Le Brésil durcit sa réglementation sur l’avortement en cas de viol (Le Monde avec AFP)
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Le personnel médical sera obligé de proposer à la femme de voir l’embryon ou le fœtus par échographie avant l’opération. Celle-ci devra aussi « raconter en détail » ce qui s’est passé et risquera des poursuites si elle ne peut pas prouver ses dires.

Le président brésilien, Jair Bolsonaro, brandit une représentation de Jésus-Christ lors d’un rassemblement d’anti-IVG devant le Planalto, le 18 avril à Brasilia. SERGIO LIMA / AFP

Alors que les cas de violences sexuelles, notamment sur des enfants, sont une tragédie quotidienne au Brésil, le pays a encore posé de nouvelles exigences pour l’accès à l’avortement des victimes de viol, vendredi 28 août, avec notamment l’obligation pour le personnel médical de proposer à la femme de voir l’embryon ou le fœtus par échographie.

La femme désirant avorter devra également « raconter en détail » ce qui s’est passé, et sera avertie qu’elle risque des poursuites judiciaires si elle ne peut pas prouver ses dires. Enfin, le viol sera obligatoirement signalé à la police avec dépôt de plainte, que la femme le veuille ou non.

Le Brésil, dirigé par le président d’extrême droite Jair Bolsonaro, et où les églises catholiques et évangéliques conservatrices sont particulièrement puissantes, n’autorise l’avortement qu’en cas de viol, danger pour la vie de la femme ou problèmes congénitaux graves du fœtus. Mais même ces exceptions sont mal acceptées par la droite religieuse.

Ces nouvelles normes ont été émises par le ministère de la santé à la suite de protestations début août autour du cas d’une fillette de 10 ans affirmant avoir été violée par son oncle, et à qui les autorités de son Etat natal, l’Espirito Santo, ont refusé l’avortement.

Les nouvelles restrictions ont immédiatement été dénoncées par les partisans du droit à l’avortement. « Je viens de présenter un projet de loi pour bloquer ce décret, qui est un obstacle pour l’avortement légal et représente une violence psychologique contre les femmes », a notamment twitté la députée de gauche Jandira Feghali.

Seize députés ont également écrit à la responsable des droits humains à l’ONU, Michelle Bachelet, lui demandant d’intervenir au nom de la protection des droits de la femme.

Six enfants entre 10 et 13 ans avortent chaque jour

Un cas qui n’est qu’un exemple de tragédies quotidiennes au Brésil. En moyenne, six enfants entre 10 et 13 ans avortent chaque jour dans le pays et quatre fillettes (entre 10 et 13 ans) sont violées chaque heure, selon les données de l’Annuaire brésilien de sécurité publique de 2019. Des chiffres qui plus est sûrement sous-estimés. (…) 

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