Bolivie: Evo Morales, dix ans au pouvoir, un record dans le pays
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En Bolivie, Evo Morales fête ses dix ans au pouvoir. Le 22 janvier 2006, cet ancien syndicaliste paysan devenait en effet le premier président indigène de l’histoire du pays. Dix ans plus tard, il conserve une forte popularité et son objectif affiché est même de rester au pouvoir jusqu’en 2025. Un dixième anniversaire, synonyme de record de longévité présidentielle en Bolivie, qui a donc été fêté en grande pompe et qui avait aussi des allures de campagne électorale.

Le président bolivien Evo Morales devant le Parlement lors de son discours sur ses dix années de pouvoir. REUTERS/Bolivian Presidency/Handout via Reuters
Le président bolivien Evo Morales devant le Parlement lors de son discours sur ses dix années de pouvoir. REUTERS / Bolivian Presidency / Handout via Reuters

Avec la correspondante RFI à La Paz,Reza Nourmamode

La journée d’anniversaire a débuté avec des danses et des rituels indigènes face au palais présidentiel. Le président bolivien a ensuite prononcé un discours-fleuve devant le Parlement, pas moins de cinq heures et demie pour un bilan extrêmement détaillé de ses dix années au pouvoir. L’objectif est de montrer que Morales est un président au travail et concerné par les problèmes de chaque Bolivien.

Un président qui a aussi réaffirmé haut et fort son idéologie. « Notre travail depuis dix ans a permis de donner dignité et souveraineté à la Bolivie, a-t-il déclaré. Que disaient-ils avant ? Que le paysan ne servait que pour voter. Aujourd’hui nous avons démontré, avec le mouvement paysan et indigène, que nous savions gouverner. Ils disaient aussi que les communistes, les gens de gauche, les anti-impérialistes et les anti-capitalistes ne savaient pas comment administrer un Etat. Nous, en tant que gens de gauche et anti-impérialistes, nous avons démontré que nous savions gérer un Etat, et même mieux que les pro-capitalistes et les pro-impérialistes. C’est ça, le modèle bolivien. »

Dans un mois, les Boliviens devront accepter ou rejeter par referendum une modification de la Constitution afin de permettre au président de postuler à nouveau en 2019 pour un quatrième mandat à la tête du pays. L’opposition accuse le président de vouloir s’éterniser au pouvoir et dénonce une atteinte à la démocratie. Alors que le parti au pouvoir est empêtré dans des affaires de corruption, les derniers sondages donnent un résultat très serré pour le 21 février prochain, avec notamment environ 20% d’indécis.

Source :

RFI, 23 janvier 2016

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