🇻🇪 Tragique tremblement de terre au Venezuela (revue de presse)


Deux puissants tremblements de terre, suivi d’une vingtaine de répliques, ont frappé mercredi 24 juin le Venezuela, touchant particulièrement la région côtière de La Guaira, voisine de la capitale. Plus de 100 bâtiments ont été détruits, selon la principale agence humanitaire des Nations unies (OCHA). Le bilan, encore très provisoire, fait état de 1 430 morts et de plus de 3 300 blessés. Mais près de 60 000 personnes sont toujours portées disparues, trois jours après le séisme. Revue de presse.

À La Guaira, épicentre du séisme, le 27 juin 2026. Photo Matias Delacroix/AP

Séismes au Venezuela : un bilan provisoire effroyable, avec au moins 1 430 morts et 50 000 disparus (Christophe Deroubaix / L’Humanité)

Les séismes du 24 juin ont fait au moins 1 430 morts et 50 000 disparus. Et les habitants doivent poursuivre recherches et remise en état dans un contexte géopolitique où les États-Unis les privent des ressources nécessaires.

À Caracas, les équipes de secours poursuivent leurs recherches pour retrouver des victimes parmi les décombres d’un immeuble effondré, après le séisme de magnitude 7,2 qui a frappé le Venezuela et d’autres régions des Caraïbes, à La Guaira, au Venezuela, le 27 juin 2026.© IMAGO / UPI Photo

Comme chaque pays victime d’un tremblement de terre, le Venezuela est engagé dans une course contre la montre pour retrouver des survivants, mais il le fait dans des conditions géopolitiques particulières avec la tutelle exercée par les États-Unis.

Selon les derniers chiffres publiés par les autorités, les secousses de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont secoué le pays le 24 juin ont fait 1 430 morts. Surtout, le nombre de disparus est estimé à 50 000. L’opération de secours est « extrêmement complexe », selon Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée nationale et frère de la présidente, Delcy Rodriguez. Le séisme et ses répliques sont intervenus dans des zones densément peuplées, provoquant l’effondrement de nombre d’immeubles.

Le temps presse pour retrouver des survivants. L’aide internationale est arrivée rapidement. Un peu plus de soixante-douze heures après les séismes les plus dévastateurs enregistrés au Venezuela depuis 1900, des équipes internationales de recherche et de sauvetage d’au moins 17 pays se sont mises à l’œuvre, parmi lesquels la France, comme l’a annoncé Emmanuel Macron sur X : « Nos sauveteurs de la sécurité civile sont arrivés au Venezuela pour prêter main-forte aux opérations de secours. »

Une piste de l’aéroport de Caracas a été rouverte et accueille des avions états-uniens transportant de l’aide humanitaire, a annoncé un haut responsable américain samedi. « Avec l’arrivée des effectifs de Miami, les États-Unis comptent désormais près de 250 secouristes civils spécialisés déployés au Venezuela », s’est enorgueilli le département d’État américain, qui maintient pourtant le Venezuela sous sa tutelle.

En plus de l’aide humanitaire, le pays latino-américain aurait besoin de changements géopolitiques, selon Carlos Luis Rivero, directeur exécutif de l’Institut Simon-Bolivar pour la paix et la solidarité entre les peuples. Dans un entretien, il explique la nécessité de réponses politiques en plus de l’aide humanitaire.

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Venezuela, au cœur du séisme (Les Humanités / 28 juin)

Un double séisme a éventré, en quelques secondes, le mince ruban de terre qui relie Caracas à la mer. À La Guaira, port historique du Venezuela arrimé entre montagne instable et Caraïbe, les maisons se sont affaissées comme des cartes, réveillant la mémoire encore vive des coulées de boue de 1999. Trois jours plus tard, au‑delà des bilans qui s’alourdissent, c’est tout un pays déjà exsangue qui vacille, pris entre solidarité de voisinage, colère sourde et arrivée au ralenti des secours venus de l’extérieur.


