🇺🇸 🇻🇪 Attaque des États-Unis contre le Venezuela et enlèvement de Nicolás Maduro : quelques analyses (RFI / Blast infos / France Culture / France 24 / Médiapart)
Après des mois de pression sur Nicolás Maduro, Donald Trump a mis ses menaces à exécution. Dans la nuit de vendredi 2 à samedi 3 janvier, les Forces armées étasuniennes ont effectué des frappes aériennes sur Caracas et enlevé le président vénézuélien Nicolás Maduro pour le conduire aux États-Unis où il sera jugé pour « complot de narco-terrorisme ». Donald Trump a affirmé que les États-Unis dirigeraient le pays jusqu’à ce qu’une transition politique « sûre » puisse avoir lieu. Il a également menacé la Colombie, Cuba et le Groënland. Quelques analyses.

Les États-Unis attaquent le Venezuela et capturent Nicolás Maduro (Géopolitique / Marie-France Chatin – RFI)
Le Président du Venezuela, Nicolás Maduro, a été capturé par les forces américaines de Donald Trump. Cela s’est passé dans la nuit de vendredi 2 à samedi 3 janvier, sur fond de bombardements de Caracas et des provinces environnantes. Nicolás Maduro a été exfiltré et se trouve désormais avec son épouse aux États Unis, dans un centre de détention de Brooklyn près de Manhattan, dans l’attente de sa comparution devant un juge pour « narcoterrorisme » et exportation de cocaïne aux États-Unis.

Beaucoup de questions autour de cette intervention, sa légalité, son ou ses objectifs réels. Et surtout qu’est-ce qui attend le Venezuela ? Est-ce qu’il faut craindre une escalade militaire ? et quels risques pour la stabilité régionale ?
- Thomas Posado, maitre de conférences en civilisation latino-américaine contemporaine à l’Université de Rouen. Vénézuéla : de la Révolution à l’effondrement aux Presses Universitaires du Midi.
- Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris, l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques, journaliste au Monde Diplomatique. Mr Trump pirate des Caraibes, Monde diplomatique, janvier 2026.
- Olivier Compagnon, professeur d’histoire contemporaine à l’Institut des Hautes Etudes d’Amérique Latine – Université Sorbonne Nouvelle. Directeur adjoint du CREDA, le Centre de Recherche et de Documentation des Amériques.
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Venezuela : pourquoi l’impérialisme américain se déchaîne à nouveau (entretien avec Franck Gaudichaud par Maxime Cochelin / Blast infos)
Les menaces de Donald Trump ont bien été mises à exécution : le samedi 3 janvier, les États-Unis ont attaqué le Venezuela en bombardant Caracas et en capturant le président Nicolas Maduro ainsi que sa compagne Cilia Flores. Une opération qui signe le retour de l’impérialisme américain dans sa forme brutale et guerrière, motivée en sous-main par la manne pétrolière vénézuélienne. Analyses et éclaircissements avec notre invité, le professeur Franck Gaudichaud.
Venezuela : Trump a-t-il fait un coup d’État ? (Guillaume Erner / France Culture)
Dans la nuit de vendredi 2 à samedi 3 janvier, les forces spéciales américaines ont capturé le président vénézuélien Maduro à Caracas et l’ont exfiltré vers New York où il a été incarcéré dans une prison fédérale. Donald Trump annonce que Washington va « diriger » le Venezuela et s’emparer de son pétrole.

