Bilan de la réunion publique du 2 juillet 2014 à Paris
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carte_postale_recto-2Solidarité avec Màxima Acuña de Chaupe ! Conga no va !
Dans la salle des expositions de la Mairie du 2è arrondissement de Paris, s’est déroulée la réunion pour le suivi de la campagne de solidarité « Justice pour Màxima Acuña de Chaupe et sa famille »,engagement pris lors de notre rencontre avec Màxima et sa fille Ysidora en mai dernier à Paris.

Fabien Cohen, Gerald Lebrun et Jean Puyade ont donné en introduction les éléments du contexte national et régional dans lequel se déroule le procès intenté à la famille Chaupe par l’entreprise minière Yanacocha pour s’emparer de leurs terres afin d’ imposer son méga projet de mine à ciel ouvert, Conga.

En effet le déroulement des premières audiences fait craindre que les conditions d’impartialité judiciaire que de nombreuses personnalités, organisations et citoyens exigent, suite aux irrégularités et injustices commises lors du premier procès contre la famille Chaupe ( premier procès annulé justement pour ces raisons ) sont loin d’ être réunies.

Le Contexte national et régional est extrêmement inquiétant et pèse lourdement. Quatre faits attirent particulièrement l’ attention :

Le gouvernement péruvien vient de présenter des mesures économiques « pour la promotion et la dynamisation des investissements dans le pays », dont l’ un des principaux objectifs est de réduire le plus possible les garanties environnementales exigées jusqu’ici pour l’ ouverture des projets d’extraction minière et pétrolière. Elles incluent la marginalisation du Ministère de l’ Environnement, chargé justement de veiller au respect de ces garanties de protection de l’environnement, de l’eau, et des populations. En fait c’est le droit à polluer sans pénalisation que le gouvernement veut faire miroiter aux investisseurs qui le réclament depuis de longs mois. Les dangers environnementaux et humains sont tels que même la Coordination de l’ONU à Lima se voit obligée de mettre en garde le gouvernement péruvien devant le désastre qui se prépare.
Coïncidant avec l’annonce de ces mesures, le même gouvernement vient de désigner à l’occasion du récent remaniement ministériel, un nouveau Ministre de l’ Intérieur, le Général à la retraite, Daniel Urresti, dénoncé par la Commission Nationale des Droits de l’ Homme du Pérou pour la répression et l’ autoritarisme exercés lors de son mandat de Haut Commissaire pour les problèmes de formalisation minièredans la région de Madre de Dios, face aux inquiétudes de la population de cette région du Sud de l’ Amazone péruvienne confrontée à un projet d’exploitation pétrolière. De plus le Général Urresti est encore sous le coup de poursuites comme responsable de l’exécution extrajudidiaire du journaliste Hugo Bustios en 1988. Or ce Général Urresti, Ministre de l’Intérieur, dispose maintenant de la Loi 30151, adoptée en Janvier 2014, qui établit l’impunité des forces armées et policières « dans l’accomplissement de leur devoir et l’ utilisation de leurs armes et autre moyen de défense qui cause lésions ou mort ». La décision du Tribunal de Chiclayo d’ archiver les poursuites contre ces forces répressives gouvernementales, responsables en juillet 2012 de l’assassinat de 5 citoyens lors des manifestations contre le projet Conga, dans la région de Cajamarca (Celendin et Bambamarca), donne un contenu concret à la loi 30151 mieux connue comme « Licence pour tuer »
La décision de prison préventive pour 14 mois du Président élu de la Région de Cajamarca, Gregorio Santos, lors de sa comparution dans un procès concernant « des faits de corruption », sous prétexte qu’il y aurait de sa part « danger de fuite », se réalise alors que ce dernier, opposant au projet Conga, est à nouveau candidat aux élections régionales du 5 octobre prochain. Au-delà des accusations et du processus judiciaire face auquel Gregorio Santos ne se dérobe pas, il y a une évidente volonté d’éliminer de la course électorale un candidat connu pour son engagement contre le projet Conga. Nous condamnons cette mesure et toute mise à l’ écart de Gregorio Santos qui doit pouvoir participer en égalité de conditions aux prochaines élections pour la Présidence régionale. Enfin nous renouvelons tout notre appui au mouvement social contre le projet Conga qui poursuit sa lutte malgré menaces et criminalisation. C’est ce que porteront les membres du Comité de Solidarité avec Cajamarca, lors du Rassemblement contre cette injuste décision, appelé par le Collectif de péruviens en France pour le 5 juillet à 16h, Place du Trocadéro, et annoncé lors de la réunion du 2 juillet.
Rappelons enfin que les mesures de protection demandées au gouvernement péruvien par la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme en faveur de la famille Chaupe et 46 paysans et acteurs sociaux menacés pour leur opposition au projet Conga, ne sont pas encore mises en place et que nous continuons à faire notre cette exigence. Lors du débat, après un riche échange sur la défense des populations et communautés indiennes menacées par ces politiques extractivistes, il a été rappelé que le gouvernement péruvien est l’organisateur cette année de la Conférence Internationale sur le Climat, (COP20) et que le gouvernement français en est l’organisateur de celle de l’an prochain (COP21) .

