🇨🇱 Chili : le président d’extrême droite José Antonio Kast confie la Défense et les Droits humains à d’ex-avocats du dictateur Pinochet (L’Humanité)


Le président élu d’extrême droite du Chili, José Antonio Kast, a annoncé mardi [20 janvier] la nomination de deux anciens avocats du défunt dictateur Augusto Pinochet à des postes clés de son futur gouvernement : l’un à la Défense, l’autre à la Justice et aux Droits humains.

José Antonio Kast, le 16 novembre 2025, avant le second tour de l’élection présidentielle, à Santiago, au Chili. © Str / Xinhua / ABACAPRESS.COM

Alors que l’ancien dictateur d’Augusto Pinochet est mort en 2006 à l’âge de 91 ans sans avoir été condamné pour aucune des accusations portées contre lui, José Antonio Kast, qui prendra ses fonctions à la tête de l’État le 11 mars, a annoncé nommer deux hommes qui ont fait partie de l’équipe d’avocats du dictateur. Le président d’extrême droite avait été élu en novembre à une large majorité (58 %) face à la candidate de gauche Jeannette Jara.

Fernando Barros, 68 ans, a dirigé la défense de l’ancien général lorsqu’il avait été arrêté à Londres en 1998, à la demande de la justice espagnole, qui cherchait à l’extrader pour le juger pour des crimes contre l’humanité. Il occupera le ministère de la Défense. En outre, Fernando Rabat, 53 ans, nommé ministre de la Justice et des Droits humains, avait représenté Pinochet dans une affaire de détournement de fonds publics.

« Il s’agit d’un véritable manque de respect que quelqu’un ayant fait partie de l’équipe de défense du dictateur le plus sanguinaire d’Amérique latine puisse occuper ce poste », a déclaré Alicia Lira, présidente de l’Association des familles de personnes exécutées pour des raisons politiques. Le régime de Pinochet est tenu pour responsable de plus de 3 000 morts ou disparus.

« À travers ces nominations, Kast confirme sa fidélité avec la dictature, ce qui ne nous surprend pas », exprime Hector Vásquez au nom de l’Association d’ex-prisonniers politiques chiliens en France. « Il reste cohérent avec sa filiation politique, et cela confirme que toutes les menaces au droit et à la démocratie prononcées pendant la campagne électorale risquent de devenir une bien malheureuse réalité ».(…)

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