Quatorze questions et réponses sur REPSOL YPF qui n’apparaissent pas dans les médias
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Le 16 avril, la présidente argentine Cristina Kirchner décidait de nationaliser partiellement la compagnie pétrolière YPF en expropriant notamment la compagnie espagnole REPSOL. Bien qu’approuvée par une large majorité du Congrès argentin, cette décision a soulevé de vives critiques au niveau international chez les défenseurs du capitalisme néolibéral. Ils craignent de voir un autre pays d’Amérique latine virer trop à gauche, sur les traces du Venezuela ou de la Bolivie. « Ce genre d’initiatives est problématique, l’Argentine va avoir du mal à obtenir des investissements internationaux » tonne Karel De Gucht, commissaire européen au commerce. L’Union européenne répondra officiellement dans les prochains jours. Elle affirmera sans doute qu’elle n’apprécie pas qu’un Etat intervienne de manière aussi décisive dans l’économie, surtout lorsque c’est pour exproprier une des ses compagnies. « Il faut laisser les marchés faire » rappelleront les chantres du néolibéralisme. Alors que la presse capitaliste diabolise la présidente argentine, jugée irresponsable, nous vous présentons quatorze questions impertinentes sur REPSOL/YPF que les médias se garderont bien d’évoquer. A vous de voir qui est le diable et qui est responsable…

1. Saviez-vous que REPSOL avait acheté la compagnie argentine YPF de façon irrégulière, en profitant de la dette extérieure argentine ?

La privatisation de l’entreprise nationale des pétroles argentins YPF par le gouvernement de Menem en 1999 a été marquée par différentes irrégularités et plaintes, desquelles nous pouvons faire ressortir ce qui suit :

a. YPF fut contrainte de s’endetter alors qu’elle disposait de ressources suffisantes pour soutenir son propre développement. Pendant la dictature, sa dette extérieure est passée de 376 millions à plus de 6 milliards de dollars. L’argent ne fut pas destiné à des activités ordinaires de la compagnie.

b. Le consultant Gafney&Cline dévalua la quantité de réserves sachant d’avance que l’entreprise allait être privatisée. La valeur de la compagnie a ainsi chuté et finalement, cette dévaluation a bénéficié uniquement au futur acheteur. Juste après, la découverte de « nouvelles » réserves a été rendue publique. Ces réserves, portant sur une valeur de 15 milliards de dollars, étaient en réalité déjà connues.

c. 1500 ex-travailleurs de YPF ont dénoncé l’illégalité présumée de l’achat de YPF devant le Ministère Public Fédéral Argentin Nº4 (la Fiscalía Federal Nº4). Apparemment, il y aurait eu des malversations lors de la vente d’actions d’YPF et selon les plaintes, Menem a vendu YPF à New York, deux jours avant de l’annoncer dans le Bulletin Officiel de l’Etat.

d. Des actions ont été vendues alors qu’elles n’appartenaient pas à l’Etat mais aux travailleurs.

2. Saviez-vous que REPSOL a acquis gratuitement la compagnie bolivienne Andina S.A. ?

Capitalisation de YPFB : par le biais d’entreprises subventionnées YPF, Pluspetrol et l’échange d’actifs avec Perez Companc, Repsol s’est approprié Andina S.A., entreprise de propriété étatique, avec la moitié des gisements explorés et productifs des Boliviens. Mais elle n’a rien payé pour cela, et elle a seulement promis d’investir la valeur patrimoniale de l’entreprise en question. Le processus de capitalisation réalisé en 1996 pendant le gouvernement du fuyard Sánchez de Losada est considéré comme étant l’escroquerie la plus importante de l’histoire bolivienne, qui a consisté à offrir gratuitement toutes les entreprises publiques.

3. Saviez-vous que Repsol avait participé au consortium Pacific LNG, contre lequel la population bolivienne avait manifesté, ce qui a coûté la vie à 67 personnes et provoqué des centaines de blessés ?

