🇨🇺 🇺🇸 Non à l’asphyxie de Cuba ! Non à l’attaque impérialiste étasunienne contre le peuple cubain ! / Communiqué de France Amérique Latine


La population de Cuba vit une situation de crise qui la met en danger. Le président des États-Unis, Donald Trump, agissant comme un vice-roi à l’époque coloniale, poursuivant et parachevant le travail de ses prédécesseurs, a approuvé le 30 janvier un « ordre exécutif », dans lequel il déclare que « la situation de Cuba représente une menace inhabituelle et extraordinaire », et il décrète « l’état d’urgence nationale » à son encontre. L’ordre de Trump s’accompagne d’une menace : les États-Unis imposeront des tarifs douaniers à tout pays qui, « directement ou indirectement », accepterait de fournir du pétrole à l’île.

Une station-service vide à La Havane, le 6 février 2026. © Yamil Lage, AFP

Outre le fait que Cuba ne saurait représenter une menace, cette décision condamne la population cubaine à voir s’aggraver de manière extrême les conditions de vie difficiles qu’elle traverse à cause d’un blocus illégal. En effet, aux conséquences dévastatrices de l’embargo économique imposé par Washington depuis plus de six décennies, se sont ajoutées, ces dernières années, plus de 200 mesures prises durant le premier mandat de Trump (2016-2020) pour renforcer le blocus économique, financier et commercial de l’île. Cette politique, combinée aux multiples problèmes internes et à des tensions croissantes dans le pays, mais aussi à des crises comme celle du Covid ou aux multiples ouragans qui ont frappé l’île ces dernières années, s’est traduite par l’émigration de plus de trois millions de personnes, principalement des jeunes. À cela, s’ajoutent la croissance accélérée de la pénurie alimentaire et l’aggravation de la pauvreté et des inégalités sociales.

Depuis l’attaque contre le Venezuela et l’enlèvement de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores le 3 janvier dernier, et suite au blocus naval imposé par les États-Unis, Cuba a vu sa principale source d’approvisionnement en pétrole se tarir. Son deuxième fournisseur en énergie, le Mexique, a également dû interrompre les livraisons sous pression étasunienne. Sans cette ressource essentielle, la population cubaine pourrait très rapidement faire face à une crise humanitaire sans précédent. Sans pétrole, impossible de faire fonctionner les transports, les usines, les hôpitaux, l’électricité dans les foyers, les écoles. Trump veut asphyxier Cuba, notamment en attaquant une de ses principales ressources économiques, le tourisme. Nous devons agir pour l’éviter.

De concert avec son secrétaire d’État Marco Rubio, la mafia des cubano-étasuniens qui siègent au Congrès et les secteurs les plus réactionnaires de l’exil cubain, Trump promeut une politique de revanche nourrie depuis la révolution cubaine de 1959. Loin de rechercher « la démocratie », il veut l’effondrement du système cubain, quitte à en faire payer le prix fort à sa population.

Alors que le Mexique, le Brésil ainsi que le secrétaire général de l’ONU ont dénoncé la décision de Trump et alerté sur le risque d’effondrement de Cuba, l’Union européenne et la quasi-totalité de ses États-membres gardent un silence assourdissant, pour ne pas dire complice. Le gouvernement français et l’Union Européenne ne peuvent rester muets et inactifs face à cette situation.

France Amérique Latine appelle toutes les organisations de la société civile française, les collectifs latino-américains, les représentants politiques et syndicaux, les citoyen·nes à se mobiliser de toute urgence en solidarité avec le peuple cubain. Ensemble, opposons-nous à la politique impérialiste de Trump qui vise à étrangler le peuple cubain de manière criminelle.

Bureau national de FAL
Paris, 11 février 2026