Les gouvernements d’Amérique latine expriment leur inquiétude face aux attaques contre l’Iran (Nouveaux Espaces Latinos)


Les gouvernements et les dirigeants d’Amérique latine ont réagi avec inquiétude aux attaques américaines et israéliennes contre l’Iran qui ont débuté samedi 28 février.

Image : Nouveaux Espaces Latinos

Le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a déclaré que les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, ce samedi, « anéantissent pour la deuxième fois les efforts diplomatiques concernant la question nucléaire », a-t-il ajouté dans un message sur X. En juin de l’année dernière, alors que les États-Unis appelaient à la reprise des négociations avec l’Iran sur un accord nucléaire, l’administration Trump avait lancé des attaques contre des sites nucléaires dans ce pays du Moyen-Orient. Quelques jours auparavant, Israël avait déjà mené des attaques contre l’Iran. Le gouvernement de Díaz-Canel, qui connaît ces dernières semaines des tensions accrues avec les États-Unis en raison du blocus énergétique imposé à l’île pour donner suite à la capture de Nicolás Maduro, a qualifié les attaques de « violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies »« La communauté internationale doit agir immédiatement pour mettre fin à cette agression et à toute escalade, compte tenu de ses conséquences imprévisibles », a déclaré le président cubain. Plus tôt, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, avait déclaré que son pays condamnait les attaques américaines et israéliennes, écrivant que « ces actes irresponsables brisent la paix ».

Le président argentin Javier Milei a relevé le niveau de sécurité à « élevé » sur l’ensemble du territoire national samedi en raison des récentes attaques entre les États-Unis, Israël et l’Iran au Moyen-Orient. « Cette mesure concerne toutes les cibles sensibles du pays, ainsi que les infrastructures critiques et la communauté juive, entre autres, afin de garantir l’intégrité, la vie et la liberté des habitants sur le territoire national », a indiqué la présidence dans un communiqué. Milei a ajouté que la sécurité des missions diplomatiques en Argentine et les contrôles aux frontières seront également renforcés.

« Par ailleurs, sur instruction présidentielle, le Service national de renseignement assurera une surveillance continue de l’évolution de la situation, en coopération avec les agences internationales, afin de garantir la détection immédiate des risques ou menaces potentiels pour la sécurité nationale », précise le communiqué du gouvernement de Milei, proche allié en Amérique latine de l’administration américaine de Donald Trump. De son côté, le ministère argentin des Affaires étrangères a déclaré samedi, dans un communiqué distinct, qu’il « apprécie et soutient » les actions militaires conjointes américano-israéliennes contre l’Iran. Ces actions, indique le ministère, « visent à neutraliser la menace que représente le régime de la République islamique d’Iran pour la stabilité et la sécurité internationales à long terme dans la région ».

Il a ajouté que, malgré les efforts diplomatiques internationaux, l’Iran « n’a pas complètement démantelé son programme nucléaire, cessé ses activités d’enrichissement sensibles ni mis fin à son soutien aux acteurs armés non étatiques qui opèrent de manière déstabilisatrice dans divers pays de la région, ce qui constitue une menace persistante pour la paix et la sécurité internationales ». Les tribunaux argentins ont identifié des diplomates et des responsables iraniens comme étant présumés responsables de l’attentat à la bombe perpétré en 1994 contre l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA), qui a fait 85 morts et 300 blessés. Le gouvernement iranien a toujours nié toute implication dans cette attaque.

Le gouvernement vénézuélien a déploré samedi que « la voie militaire ait été choisie » contre l’Iran, dans le contexte des négociations complexes qu’il mène avec les États-Unis, qui cherchent depuis longtemps à obtenir l’abandon du programme nucléaire iranien. Par ailleurs, selon un communiqué du ministère vénézuélien des Affaires étrangères, le gouvernement de Delcy Rodríguez a critiqué les attaques lancées par l’Iran contre des cibles à travers le Moyen-Orient en représailles aux attaques américaines et israéliennes.

Les attaques militaires américaines et israéliennes contre l’Iran, samedi dernier, ont déclenché « ces dernières heures une escalade dangereuse et imprévisible des événements, notamment des représailles militaires injustifiées et condamnables contre des cibles situées dans divers pays de la région »« Cette situation, résultant du mépris des principes de la diplomatie, du règlement pacifique des différends et de la Charte des Nations Unies, expose la région et le monde à un scénario d’instabilité d’une gravité extrême », a ajouté le ministère vénézuélien des Affaires étrangères. (…)

Le président colombien Gustavo Petro a réagi samedi aux frappes américaines menées conjointement avec Israël contre l’Iran, déclarant que le président américain Donald Trump « s’est trompé aujourd’hui »« Je pense que le président Trump s’est trompé aujourd’hui. La paix mondiale est la cause commune de l’humanité. La paix et la vie sont les fondements de l’existence », a écrit M. Petro sur la plateforme X, alors que le dirigeant sud-américain s’est récemment rapproché de M. Trump. Parallèlement, M. Petro a appelé à la non-prolifération des armes nucléaires (une exigence également formulée par les États-Unis et Israël à l’encontre de l’Iran) : « Elles doivent toutes être détruites. » Dans une autre publication sur X, le président colombien a vivement critiqué le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour la mort de dizaines d’étudiants lors d’une attaque contre une école du sud de l’Iran.

« C’est de la barbarie, et il est vain de demander aux Iraniennes de se libérer en retirant leur voile si ceux qui l’exigent tuent leurs filles. Les pourparlers sur le désarmement nucléaire entre les États-Unis et l’Iran doivent se poursuivre. Et l’humanité doit exiger qu’Israël et la Palestine organisent des élections libres pour choisir leurs dirigeants », a écrit Gustavo Petro. (…)

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