En 2003, les membres de l’association Pacific LNG, qui avait pour objectif d’exporter du gaz aux Etats-Unis et au Mexique, furent les entreprises : Repsol YPF, British Gas, British Petroleum, Totalfinaelf, Exxon-Mobil. Ils firent pression sur le gouvernement bolivien pour que l’exportation s’effectue par un port chilien. Le contrat préalable, pour un total de 22 millions de mètres cubes par jour, pendant 20 ans, équivalait à 16,6% des réserves totales de la Bolivie. De plus, si les Boliviens payaient 5,48 dollars par mille pieds cubes de gaz pour leur consommation interne, Pacific LNG aurait payé 70 centimes de dollar, desquels 13 allaient au Trésor Général de la Nation. La population se révolta contre cette exportation et dans un climat d’une intense répression, elle réussit à expulser du pays le président Sánchez de Losada. L’exportation fut alors annulée.

4. Saviez-vous que REPSOL-YPF subit plusieurs procès en justice pour délit contre l’environnement et les droits des populations indiennes, etc. ?

REPSOL-YPF doit faire face, en Argentine, à au moins 4 procès. Il faut relever surtout la Demande Civile présentée le 27 mars 2002 par les communautés mapuches Kaxipayiñ et Paynemil de Loma de la Lata, où REPSOL-YPF exploite le plus grand gisement de gaz et de pétrole d’Argentine. Ces communautés ont demandé à l’entreprise Repsol-YPF 445 millions de dollars pour les dommages qu’elles subissent sur leur territoire en conséquence de l’exploitation des hydrocarbures. Elles réclament aussi 138 millions de dollars pour les problèmes que cela génère, entre autres sur la santé psychophysique (dans les analyses de sang réalisées sur des hommes, des femmes et des enfants de ces communautés, on a détecté des taux élevés de métaux lourds, comme conséquence de la pollution de l’eau dans les couches souterraines), sur la végétation, la faune et le problèmesocioculturel que cela suppose. D’autre part, elles réclament 307 millions de dollars pour le coût de l’assainissement de la zone affectée, incluant l’eau et les sols, ainsi que le repeuplement de la faune sylvestre. La consultante Umweltschutz estime que les travaux de récupération demanderont au moins 20 ans. Ces plaintes englobent aussi la dette écologique et sociale de REPSOLYPF avec les peuples du Sud, dont elle extrait les ressources, sans prendre en compte les impacts que cela provoque sur l’environnement et sur les populations, et sans faire aucune restitution.

5. Saviez-vous que les activités de REPSOL-YPF se font sur les Zones Protégées et Territoires Indigènes en Amérique Latine ?

REPSOL-YPF, grâce aux concessions faites depuis 40 ans, est entrée à l’intérieur de Zones Protégées d’importance mondiale. Ses activités ont eu des impacts environnementaux sur : le Parc National Madidi, la Réserve de la Biosphère Pilón Lajas, le Parc National Isidoro Sécure, le Parc National Amboró, le Parc National Aguaragüe (tous en Bolivie) ; le Parc National Yasuní (Equateur) et la Réserve Llancanelo (Argentine). Repsol est aussi présent sur : 17 Territoires Indigènes en Bolivie, le Resguardo Único U’wa (Colombie), le Territoire Indigène Huaorani (Equateur) et différents Territoires Indigènes au Pérou, en affectant les peuples Ashanika, Shuar et Shipibo. En Argentine, il opère aussi dans les communautés mapuches. Différentes organisations indigènes ont dénoncé le fait que Repsol soit entré dans ces communautés sans aucune information ni consultation préalable, ce qui viole les législations nationales sur les Droits Indigènes. Il en devient par conséquent difficile de comptabiliser les impacts et les changements au niveau socio-culturel qu’impliquent ces activités d’extraction et de production sur les peuples indigènes.

