l’État d’urgence a été promulguée qui lui permet désormais d’utiliser l’armée pour contenir les protestations.

Reportage de TV 5 Monde

Bolivie : Au bord de l’état d’urgence, le pouvoir vacille (TV5 Monde / 4 juin 2026)

Reportage de TV5 Monde

En Bolivie, la contestation s’enracine (France 24 / 28 mai 2026)

Le président bolivien Rodrigo Paz a averti mercredi 27 mai que la crise qui secoue le pays depuis près d’un mois « approche du point de rupture », lors d’une nouvelle journée de manifestations réclamant sa démission.

Reportage de France 24

Une capitale bloquée et des milliers de mineurs dans la rue : en Bolivie, la pression sur le président Rodrigo Paz s’accentue (Rédaction de L’Humanité / 15 mai 2026)

Depuis son arrivée au pouvoir le 8 novembre, le dirigeant bolivien de droite traverse une contestation sans précédent. Enseignants, ouvriers, paysans, routiers, mineurs ont déclenché de fortes mobilisations et le blocage de La Paz, capitale administrative du pays. Ils réclament son départ face à une forte inflation, une pénurie de carburants et des choix économiques au détriment des plus précaires.

Élu en octobre, le président de droite Rodrigo Paz fait face à une première crise majeure. © Aizar Raldes/ AFP

Depuis deux semaines, le mécontentement gagne de l’ampleur en Bolivie contre la politique du gouvernement de droite. En pleine crise économique, enseignants, ouvriers, paysans, routiers ont déclenché d’importantes protestations, le 11 mai. Faute de dialogue, le mouvement se durcit et prend de l’ampleur. Des milliers de mineurs ont marché jusqu’à la ville de La Paz, dans les Andes, pour exiger la démission du président bolivien Rodrigo Paz. Arrivés aux abords du Palais du gouvernement, ils ont dû faire face aux forces de police.

« Nous demandons la démission de ce gouvernement incapable (…), le dialogue est désormais épuisé », a déclaré à l’AFP Luis Apaza, un mineur venu de la province d’Inquisivi, à environ 270 kilomètres de La Paz. Ils réclament davantage d’investissements, de carburants, une hausse des salaires.

La Centrale ouvrière bolivienne (COB), le principal syndicat du pays, a également annoncé jeudi 14 mai une radicalisation de ses positions. « Les revendications sectorielles ont été laissées de côté. Désormais, il n’y a qu’une seule demande de la part du peuple mobilisé : le départ et la démission du président », a lancé Mario Argollo, principal dirigeant de la COB, lors d’une conférence de presse.

Des dizaines de barrages routiers paralysent une partie du pays mais surtout les routes d’accès à La Paz, la capitale administrative du pays. Les revendications portent également sur des hausses salariales et le refus de privatisation visant plusieurs entreprises publiques. (…)

 (…) Lire la suite de l’article ici