Colombie : « Nous sommes des citoyens libres qui ont décidé d’agir de leur plein gré pour défendre les dirigeants sociaux » : Tamara Ospina pour PAZPORT*
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Un parcours de 400 kilomètres, trois pays et huit villes. Quel était le but ? Rendre visible l’assassinat ciblé des dirigeants sociaux en Colombie devant la Cour Pénale Internationale.

Jeudi 4 avril, sept jours après le début du parcours depuis Paris, les marcheurs sont finalement arrivés à leur destination : la Haye. Un parcours de 400 kilomètres, trois pays et huit villes. Quel était le but ? Rendre visible l’assassinat ciblé des dirigeants sociaux en Colombie devant la Cour Pénale Internationale.

Nous avons eu la possibilité de suivre leur parcours de très près et de profiter de la fin d’une belle étape quelques instants avant le rendez-vous avec la CPI. Nous avons parlé avec Tamara Ospina, représentante de la marche.

Pazport : Qui êtes-vous et comment a débuté cette initiative ?

Tamara : L’an dernier plusieurs collectifs ont manifesté une préoccupation par rapport à l’augmentation des assassinats des dirigeants sociaux en Colombie puis se sont inquiétés du refus de l’État colombien de reconnaitre la systématicité de ces crimes et d’initier des enquêtes judiciaires et de prévention.

Citoyennetés pour la Paix, France Amérique-Latine et le « Circulo del Trastierro » ont organisé la manifestation du 5 avril et ont proposé une marche pour avoir plus de visibilité. Le collectif« Diplomacia Ciudadana » aux Pays-Bas a réclamé un rendez-vous devant le Parquet. Dès réception de la réponse de la CPI en décembre, nous avons convoqué vingt-et-un collectifs de France, Belgique, Autriche, Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Etats-Unis, Canada, Suisse, Afrique du Sud…

Pazport : Pourquoi marcher jusqu’à la Haye ?

Tamara : Parce qu’ici se trouve la Cour Pénale Internationale, l’organisation judiciaire la plus importante, chargée des cas qui ne sont pas traités efficacement par les instances de justice nationales. C’est le cas de la Colombie où l’impunité règne. Ça a toujours été comme ça, mais actuellement la situation est plus inquiétante. Le Parquet, qui est chargé des enquêtes judiciaires, traverse une crise de légitimité du fait des scandales passés.

Pazport : Trois pays, huit villes … Comment a été organisé le parcours ?

Tamara : Passer par Bruxelles était stratégique, car là-bas nous avons des contacts avec des collectifs et des eurodéputés. C’est un endroit important de par sa richesse associative et la concentration des institutions européennes comme La Commission et le Parlement. Nous voulions toucher les portes de l’Union Européenne, du Conseil de Bruxelles et de la société civile. Les autres villes ont été choisies par rapport au trajet Paris – Bruxelles – La Haye.

Pazport : Quelle a été la réaction des gens sur les lieux de passage de la marche ?

Tamara : L’accueil de la part de la communauté a été surprenant et magnifique. A chaque endroit que nous avons visité, nous avons été accueillis, écoutés et on nous a exprimé une très grande solidarité par rapport à la situation en Colombie.

À Saint-Maximin et à Creil, les maires, les élus et les membres de la communauté nous ont accueillis officiellement, ils ont été très aimables. C’est un des signes de la solidarité et de la qualité humaine des personnes en France. À Saint-Quentin, une famille nous a hébergés et, à Charleroi, des associations partenaires ont pris le relais.

À Rotterdam où nous n’avions pas de contacts, deux personnes venant d’Espagne et d’Allemagne se sont unies à la marche.

Lire l’intégralité de l’entretien sur le site de PAZPORT.

  • PAZPORT : Première plateforme colombienne multilingue d’information et d’analyse sur le processus de transition pour la paix en Colombie. Twitter @pazportpress
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