Le Brésil est toujours en flammes, mais la police harcèle les écolos (Adriana Carvalho / Reporterre)
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Arrêtés pour motifs fallacieux, emprisonnés, privés de leurs passeports et même tondus… En Amazonie brésilienne, membres d’ONG ou pompiers bénévoles sont harcelés par la police. Les feux, eux, brûlent toujours.

Le 26 novembre à 7 h du matin, l’historien et chercheur Paulo Lima est arrivé au siège de l’ONG Saúde e Alegria (Santé et Joie) dont il est un des coordinateurs. Mais ce ne fut pas un jour comme les autres pour lui et ses collègues de l’organisation qui se consacre à la santé, à l’éducation et à la culture depuis trente ans dans la ville amazonienne de Santarém, au nord du Brésil.

Dès que M. Lima est entré dans le bureau, il est tombé sur une scène qui pourrait figurer dans un roman de Kafka. Tel que le personnage Josef K, dans Le Procès, qui se réveille un matin et constate qu’il est accusé d’un crime non précisé, M. Lima s’est retrouvé sous les ordres d’une dizaine d’officiers de police armés de mitraillettes. Ils ont confisqué des documents et des ordinateurs affirmant que l’ONG était l’objet d’une enquête, sans donner beaucoup plus d’explications.

« Nous avons été traités comme des criminels. Les officiers nous ont empêchés de nous déplacer dans notre bureau, ils ont pris nos affaires et ils ont presque arrêté l’un de nos employés qui essayait de comprendre ce qui se passait », dit M. Lima à Reporterre.

Des pompiers bénévoles ont été accusés d’avoir provoqué les incendies qu’ils combattent

Le même matin, quatre pompiers volontaires de la Brigada de Alter do Chão, eux-aussi à Santarém, ont été arrêtés et accusés d’avoir commis le crime qu’eux-mêmes combattaient : les incendies dans la forêt amazonienne. Parmi eux, un employé de l’ONG Saúde e Alegria. Pourquoi auraient-ils provoqué ces incendies, selon la police ? Pour prendre des photos des scènes de lutte contre l’incendie et ainsi collecter des fonds auprès des ONG telles que l’organisation mondiale de protection de l’environnement WWF. Des courts extraits d’écoute téléphonique ont été présentés comme preuves (…)

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