L’accord commercial entre l’UE et le Mercosur est un pas de plus vers le précipice ! (Communiqué de France Amérique Latine)


Après plus d’un quart de siècle de négociations, l’Union européenne (UE) et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) sont parvenus à un accord pour signer un traité commercial que Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, présente comme « la plus grande zone de libre-échange du monde », où « tout le monde gagne ». La réalité est très différente : cet accord commercial représente un pas de plus vers l’abîme auquel conduisent les gouvernements européens et plusieurs pays latino-américains.


La proposition d’un accord Mercosur-UE est née à la fin du siècle dernier de l’ambition de l’UE d’éviter de perdre sa part de marché en Amérique latine face aux États-Unis. Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, cette ambition n’a pas changé ; il ne s’agit pas de promouvoir un accord de partenariat pour bénéficier aux 700 millions de personnes vivant dans les pays qui le composeront, mais de stimuler, coûte que coûte, les bénéfices du grand capital agroindustriel, financier, industriel. La grande différence entre le début de ces négociations et leur conclusion, qui sera ratifiée à Asunción au Paraguay ce week-end du 17 janvier, est que la Chine est désormais le principal partenaire commercial du Brésil et de l’Uruguay (pour leurs exportations vers le géant asiatique) et de l’Argentine, du Brésil et du Paraguay (pour leurs importations). L’UE se situe difficilement comme troisième partenaire commercial.

« Notre message au monde est clair : les partenariats créent la prospérité et l’ouverture stimule le progrès », affirme Von der Leyen. Rien n’est plus faux. Ce partenariat viendrait s’ajouter à une quarantaine d’autres accords de libre-échange déjà signés par l’UE, dont les résultats sont évidents : destruction de l’environnement, productivisme effréné, perte d’emplois, appauvrissement de la population, notamment celle des zones rurales, violation des droits humains, épuisement des ressources naturelles… Certes, il y aura des secteurs économiques qui en tireraient profit, mais en aucun cas ce ne sera la majorité de la population.

France Amérique Latine, aux côtés d’autres organisations, s’est battue au cours de ces années pour promouvoir une autre proposition de partenariat entre les pays de l’UE et ceux d’Amérique Latine et des Caraïbes. Un projet solidaire, équitable, écologique, féministe, culturel, tout ce que l’accord UE-Mercosur refusera.

Dans cette logique :
– FAL en appelle aux membres du Parlement européen et aux parlementaires des pays membres du Mercosur pour qu’ils rejettent la ratification de l’accord UE-Mercosur.
– FAL s’engage à redoubler d’efforts pour empêcher que l’accord fonctionne en France.

Bureau national de France Amérique Latine
Paris, le 15 janvier 2026