6. Saviez-vous que REPSOL-YPF a enregistré les réserves de gaz de Bolivie comme étant les siennes à la Bourse de New York, en se protégeant avec une loi qui violait la Constitution bolivienne ?

REPSOL-YPF s’est approprié des réserves de gaz qu’elle contrôle en Bolivie et les a inscrites à la Bourse de Valeurs de New York sous la dénomination des “concessions souveraines” en se protégeant avec la Loi 1689. Cette loi fut révoquée en 2005 parce qu’elle contredisait la propre Constitution Politique de l’Etat Bolivien. La Loi des Hydrocarbures 1689 fut la conséquence d’un Décret approuvé directement par le Président de la Bolivie, en 1996, qui reconnaissait aux entreprises concessionnaires pétrolières le droit à la libre commercialisation interne et externe des hydrocarbures, leur accordant la propriété d’hydrocarbures extraits des têtes de puits. Ce décret fut révoqué parce qu’il était en contradiction avec l’article 139 de la Constitution Politique de l’Etat, selon lequel “les gisements d’hydrocarbures, dans n’importe quel Etat où ils se trouvent ou la forme qu’ils présentent, sont du domaine direct, inaliénable et imprescriptible de l’Etat”. Aucune concession ni contrat ne pourront conférer la propriété des hydrocarbures…” (La nouvelle colonisation. Icaria&Antrazyt, Septembre 2003). REPSOL-YPF enregistre comme étant les siennes les réserves de gaz naturel bolivien, ce qui représente maintenant 22% des réserves boliviennes totales (INTERMÓN OXFAM [2004], “Repsol en Bolivie : une île de prospérité au milieu de la pauvreté”, Rapport du mois de mai 2005) et les secondes les plus importantes de toute l’Amérique du Sud. En réalité, le fait de surestimer les réserves permet de surévaluer l’entreprise en Bourse. C’est pour cela qu’il y a trois jugements contre Repsol YPF à la demande des actionnaires qui furent affectés par la chute des actions de l’entreprise.

7. Savez-vous qui sont les propriétaires de REPSOL-YPF ?

Voici la distribution des actionnaires de REPSOL-YPF :

Participations Stables 26,90% (La Caixa 10,20% BBVA 6,30% Repinvés 5,60% PMI Holdings 4,80%)

Participations Flottantes 73,10% (Actionnaires Institutionnels Espagnols 13,50% Actionnaires Minoritaires Espagnols 13,40% Employés 0,30% Actionnaires du reste du monde 24,10% Actionnaires EEUU 21,80% JP Morgan Chase Bank National Association (EEUU) à travers de Chase Nominees Ltd. (GB) 9,36% State Street Bank and Trust (EEUU) 6,57% Reste des actionnaires EEUU 5,87%)

TOTAL 100,00%

Sources : REPSOL-YPF et SABI

Il est important d’évoquer qui sont les responsables des agissements de REPSOLYPF, non seulement ses directeurs, mais aussi les propriétaires de la compagnie, puisqu’à travers la propriété des actions qu’ils possèdent, ils sont aussi responsables. Si nous comptons sa participation dans Repinvés, la Caixa est propriétaire de 12,88% de REPSOL-YPF, et la banque BBVA a 6,3% des participations stables de l’entreprise. Il est aussi important de faire tomber les clichés sur la « propriété nationale » (REPSOL est espagnole), puisqu’à cause de la globalisation des marchés financiers, 15,93% des participations sont aux mains de deux entités financières nord-américaines, JP Morgan Chase Bank et State Street Bank and Trust.

8. Saviez-vous que REPSOL-YPF collabore avec des Etats qui ne respectent pas les Droits de l’Homme ?

Les activités de Repsol YPF se situent dans des pays où les Droits de l’Homme ne sont pas respectés, tels que : l’Algérie, la Guinée Equatoriale, l’Iran, la Libéria, la Lybie, le Maroc, le Nigéria ou la Sierra Leone (Dossier REPSOL-YPF [2006]. Observatoire de la Dette dans la Globalisation).