Avant que la terre ne se mette à trembler, La Guaira vivait au rythme des tambours de Naiguatá – processions, carnavals et veillées rituelles -, des processions de la Cruz de Mayo hants dévotionnels, « parrandas » et tambours forment un répertoire local très vivant, où se croisent héritages afro‑vénézuéliens et catholiques populaires -. La Guaira, port accolé à Caracas entre mer des Caraïbes et montagne, est depuis le XVIᵉ siècle la porte d’entrée maritime du Venezuela et l’un de ses principaux poumons commerciaux.

Fondée à la fin du XVIᵉ siècle comme débouché de Caracas, La Guaira s’est imposée très tôt comme principal port colonial, protégé par une chaîne de forteresses face aux corsaires et aux flottes anglaises, françaises ou hollandaises. Coincée sur un étroit ruban de terre entre la cordillère littorale et la mer, la ville s’est développée en un dense tissu de maisons basses, entrepôts et patios, arrimé au tracé stratégique du « Camino de los Españoles » qui reliait le port à la capitale.

Capitale de l’État du même nom, La Guaira reste aujourd’hui un maillon essentiel pour l’approvisionnement de Caracas, deuxième port commercial du pays, mais aussi zone d’urbanisation précaire, saturée entre montagne instable et littoral exposé. Frappée par de grands séismes comme celui de 1812 et par les coulées de boue meurtrières de 1999 – la « Tragedia de Vargas » -, la ville vit avec la mémoire des catastrophes et la conscience aiguë d’habiter, au plus près de la faille, la frontière mouvante entre mer et ville. C’est là que le double séisme de 2026 a choisi, ironie tragique, de fixer son épicentre.

Au Venezuela, le temps presse pour retrouver les survivants du double tremblement de terre du 24 juin (RFI / 28 juin)

Un peu plus de 72 heures après les secousses de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le nord du pays, des équipes de recherche et de sauvetage venues d’au moins 17 pays sont toujours à l’œuvre pour sortir des décombres d’éventuels survivants. Ils interviennent dans un pays en crise, au système de santé en piteux état.

Des personnes cherchant les noms des personnes disparues trois jours après le double séisme qui a frappé La Guaira, au Venezuela, le mercredi 24 juin 2026. © Javier Campos / AP

Au Venezuela, les secousses qui ont frappé le nord du pays mercredi ont laissé un paysage de dévastation, avec d’innombrables immeubles effondrés, en particulier à La Guaira. C’est là que la pelouse du grand stade de baseball accueille depuis vendredi 26 juin des équipes de secouristes du monde entier, indique notre envoyée spéciale, Alice Campaignolle.

Suisse, Colombie, Allemagne, Espagne : sur le terrain, on parle toutes les langues, et les Nations unies coordonnent le travail. « Il ne faut pas oublier que cela a fait maintenant longtemps que les gens sont sous les décombres, avec les chaleurs qu’il fait – avec tous les problèmes de déshydratation, etc. Donc on joue vraiment contre la montre », rappelle Fabien Walterio, chef des opérations de l’équipe suisse.

Pour appuyer ces efforts, une piste de l’aéroport de Caracas a également été rouverte afin d’accueillir des avions américains transportant de l’aide humanitaire. (…)

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Venezuela : des sauveteurs du monde entier arrivent au Venezuela (France 24 / 28 juin)

Le temps presse pour retrouver des survivants plus de 72 heures après le double séisme au Venezuela dont le bilan continue de s’alourdir : 1 430 morts et plus de 50 000 disparus. Les habitants de La Guaira, zone la plus affectée par la catastrophe, tentent de dégager les victimes avec des moyens très rudimentaires. 

