🇨🇴 Colombie. Militarisation de la ville de Santa Marta, frappée par la violence (France 24 / Courrier international)
Le président colombien Abelardo de la Espriella a ordonné mardi 22 septembre l’envoi de troupes à Santa Marta (nord), ville caribéenne en proie à des attaques visant commerces et véhicules après une opération des forces de sécurité contre un groupe armé local.

Cette ville de près de 570 000 habitants vivait dans la peur mardi, après l’offensive ayant tué quelques heures auparavant treize membres – dont l’un des chefs – des Autodefensas Conquistadoras de la Sierra Nevada (ACSN), un groupe armé d’origine paramilitaire vivant du contrôle des routes du narcotrafic et de l’extorsion.
« Élimination »
Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux, montrant des hommes armés parcourant à moto les rues de la ville et tirant sur les commerces ouverts.
« Ces délinquants prétendent incendier une grande partie de la région Caraïbes, en commençant par Santa Marta, où ils ont menacé des commerçants, des habitants, des transporteurs », a déclaré dans une allocution vidéo le président de la Espriella. « J’ai ordonné (…) que Santa Marta soit militarisée », a-t-il annoncé, en prévenant: « Celui qui ne se soumettra pas sera éliminé ». […]
[…] Abelardo de la Espriella, ex-avocat millionnaire soutenu par l’administration Trump, est en fonction depuis août. Tenant d’une droite dure, il a promis d’écraser les groupes armés du pays impliqués dans le trafic de cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial. Depuis son arrivée au pouvoir, il a ordonné des frappes aériennes contre des camps de la guérilla dans plusieurs régions du pays, qui ont fait des dizaines de morts dont des mineurs, et a tenu des conférences de presse a côté des sacs mortuaires contenant les cadavres des guérilléros abbatus par l’armée. (…)(…) Lire la suite de l’article ici
En Colombie, un groupe armé paralyse Santa Marta, joyau touristique des Caraïbes (Courrier international)
Une ville à l’arrêt, des commerces fermés et des rues désertes : dans la capitale du Magdalena, les Autodefensas Conquistadoras de la Sierra Nevada imposent leur loi malgré le déploiement de 1 100 soldats et policiers. Une première épreuve de force pour le nouveau président colombien, Abelardo de la Espriella, qui y joue sa crédibilité.

Le mercredi 23 septembre 2026, Santa Marta, joyau touristique des Caraïbes colombiennes, a entamé une deuxième journée de confinement imposé par les Autodefensas Conquistadoras de la Sierra Nevada (ACSN), en représailles à une offensive gouvernementale qui a tué l’un de leurs chefs.
Près de 1 100 soldats et policiers ont été déployés dans la ville sur ordre du président d’ultradroite Abelardo de la Espriella. Mais la capitale du Magdalena reste paralysée par “la terreur et la peur des représailles”, écrit le journal local Hoy Diario Magdalena.
Le président a eu beau se mettre en scène patrouillant dans les rues, en véhicule blindé et arme à la ceinture, “les gens préfèrent rester chez eux plutôt que d’exposer leurs vies” après la publication sur les réseaux sociaux de vidéos montrant des hommes cagoulés tirant sur des commerces restés ouverts.
Cette crise constitue “le premier grand défi sécuritaire” qu’affronte Abelardo de la Espriella, investi le 7 août après avoir promis une guerre “sans pitié” contre les groupes armés encore actifs après l’accord de paix signé en 2016 avec la guérilla des Farc. Une défaite face à cette organisation, née des cendres de groupes paramilitaires d’extrême droite et composée de 800 à 1 000 hommes – alors que le pays compte près de 29 000 combattants illégaux –, “pourrait miner l’image de fermeté qu’il veut refléter”, avertit le média en ligne La Silla Vacía. C’est pourquoi “il assume la levée de la grève armée, décrétée comme un défi personnel où il joue sa crédibilité”.
Mais si les ACSN, aussi connues sous le nom de Pachencas, parviennent à imposer leur loi malgré les survols d’hélicoptères et d’avions militaires, et le déploiement de troupes au sol, c’est qu’ils disposent d’un pouvoir “qui va au-delà de celui des armes”, explique le journal El Tiempo. Le groupe exerce dans le département du Magdalena, dont Santa Marta est la capitale, une autorité de facto depuis près de trente ans, avec son propre système de justice et un vaste réseau d’extorsion et de microtrafic qui lui permet aujourd’hui de mener une action criminelle d’une ampleur “sans précédent”. (…)
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