9. Saviez-vous que REPSOL-YPF est poursuivie en Bolivie pour trafic illégal de pétrole ?

La Douane Nationale de Bolivie a formalisé le 21 février 2006 la plainte contre l’entreprise ANDINA, propriété à 50% de REPSOL-YPF, pour délit de contrebande et de falsification de documents douaniers. L’accusation tire son fondement dans l’enquète de la Douane sur les exportations effectuées par l’entreprise entre juin 2004 et juillet 2005. La compagnie pétrolière aurait vendu de façon irrégulière 230.000 barils de pétrole vers l’Argentine et le Chili, pour une valeur de 9,2 millions de dollars, selon le rapport du Président sortant de la Douane, Ricardo Alba (Bolivia Press nº2, 28 février 2006 et La Razón (ESP) du 27 février 2006). C’est pour cette raison que le 9 mars 2006 dernier, la police bolivienne est intervenue au siège de REPSOL-YPF, avec pour objectif d’emporter des documents et d’arrêter les deux principaux dirigeants de la compagnie, son président, Julio Gavito, de nationalité espagnole, et son gérant, l’argentin Pedro Sánchez. Le mandat d’arrestation est justifié par l’absence de ceux-ci devant les autorités judiciaires du pays. Les informations sont confuses encore, mais il semble qu’ils n’ont pas été arrêtés. Le juge Zenón Rodríguez, du Tribunal “Décimo de Instrucción en lo Penal de Santa Cruz”, a délivré le mandat de perquisition pour les arrêter et les transférer aux dépendances judiciaires pour ne pas s’être présentés ni déclarés (El Mundo, La Fiscalía de Bolivia irrumpe en la sede de Repsol en el país para detener a dos Directivos. Article publié le 9 mars 2006).

10. Saviez-vous que REPSOL-YPF a été liée aux groupes paramilitaires en Colombie ?

Amnesty International (AI), dans son rapport international “un laboratoire de guerre : répression et violence à Arauca”, présenté en avril 2004 à Madrid, a osé accuser REPSOL-YPF et Occidental Petroleum, de ne pas respecter les droits de l’Homme et de procurer une aide financière à des unités militaires de l’Armée colombienne, avec « des liens prouvés » avec les groupes paramilitaires dans le département d’Arauca. AI dénonce “des abus et des violations des droits de l’Homme de la part des Forces de Sécurité, des paramilitaires et de la guérilla” dans ce département du nord-est du pays où opèrent ces deux compagnies (Amnesty International Colombie [2004]. Un laboratoire de guerre : répression et violence à Arauca).

11. Saviez-vous que l’évacuation des gaz est une pratique illégale que REPSOL-YPF réalise au détriment de vies humaines ?

Dans la production de pétrole, il se produit du gaz qui doit être brulé. Une pratique illégale, que certaines compagnies pétrolières effectuent, est l’évacuation ou la libération de ce gaz dans l’atmosphère pour ne pas payer d’impôts ni de redevances. Le danger en est la constitution de poches de gaz hautement inflammable. Le 30 juin 2005, REPSOLYPF évacuait du gaz du puits Surubí “D” à proximité d’un fleuve. Il s’est produit une explosion et un paysan et son fils sont morts brulés, tandis qu’un autre de ses enfants se trouve encore à l’hôpital. L’entreprise a permis l’entrée des autorités boliviennes à l’endroit de l’accident seulement sept jours après le malheureux évènement. D’autre part, elle n’assume pas encore ses responsabilités, en laissant la veuve sans aucune pension compensatoire, tandis que les émissions de gaz continuent (BolPress, Los quemados de surubí “D”, par Ramón Rocha Monroy (il a exercé des fonctions diplomatiques et fut vice-ministre de la culture). Article publié le 5 août 2005).