Des immeubles dévastés à Caraballeda, dans la région de la Guaira, le 27 juin 2026, après les séismes meurtriers qui ont frappé le Venezuela. © Miguel Medina, AFP

Un jeune garçon miraculé a été extrait vivant, dimanche 28 juin, des décombres dans le nord du Venezuela. « Il y a quelques minutes, un garçon de 11 ans a été secouru vivant à Caraballeda. En ce moment, chaque vie est source d’espoir pour le Venezuela », a écrit dans la nuit sur X la présidente par intérim Delcy Rodriguez, en joignant à son message une vidéo du sauvetage.

Les secousses de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le nord du pays mercredi ont laissé un paysage de dévastation, avec d’innombrables immeubles effondrés, en particulier à La Guaira. 

Le nombre de morts est passé à 1 430 samedi, a annoncé le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, frère de Delcy Rodriguez. Ce dernier a fait état de 3 238 blessés.

À Genève, le responsable de l’aide humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher, a déclaré à l’AFP que plus de 50 000 personnes étaient portées disparues. Le bilan devrait donc « s’alourdir considérablement », dans le contexte « d’une opération de secours extrêmement complexe ».

« Tout s’est effondré, il a essayé de sortir mais n’a pas réussi », raconte Barbara Palacios, 34 ans, dont le mari, Jonathan Suarez, 36 ans, a été pris dans l’éboulement d’un petit hôtel de cinq étages de La Guaira. 

« Oui, il est vivant, oui », veut-elle croire, en larmes, mais après pratiquement 72 heures de recherche, les secouristes n’avaient toujours pas localisé son époux.

Les secours « passaient sans s’arrêter », se souvient Barbara Palacios, qui a décidé de bloquer la route principale avec les proches d’au moins cinq autres victimes toujours piégées.

« Il est là », dit, en sanglotant, Alessandro del Giudice, jeune homme de 23 ans qui tente de retrouver son père sous une montagne de décombres. Sa grand-mère Amparo, désespérée, s’efforce de dégager les ruines à mains nues pour retrouver son fils. « Il y a beaucoup de blocs de pierre, on ne peut pas les enlever avec les mains », constate-t-elle avec impuissance. (…)

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Mobilisation internationale pour voler au secours des victimes d’un double séisme au Venezuela (Mathieu Laurent / Radio France / 25 juin)

Deux puissants séismes ont endeuillé la région côtière de La Guaira ainsi que certains quartiers de la capitale Caracas. Un drame qui s’abat sur un pays en souffrance. Choses vues dans la zone de l’épicentre. Notre invitée : Yoletty Bracho, enseignante-chercheuse à l’ Université d’Avignon.

Un homme inspecte un immeuble d’habitation effondré à la suite du tremblement de terre à Catia La Mar, dans la région de La Guaira, 25/06/2026 ©AFP – Federico Parra

Une double secousse sismique, la plus importante que le Venezuela ait connue depuis plus d’un siècle, suivie d’une vingtaine de répliques a fait, selon un premier bilan provisoire, au moins 164 morts et près de 1 000 blessés. La zone la plus durement touchée est la région de la Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent notamment l’aéroport international de Maiquetia, qui a été fermé car fortement endommagé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont effondrés, comme l’a constaté Alice Campaignolle, correspondante de RFI et de France Culture au Venezuela.

« Je reviens à peine de La Guaira la zone qui a été la plus affectée. Une ville côtière située à quelques kilomètres de Caracas. Et là-bas, c’est vraiment la dévastation. C’est le chaos le plus total. Il y a des quartiers entiers où il n’y a plus un seul immeuble debout. Les quelques proches qui s’aventurent à sortir regardent les bâtiments et espèrent peut-être qu’il y ait des survivants à l’intérieur, car pour le moment il n’y a pas de secours. Quand je commençai moi, à partir de la Guaira, il y avait quelques ambulances qui commençaient à arriver. Mais toute la nuit, il n’y a pas eu, il n’y a pas eu de secours, personne pour aider les gens enfermés sous les décombres. Donc, une situation vraiment terrible là-bas et où, il n’y a pas de doute, le bilan humain sera très lourd. » (…)

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