Alberto Fernández remporte la présidentielle en Argentine dès le premier tour (Le Monde avec AFP et Reuters / RFI)
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La politique libérale du président argentin sortant Mauricio Macri a été sanctionnée. Son rival et le grand favori du scrutin Alberto Fernandez a remporté l’élection présidentielle dès le premier tour, dimanche 27 octobre.

Selon des résultats partiels portant sur 95,31 % des bulletins dépouillés, il aurait obtenu 47,99 % des voix, devançant M. Macri (40,48 %). Le candidat de centre gauche est ainsi au-dessus du seuil d’au moins 45 % des suffrages dont il avait besoin pour éviter un second tour, qui aurait été organisé le 24 novembre. Le ministère de l’intérieur a annoncé que la participation au scrutin était de plus de 80 %.

Le président sortant, qui s’exprimait depuis son siège de campagne, a concédé sa défaite et félicité son adversaire. Il a invité M. Fernández au palais présidentiel lundi matin pour discuter de la transition du pouvoir.

« C’est un grand jour pour l’Argentine », a pour sa part réagi devant la presse M. Fernández, dont la colistière est l’ancienne présidente Cristina Kirchner. Il a déclaré qu’il allait collaborer « de toutes les manières possibles » avec M. Macri pour faire face à la situation économique désastreuse du pays. « Les temps qui viennent ne sont pas faciles. La seule chose qui nous préoccupe, c’est que les Argentins arrêtent de souffrir. »

Mme Kirchner, qui se trouvait à ses côtés, a appelé M. Macri à prendre dans les derniers jours de son mandat « toutes les mesures nécessaires pour atténuer la situation dramatique » de l’Argentine.

Après avoir voté, M. Fernández avait promis de travailler à réduire la forte polarisation politique qui traverse le pays, entre péronistes et partisans de M. Macri, qui briguait un deuxième mandat. « Nous et eux, c’est terminé », a assuré cet avocat de 60 ans. « Nous vivons une profonde crise [économique], chacun doit prendre sa responsabilité pour ce qui va advenir », a-t-il insisté.

Les félicitations du Mexique et du Venezuela

Le Mexique et le Venezuela ont rapidement adressé leurs félicitations à Alberto Fernandez. Cette élection « exemplaire et pacifique » reflète « la maturité démocratique du peuple argentin » et la solidité des institutions, a déclaré dans un communiqué le ministère mexicain des affaires étrangères (…)

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De retour au pouvoir, le péronisme parviendra-t-il à redresser l’économie argentine? (Hugo Lanoë / RFI)

Engluée dans une grave crise économique, l’Argentine s’est réveillée ce 28 octobre 2019 avec un nouveau chef d’État : Alberto Fernández.

Photo REUTERS/Agustin Marcarian

Le péroniste Alberto Fernández a été élu dès le premier tour du scrutin présidentiel ce 27 octobre avec quasiment 48% des voix, contre un peu plus de 40% pour son rival libéral, le président sortant Mauricio Macri. Il laisse derrière lui un bilan catastrophique. Conséquence : dès l’annonce des résultats partiels hier soir, Alberto Fernández a promis de sortir le pays de la crise. Vaste projet tant l’avenir de l’Argentine paraît opaque. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la pauvreté ne cesse d’augmenter, elle touche un Argentin sur trois, un enfant sur deux. La dette du pays est massive, le taux de chômage est à son plus haut niveau depuis 2006, l’inflation explose, 37.7% au mois de septembre 2019.

Comment la troisième économie d’Amérique latine en est-elle arrivée là ? Le retour des péronistes au pouvoir va-t-il permettre de sortir le pays du marasme ? Quelles peuvent être les conséquences pour la région actuellement secouée par plusieurs contestations ?

Avec :
– Christophe Ventura,
directeur de recherche à l’IRIS – Institut de relations internationales et stratégiques et enseignant à l’Institut Catholique de Paris
– Denis Merklen, professeur de sociologie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre de l’IHEAL- Institut des Hautes Études de l’Amérique latine.

Écouter l’émission de RFI ici

Mieux comprendre les enjeux liés au retour en force du péronisme ici

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