- Olivier Compagnon, historien, professeur à l’Université Sorbonne-Nouvelle, à l’Institut des Hautes Etudes d’Amérique Latine, membre de l’Institut Universitaire de France
- Florian Louis, historien français
- Maud Quessard, directrice de recherche Europe/Espace transatlantique/Russie à l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM)
Dès dimanche, la vice-présidente Rodriguez le défie publiquement, des milliers de manifestants défilent en Europe contre « l’agression impérialiste », et Zelensky ironise : si on peut enlever Maduro, pourquoi pas Poutine ? Au-delà du spectaculaire coup de force militaire, cette opération sans précédent depuis la fin de la guerre froide soulève des questions majeures : Trump a-t-il fait un coup d’État ? L’Amérique latine redevient-elle la « chasse gardée » des États-Unis ? Comment l’Occident peut-il condamner la Russie en Ukraine tout en fermant les yeux sur le Venezuela ? Ce matin, nous décryptons une opération qui pourrait redéfinir l’ordre mondial.
Une opération spectaculaire et un choc historique
Olivier Compagnon insiste sur le caractère inattendu et régressif de l’opération : « ça a été une véritable surprise qui nous renvoie à cinquante ans ou soixante ans en arrière, c’est-à-dire à des moments de la guerre froide, des interventions militaires directes : le Guatemala en 1954, la République dominicaine en 1965, Grenade en 1983, Panamá en 1989. »
Pour Florian Louis, des différences importantes avec les opérations précédentes sont à relever : « On est en Amérique du Sud et pas en Amérique centrale ou dans la Caraïbe, et surtout, on est dans un très grand pays. On parlait plutôt, avec la Grenade ou le Honduras, de petits pays qui n’avaient évidemment pas de moyens militaires, logistiques, etc. Ici, ce n’est pas du tout la même configuration, il y a un air de déjà-vu, incontestable, mais il faut aussi se rendre compte de l’exploit sans précédent que ça représente, en termes logistiques. »
Justifications américaines et fragilités juridiques
Maud Quessard montre que l’opération s’inscrit dans une construction narrative, celle de la « guerre contre le terrorisme », héritée de la première administration Trump : « l’opération n’est que la continuité ou l’achèvement et la réussite de ce qui avait été pensé dès la première administration Trump. Ce qui change aussi dans cette opération, c’est la préparation par la terminologie, puisque le 20 janvier l’administration Trump avait signé ce décret qui permettait de désigner le régime vénézuélien comme étant rattaché à une organisation criminelle, à un cartel de drogue, et donc comme une organisation terroriste étrangère. » (…)
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Trump : la loi du plus fort ? (Pauline Paccard / France 24)
Pour ce premier rendez-vous de l’année, cap sur le Venezuela qui a fait une entrée fracassante malgré lui en 2026, contraint et forcé par l’appétit de Donald Trump que rien ne semble arrêter. Alors que le président américain a répété les menaces d’intervention à l’égard de la Colombie, de Cuba ou même du Groenland, arrêtons-nous sur l’acte 1 qui a sidéré le monde entier samedi. Donald Trump, la loi du plus fort ?
Parlons-en avec Margot Loizillon, rédactrice en chef à France 24 et ancienne rédactrice en chef France 24 Espagnol à Bogotá, Olivier Compagnon, historien, professeur à l’Université Sorbonne Nouvelle (Institut des Hautes Études de l’Amérique latine) et membre de l’Institut universitaire de France, Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine pour la Fondation Jean Jaurès, et Maud Quessard, maîtresse de conférences en Civilisation Nord Américaine, est directrice du domaine Euratlantique à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM).
Venezuela, Groenland : « Trump est dans une pure logique de prédation » (À l’air libre / Médiapart)
Nicolás Maduro kidnappé, Trump prétend « diriger » le Venezuela. Il ne parle que de « pétrole » et certainement pas de démocratie. Une vision impériale pure et simple, où l’Amérique latine mais aussi l’Europe apparaissent comme des vassaux. Notre émission avec Maya Kandel, Yoletty Bracho, Thomas Posado et Fabien Escalona.
En quelques jours, Donald Trump a fait kidnapper le président vénézuélien Nicolás Maduro à Caracas, l’a emprisonné aux États-Unis, avant de désigner ses prochaines cibles en Amérique latine et en Europe : Colombie, Mexique, Groenland. En un week-end, l’histoire s’est accélérée : au mépris de toutes les règles du droit international, l’administration Trump s’est offert un « shoot » impérial à la résonance mondiale. Une ivresse de puissance qui est surtout l’affirmation, ou la réaffirmation, sans fard ni gêne, des intérêts bruts de la première puissance mondiale. (…)
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Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix avec :
- Yoletty Bracho, chercheuse franco-vénézuélienne, maîtresse de conférences en science politique à l’université d’Avignon, coautrice d’Alternances critiques et dominations ordinaires en Amérique latine (Presses universitaires de Rennes, 2024), coordinatrice d’un dossier sur les violences d’État au Venezuela dans Cahiers des Amériques latines ;
- Maya Kandel, historienne, chercheuse indépendante, associée à l’université Paris III-Sorbonne-Nouvelle, spécialiste de la politique étrangère et de la droite américaine, autrice d’Une première histoire du trumpisme (Gallimard, 2025), chroniqueuse pour Mediapart ;
- Thomas Posado, maître de conférences en civilisation latino-américaine à l’université de Rouen, chercheur à l’Eriac (Équipe de recherche interdisciplinaire sur les aires culturelles), auteur de plusieurs livres sur l’Amérique latine. Parmi ceux-ci : Venezuela : de la révolution à l’effondrement (Presses universitaires du Midi, 2023) ;
- Fabien Escalona, journaliste responsable du pôle international de Mediapart.