Brésil : solidarité internationaliste face à Bolsonaro et ses sbires ! (Franck Gaudichaud/FALMAG 139)
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Alors que le prochain numéro de notre magazine FalMag dédié aux élections en Amérique Latine part à l’impression cette semaine, nous vous dévoilons en avant-première l’édito de Franck Gaudichaud, président de France Amérique Latine.

Des manifestants contre Jair Bolsonaro, à Rio de Janeiro le 20 octobre. FERNANDO SOUZA / AFP

Depuis le premier janvier, le Brésil a officiellement comme président de la République Jair Bolsonaro, un chef d’État ouvertement raciste, réactionnaire, militariste et revendiquant un programme économique violemment néolibéral. L’arrivée au pouvoir de ce nouvel allié de Trump en Amérique latine, à la tête de l’un des principaux  pays de la région, de par son poids économique, géopolitique et démographique, est de très mauvais augure pour commencer cette année 2019.

La composition du gouvernement n’a fait que confirmer le danger extrême que constitue le nouvel exécutif pour les droits fondamentaux et démocratiques des peuples brésiliens, mais aussi pour toute l’Amérique latine, tant ce qui se passe au Brésil a des effets déséquilibrants au plan global et multilatéral. Ainsi que le résumait le journal en ligne Bastamag, « des généraux s’occuperont des ministères de la Défense et de l’Intérieur, un ultra-libéral, issu des « Chicago boys », siègera à l’Économie, une pro-pesticide, liée aux intérêts de l’agro-business, héritera de l’agriculture, un climato-sceptique pro-Trump dirigera la diplomatie… ». Au plan de la politique internationale, les annonces de sortie du Brésil de l’accord de Paris sur le climat et le transfert de son ambassade à Jérusalem donnent le ton. Au plan interne, les premières réformes devraient consacrer une baisse du salaire minimum, la fin du système universel de santé ou encore la remise en cause du droit au territoire des peuples autochtones…

L’heure est donc à l’organisation et à la mobilisation de nos solidarités. Elle est aussi à l’unité. Dans une tribune récente, plusieurs organisations sociales, syndicales, ONG, et associations de solidarité internationale hexagonales, dont France Amérique Latine, soulignaient que « les défenseur.e.s des droits humains, les militant.e.s et activistes ainsi que les minorités discriminées (populations noires, autochtones, femmes et LGBTQ) sont particulièrement ciblé.e.s par les politiques de Jair Bolsonaro. Tout au long de sa campagne électorale, il n’a cessé de qualifier les mouvements sociaux et les ONG d’organisations terroristes, laissant pour seule alternative à leurs membres de choisir entre la prison et l’exil et annonçant qu’il assumera d’« en tuer 100 000 s’il le faut » ». Rappelons que, depuis l’élection, un campement du Mouvement des Sans Toit à Curitiba a été victime d’un incendie meurtrier et deux membres du Mouvement des Travailleurs sans Terre (MST) ont été assassinés le 8 décembre dernier dans le nord-est du pays, ceci alors que se multiplient les violences racistes, homophobes et contre les militant.e.s de gauche dans tout le pays. Les mêmes organisations signataires de la tribune ajoutaient : « Nous appelons également les institutions françaises et européennes à la plus grande vigilance et à ne pas laisser leurs intérêts économiques ou géopolitiques particuliers prendre le pas sur le respect des droits humains et environnementaux. Les relations entre États ne peuvent se construire aux dépens des droits, des libertés et la démocratie ».

Pour France-Amérique Latine, la priorité est au soutien des mouvements populaires et émancipateurs du Brésil, dont le Front Brésil Populaire, qui regroupe plus de 120 mouvements, et le Front Peuple Sans Peur. Il s’agit également de continuer d’exiger la libération de l’ex-président Lula, accusé à ce jour sans preuves. Nous souhaitons également réaffirmer notre solidarité avec les luttes syndicales qui vont devoir affronter un programme économique de destruction sociale, avec le Mouvement des Travailleurs Sans Terre et avec les Sans Toit, avec les femmes et le mouvement féministe, avec les résistances afro et indigènes, avec les minorités sexuelles. En bref,  avec toutes celles et tous ceux qui entendent résister à Bolsonaro et son monde rétrograde, violent et inégalitaire, au service du néo-libéralisme le plus débridé. Il s’agit d’une urgence absolue. Et nous appelons toutes les bonnes volontés à nous rejoindre dans cette tâche unitaire.

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