Déclaration à la presse faite par le Conseil de Sécurité sur la Colombie
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Chaired by United States President Barack Obama, the Security Council Summit on nuclear non-proliferation and disarmament unanimously adopted resolution 1887 (2009), expressing the Council’s resolve to create the conditions for a world without nuclear weapons. Shown here is a wide view of the vote.

M. Christoph Heugsen, président du Conseil de Sécurité des Nations Unies, a fait une déclaration à la presse ce mardi 16 avril concernant l’engagement du conseil en faveur du processus de paix en Colombie :

“Les membres du Conseil ont constaté les progrès accomplis par le processus de paix au cours des trois dernières années, ont reconnu les défis particulièrement importants à relever pour surmonter l’héritage de cinquante années de conflit et ont souligné qu’il importait de faire fond sur les résultats obtenus jusqu’ici pour faire en sorte que ce processus demeure une réussite.  À cet égard, ils se sont félicités que les deux parties continuent d’affirmer leurs engagements au titre de l’accord conclu.

Les membres du conseil ont pris note du débat relatif à la juridiction spéciale pour la paix.  Ils se sont félicités de l’engagement pris par le Président Duque de parvenir à l’établissement d’un consensus national autour du système de justice transitionnelle, et ont prié instamment toutes les entités concernées de prendre rapidement des mesures pour que des lois soient mises en place dès que possible conformément à l’Accord de paix, afin de garantir une base juridique au système de justice transitionnelle étant donné qu’il a pour objet de rendre justice aux victimes.  Les membres du Conseil ont renouvelé leur appel au plein respect de l’indépendance et de l’autonomie du système de justice transitionnelle.

Les membres du Conseil ont souligné l’importance d’une transition sans heurt dans les secteurs territoriaux de formation et de réintégration à l’expiration de leur statut juridique actuel en août.  À cet égard, ils ont salué les visites effectuées par le Président Duque dans ces secteurs où il a donné des garanties sur l’engagement du Gouvernement à l’égard de la réintégration des ex-combattants.  Ils ont souligné la nécessité de veiller à ce que les plans concernés soient élaborés et mis en œuvre en étroite consultation avec la FARC.

Les membres du Conseil de sécurité ont réitéré leur préoccupation face au rythme actuel du processus de réintégration et au meurtre d’anciens membres des FARC-EP.  Ils ont engagé les parties à redoubler d’efforts pour assurer la pleine réintégration socioéconomique, politique et juridique des anciens membres des FARC-EP, notamment par la poursuite des travaux du Conseil national de réintégration et des efforts visant à garantir l’accès à la terre et aux marchés, ainsi qu’à renforcer les garanties de sécurité par des mesures de prévention et de protection, notamment pour assurer leur participation et celle de toutes les parties aux élections locales en 2019.  Les membres du Conseil ont souligné l’importance de la mise en œuvre de l’Accord en tant qu’ensemble d’engagements interdépendants, qui comprennent des plans de réintégration et une réforme rurale. 

Les membres du Conseil ont réitéré la grave préoccupation que leur inspirent les meurtres commis systématiquement parmi les responsables locaux et les figures de la société civile.  Ils ont souligné qu’il importait d’agir rapidement sur le terrain, y compris, à cet égard, dans le cadre du « plan d’action pour la protection des figures de la société civile et des responsables locaux, des défenseurs des droits de la personne et des journalistes ».  Ils ont souligné qu’il importait d’agir vite pour prévenir les attaques et en traduire en justice les responsables.  Ils se sont félicités de la tenue des récentes réunions régionales de la Commission nationale des garanties de sécurité, et ont instamment demandé qu’elles aboutissent à des mesures concrètes permettant d’accroître la sécurité des communautés et des personnes en danger, en partenariat avec la société civile.  Ils ont souligné l’importance d’un élargissement effectif de la présence de l’État dans les zones touchées par le conflit, associant les institutions civiles et les institutions chargées de la sécurité.  À cet égard, ils se sont félicités de l’élaboration finale des 16 programmes de développement axés sur les territoires.

Les membres du Conseil ont souligné l’importance de l’application des dispositions relatives au genre prévues dans l’Accord de paix, notamment grâce à des mesures tenant compte des questions de genre dans le cadre de la réintégration des anciens membres des FARC-EP et à des garanties de sécurité données aux femmes dirigeantes.  Ils ont également souligné qu’il importait d’associer les jeunes au dialogue consacré à l’application de l’Accord de paix, y compris le processus de réintégration.

Les membres du Conseil ont reconnu l’importance de la participation de la société civile à la consolidation de la paix dans les sociétés qui sortent d’un conflit.  Ils se sont félicités de l’exposé présenté par Rosa Emilia Salamanca, représentante de la société civile, qui a mis en avant les inquiétudes, les espoirs et les attentes de la société civile colombienne.

Les membres du Conseil ont réaffirmé leur détermination à coopérer étroitement avec la Colombie pour progresser dans l’application de l’Accord de paix afin de parvenir à une paix durable.  Ils ont apprécié les mesures complémentaires prises par la Mission de vérification des Nations Unies et par l’équipe de pays pour soutenir les efforts de consolidation de la paix déployés par la Colombie.  Ils ont également souligné qu’il importait que la communauté internationale demeure étroitement associée à l’application de l’Accord de paix pour le soutenir et le promouvoir.”

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