🇨🇺 🇺🇸 Le secrétaire général de l’ONU inquiet d’un « effondrement » à Cuba (La Presse / AFP) / Cuba adopte des mesures d’urgence face à la crise énergétique (France 24) / Donald Trump prépare l’asphyxie de Cuba (Luis Reygada / L’Humanité)


Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres est « extrêmement préoccupé par la situation humanitaire à Cuba, qui va s’aggraver, voire s’effondrer », si les États-Unis continuent de menacer l’approvisionnement de l’île en pétrole, a déclaré mercredi son porte-parole Stéphane Dujarric.

ONU Cuba. Le Coordinateur résident de l’ONU à Cuba, Francisco Pichón, parle aux autorités de la défense civile à Santiago de Cuba.

Après avoir tari les livraisons depuis le Venezuela à la suite de la capture du président Nicolás Maduro début janvier, le président américain Donald Trump a pris la semaine dernière un décret disposant que les États-Unis pourraient frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane.  

Pour justifier cette politique de pression, Washington invoque une « menace exceptionnelle » que ferait peser Cuba, île caribéenne située à seulement 150 km des côtes de la Floride, sur la sécurité nationale américaine.

De son côté, La Havane accuse Donald Trump de vouloir « asphyxier » l’économie de l’île, où les coupures d’électricité sont quotidiennes et les pénuries de carburant s’accentuent.

Le président américain a assuré dimanche que les États-Unis avaient engagé un dialogue avec le gouvernement cubain et dit entrevoir « un accord » avec l’île communiste.

« Il y a bien eu des échanges de messages » mais pas « de dialogue à proprement parler en ce moment », a tempéré le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio, dans un entretien à l’AFP lundi.  

Le même jour, Donald Trump a assuré que le Mexique, qui fournit Cuba depuis 2023, allait cesser de le faire. La veille, la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait annoncé son intention d’envoyer de l’aide humanitaire sur l’île et dit travailler à un moyen de continuer à lui envoyer du pétrole.

Le responsable du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Dario Alvarez, basé au Panama, a souligné mercredi que « la situation de Cuba n’est pas une situation conjoncturelle », mais qu’elle est « compliquée depuis un certain temps ».  

Il s’agit d’« effets cumulés depuis plusieurs années », a expliqué à l’AFP M. Alvarez, qui s’est récemment rendu sur l’île.  

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Voir également Risque d’effondrement humanitaire à Cuba avec la diminution des approvisionnements en pétrole (Nations Unies)


Cuba adopte un paquet de mesures pour faire face à la crise énergétique, dont la semaine de quatre jours (France 24)

Le gouvernement cubain a annoncé vendredi 6 février un paquet de mesures, dont la semaine de quatre jours dans les entreprises d’État et des restrictions des ventes de carburant, pour faire face à la crise énergétique que traverse le pays sous pression américaine. 

Une station-service vide à La Havane, le 6 février 2026. © Yamil Lage, AFP

Semaine de quatre jours, télétravail, restrictions des ventes de carburant, fermeture d’hôtels : le gouvernement cubain a annoncé, vendredi 6 février, un paquet de mesures pour faire face à la crise énergétique que traverse le pays sous pression américaine.

Ces pressions « nous poussent à appliquer un ensemble de décisions, en premier lieu pour assurer la vie de notre pays, les services de base, sans renoncer au développement », a déclaré le vice-premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga, à la télévision d’Etat. « Le carburant sera destiné à la protection des services essentiels pour la population et aux activités économiques indispensables », a résumé le vice-premier ministre, accompagné de plusieurs ministres, dont ceux du travail, de l’éducation et des transports.

Parmi les mesures annoncées figurent la réduction à quatre jours de la semaine de travail dans les administrations et les entreprises d’Etat, le télétravail, des restrictions à la vente de carburant, une réduction des services de bus et de trains, ainsi que la fermeture temporaire de certains établissements touristiques. En matière d’éducation, les journées de cours seront plus courtes et les universités fonctionneront sous forme semi-présentielle.

« À mon travail, ils ont renvoyé tout le monde chez eux pendant un mois », a expliqué sous couvert d’anonymat à l’Agence France-Presse (AFP) un employé de banque qui, selon les mesures annoncées vendredi, recevra pendant au moins un mois la totalité de son salaire. (…)

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« Le Mexique va arrêter de leur envoyer du pétrole ! » : Donald Trump prépare l’asphyxie de Cuba (Luis Reygada / L’Humanité)

Le président états-unien a décrété de nouvelles mesures, qualifiées d’« agression brutale » par le gouvernement de l’île, dont la population pourrait se voir soumise à des conditions de vie extrêmes.

Le Mexique est pris entre le marteau et l’enclume, entre son soutien solidaire et historique envers Cuba et le poids d’un possible chantage exercé par son agressif et imprévisible voisin. © Bonnie Cash/Pool/ABACA

C’est un pas de plus d’une intense brutalité dans la politique de pression maximale mise en place par Washington pour imposer un changement de régime à La Havane. Après l’ordre exécutif, signé ce 29 janvier, qui autorisait l’imposition de droits de douane supplémentaires sur les produits importés de pays qui fournissent directement ou indirectement du pétrole à Cuba, Donald Trump a confirmé les craintes qui entouraient sa position vis-à-vis du Mexique.

Le président, qui ne cache pas ses velléités néocolonialistes, a assuré ce lundi, lors d’un échange avec la presse dans le bureau Ovale, que le pays dirigé par la présidente Claudia Sheinbaum allait arrêter de fournir Cuba en or noir. Une annonce gravissime pour le gouvernement dirigé par Miguel Díaz-Canel, alors que le Mexique, devenu le dernier important fournisseur de pétrole de l’île communiste depuis le blocus naval imposé au Venezuela, avait déjà montré des signes de faiblesses la semaine dernière.

Alors que le site Bloomberg avait révélé que la compagnie pétrolière nationale mexicaine Pemex avait suspendu une livraison de pétrole brut à Cuba « après les avertissements de Trump », les justifications de la présidente avaient semblé peu convaincantes. Quelle sera sa réaction face à la menace, aujourd’hui explicite, de la Maison-Blanche ?(…)

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