12. Saviez-vous que REPSOL-YPF a aussi des opposants qui sont des victimes et qui ont provoqué des mobilisations en Espagne ?

Dans la raffinerie de Puerto Llano à Ciudad Real, le 14 août 2003, 9 travailleurs sont morts à cause d’un incendie qui aurait pu être évité avec de meilleures mesures de sécurité. Les recherches sur cet évènement ont amené la Consejería de Industria de Castilla-La Mancha à découvrir de graves infractions à la Loi de Prévention des Risques du Travail, la Loi de l’Industrie et la Réglementation des Installations Pétrochimiques. De ce rapport, l’Inspection du Travail a proposé deux sanctions, avec la peine maximum qu’établit la loi, à Repsol YPF pour deux infractions “très graves” en rapport avec l’accident, d’un montant de 1,2 millions d’euros. Le Gouvernement régional, responsable de l’application de la sanction, a annoncé ce jour que le montant final de la sanction ne se fixerait pas tant que l’enquête réalisée par les tribunaux de Puertollano par voie pénale ne sera pas terminée. L’enquête reste ouverte au jour d’aujourd’hui au Tribunal nº1 de Puertollano par ordre de l’Audience Provinciale de Ciudad Real (Mañana se cumple un año del accidente que costó la vida a 9 trabajadores en la refinería de Repsol-YPF en Puertollano. Article publié sur lukor.com le 13 août 2004. Source : Europa Press). D’autre part, après plusieurs mois d’intenses négociations, REPSOL-YPF a bloqué les accords d’indemnisations avec les familles proches des morts et des blessés. Les indemnisations des parties des particuliers atteignent judiciairement les 2,6 millions d’euros pour dommages personnels (Repsol cierra las indemnizaciones con todos los afectados del 14-A. Article publié dans la Loi du Travail le 9 juillet 2004.

13. Saviez-vous qu’en même temps que REPSOL-YPF subventionne des espaces comme EL TEMPS de TV3, elle participe au changement climatique ?

La planète se réchauffe à cause des émissions de fumées d’hydrocarbures, ce qui fait que les conditions de vie, incluant celles des hommes, sont en train de changer de façon irréversible. Dans une campagne de promotion de son image, Repsol YPF mentionne que les plantations d’eucalyptus transgéniques se situant en Patagonie permettront l’absorption des émissions polluantes. Néanmoins, nous ne devons pas nous tromper, notre mode de vie est basé sur le pétrole, qui constitue le business le plus juteux pour des entreprises comme Repsol YPF (en 2003, ses bénéfices nets ont atteint les 2.020 millions d’euros).

14. Savez-vous pourquoi toutes ces informations sur REPSOL-YPF ne sont pas diffusées par la presse habituelle ?

REPSOL-YPF est une des 10 compagnies pétrolières les plus grandes au monde, et en tant que telle, elle dépense une quantité incalculable de moyens chaque année dans les médias pour réaliser ses campagnes publicitaires. Dans un marché de plus en plus globalisé et avec une concurrence féroce, il est difficile d’imaginer que les responsables de n’importe quel media espagnol renoncent aux revenus dus à la prochaine campagne de REPSOL-YPF pour des raisons de transparence ou de publication d’informations qui peuvent salir le nom de l’entreprise. Par exemple, il suffit de voir les comptes du GRUPO PRISA en 2005 pour voir que les Ventes par la publicité ont atteint le chiffre de 522 millions d’euros, plus du double que les ventes de journaux et de revues qui ont atteint le chiffre de 204 Millions d’euros (Grupo Prisa y Sociedades dependientes. Cuentas Anuales Consolidadas e Informe de Gestión del ejercicio 2005, junto con el informe de Auditoría, pág. 48).

Source orginale : neorrabioso

Traduit de l’espagnol par Katya et Jean-Louis pour Investig’Action

Source : Investig’Action – michelcollon.info

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