Le président du Pérou, O. Humala vient de s’entretenir, ce 1er juillet 2014 à Paris avec le Président F.Hollande. Avec quelle légitimité peut-on organiser un évènement qui prétend défendre le climat et l’ environnement, alors que le droit de polluer sans véritable pénalisation vient d’être adopté au Pérou, à la demande du gouvernement ! Est il possible que ces Conférences pour la défense du Climat et de l’ Environnement se déroulent sans que ne soient levées toutes les lourdes menaces contre les Droits de l’ Homme qui pèsent sur celles et ceux qui les défendent concrètement et quotidiennement ?

Un certain nombre des participants à la réunion du 2 juillet seront présents avec d’autres cet été au Pérou. Ils porteront ces questionnements et cette exigence. Ils concrétiseront ainsi notre réponse à la campagne médiatique du groupe El Comercio de discrédit de la solidarité internationale avec Cajamarca, réponse publique que ce Groupe de presse a refusé de publier et dont nous exigeons la publication au nom du respect démocratique du Droit de réponse.

La discussion a alors porté sur les initiatives populaires qui peuvent être prises pour que la lutte contre le projet Conga et son abandon devienne un enjeu incontournable et sur la contribution que nous pouvons y apporter.

Un dangereux étau est en train de se resserrer contre ceux qui s’opposent au projet Conga, contre un mouvement social et ses acteurs qui refusent de plier et d’accepter de sacrifier leur eau, leur environnement, leur vie, au profit des appétits des multinationales minières.

C’est dans ce cadre et ce contexte lourd de menaces que se déroule le procès de Màxima Acuña de Chaupe et sa famille.
C’est pour cela que la réunion appelle toutes celles et tous ceux qui se sont engagés dans la campagne « Justice pour Màxima ! Conga nova ! » à rester vigilants, prêts à répondre aux demandes qui nous parviendront.

Envoyons au Ministre de la Justice la carte postale éditée par le MRAP : « Justice pour Màxima »Signons et faisons signer la PETITION POUR LA FAMILLE CHAUPE SUR AVAAZ.ORG.

Un appel à souscription a été lancé,- pour continuer à assurer les tâches solidaires avec Màxima et – la lutte de Cajamarca, -pour publier la réponse au groupe de presse péruvien El Comercio [1] que ce dernier a refusé de publier.

Paris, le 3 juillet 2014

Pour la souscription : vous pouvez nous aider en versant un chèque de 5 euros, 10 euros , 20 ou 50 euros…

Faire un chèque à l’ordre de FAL, et l’ envoyer à Nicole Teke, France Amérique Latine, 37 Boulevard Saint Jacques 75014 Paris, en précisant au dos qu’il est destiné à Cajamarca et pour qu’il soit mis de côté.
A partir du site de France Amérique Latine : https://www.franceameriquelatine.org/ Un onglet “Faire un don” en haut à droite, permet d’effectuer une souscription en ligne. Il faut néanmoins prévenir FAL (par mail : falnationale@franceameriquelatine.frou par téléphone : 01 45 88 22 74 que ce don est destiné à Cajamarca.

Pour nous écrire : comitesolidaritecajamarca@gmail.com

Pour s’informer : http://solidaritecajamarca.blogspot.fr/

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