🇨🇴 Colombie : victoire de l’extrême droite à l’élection présidentielle (revue de presse)


Le candidat de gauche à la présidence en Colombie, Iván Cepeda, a reconnu mercredi 24 juin la victoire de son rival d’ultradroite, Abelardo de la Espriella, trois jours après le second tour le plus serré de l’histoire du pays. « J’ai décidé d’accepter le résultat qui découle de ce processus et qui dit qu’Abelardo de la Espriella est le nouveau président de la République », a déclaré Iván Cepeda lors d’une conférence de presse. Selon le décompte préliminaire rendu public dimanche 21 juion, jour des élections, le candidat du Pacto Histórico a perdu avec moins d’un point de pourcentage d’écart (48,7 % contre 49,66%)


Colombie : le millionnaire d’extrême droite Abelardo de la Espriella prend le pouvoir avec la promesse d’« étriper la gauche » (Vadim Kamenka / L’Humanité)

À 47 ans, le multimillionnaire Abelardo de la Espriella se dirige vers une victoire à la présidentielle qui s’est tenue dimanche 27 juin . Viriliste, ultralibéral, proche de Trump, cet avocat entend revenir sur les acquis de la gauche et relancer un rapprochement avec les États-Unis.

Cet admirateur de Donald Trump entend s’inspirer des présidents argentin Javier Milei et salvadorien Nayib Bukele. © Juan Barreto / AFP

Après l’Argentine et le Chili, la Colombie bascule à l’extrême droite avec un nouveau président, Abelardo de la Espriella. Cet avocat pénaliste, multimillionnaire, homme d’affaires de 47 ans sans aucune expérience politique, semble se diriger vers une victoire après le scrutin de dimanche. Vêtu du maillot jaune de l’équipe nationale de football et d’un chapeau de paille durant toute la campagne présidentielle, ce fervent religieux et ultralibéral a promis d’ « étriper la gauche » et de faire « voler en éclats l’accord de paix » signé dix auparavant entre les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et le gouvernement.

Dans la ville de Barranquilla, sur la côte Pacifique, Abelardo de la Espriella s’est exprimé, dimanche, devant quelques milliers de partisans, en promettant : « Je serai le président de tous les Colombiens. » Cet admirateur de Donald Trump entend s’inspirer des présidents argentin Javier Milei et salvadorien Nayib Bukele. « Aux trafiquants de drogue, aux terroristes, aux ravisseurs, aux extorsionnistes, aux corrompus qui volent les ressources du peuple, je notifie ce soir que la Colombie a à nouveau un gouvernement », a déclaré Abelardo de la Espriella à Barranquilla, où il se tenait derrière un écran de sécurité.

Les résultats illustrent une véritable polarisation de la société. L’écart est extrêmement faible, la participation a atteint un record historique : plus de 64 % des électeurs se sont rendus aux urnes. « De notre côté, un projet en faveur de la vie, de la liberté et de la souveraineté, avec le renforcement de réformes sociales progressistes. En face, un projet de mort, de retour du néolibéralisme, d’hégémonie conservatrice liée à l’extrême droite mondiale et à l’autoritarisme », expliquait à l’Humanité le député Gabriel Becerra Yañez, membre du comité politique de la campagne d’Ivan Cepeda. Les nombreuses protestations qui ont éclaté à Cali ou à Bogotá contre l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir attestent d’une vraie division au sein du pays.

Le candidat de gauche a fait savoir qu’il attendait donc le recomptage officiel des voix, qui pourrait prendre plusieurs jours, pour reconnaître la victoire d’Abelardo de la Espriella. Selon lui, des irrégularités auraient été constatées dans quelque 33 000 bureaux de vote. « Une fois que les vérifications nécessaires auront été effectuées, nous reconnaîtrons le résultat officiel », a assuré Iván Cepeda. (…)

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Avec De la Espriella, les « droites dures » en Amérique latine enregistrent une nouvelle victoire (Barbara GABEL / France 24)

Au terme d’un scrutin serré, l’avocat et millionnaire d’ultradroite Abelardo de la Espriella a remporté la présidentielle colombienne face à son rival de gauche, Iván Cepeda, dimanche 21 juin. En promettant d’importer le modèle répressif du chef d’État salvadorien Nayib Bukele, il confirme le virage à l’extrême droite de l’Amérique latine. Décryptage de sa victoire.

Colombie : le candidat de droite De La Espriella remporte la présidentielle • FRANCE 24

« Je serai le président de tous les Colombiens. » Arrivé de justesse en tête du second tour de la présidentielle face à son adversaire de gauche, Abelardo de la Espriella, 47 ans, a célébré sa victoire dimanche 21 juin. Quatre ans après l’élection historique de Gustavo Petro, premier président de gauche du pays, les électeurs ont porté au pouvoir cet avocat d’affaires multimillionnaire, qui revendique son admiration pour Donald Trump et promet de gouverner avec une « main de fer ».

Créant la surprise en arrivant en tête du premier tour le 31 mai, le candidat d’extrême droite l’a emporté, selon les résultats préliminaires officiels, avec moins d’un point d’avance (49,70 % des voix contre 48,72 %) sur le sénateur de gauche Iván Cepeda, allié du président Gustavo Petro qui ne pouvait briguer un nouveau mandat. Si les autorités électorales doivent encore valider les résultats, sa victoire marque déjà un tournant majeur pour la quatrième économie d’Amérique latine. Comment expliquer l’ascension fulgurante de cet outsider sans expérience politique ?

Au-delà du seul cas colombien, cette élection s’inscrit dans une recomposition politique plus large à l’échelle du continent. Après la « vague rose » qui avait porté plusieurs gouvernements de gauche au pouvoir au début des années 2020, l’Amérique latine connaît depuis plusieurs années un net mouvement de balancier vers la droite. La Colombie rejoint ainsi l’Argentine, le Chili, l’Équateur, la Bolivie et le Panama – et, vraisemblablement, le Pérou.

« Abelardo de la Espriella est l’émergence d’un futur président qui rassemble toutes les dynamiques des droites dures du continent : il est aussi libéral que Javier Milei en Argentine, aussi sécuritaire que Nayib Bukele au Salvador, et aussi conservateur que l’étaient Jair Bolsonaro au Brésil et Antonio Kast au Chili », résume Mathilde Allain, enseignante-chercheuse à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (IHEAL) et au Centre de recherche et de documentation sur les Amériques (Creda).

Cette évolution réjouit Washington. Abelardo de la Espriella, également de nationalité américaine et résidant une partie de l’année à Miami, a bénéficié tout au long de sa campagne du soutien affiché de Donald Trump. Quelques heures après sa victoire, le président américain a publié sur son réseau Truth Social une photo du nouvel élu accompagnée du message : « Il a gagné, et largement ! » Le secrétaire d’État Marco Rubio a quant à lui salué la perspective d’une coopération « en matière de sécurité » et pour « mettre fin à l’immigration clandestine vers les États-Unis ». (…)

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Colombie: le candidat de gauche reconnaît la victoire d’Abelardo de la Espriella à la présidentielle

« J’ai décidé d’accepter le résultat qui découle de ce processus et qui dit qu’Abelardo de la Espriella est le nouveau président de la République », a déclaré ce mercredi 24 juin Iván Cepeda, défenseur des droits humains de 63 ans, lors d’une conférence de presse.

Iván Cepeda reconnaît sa défaite à l’élection présidentielle lors d’une conférence de presse à Bogota, en Colombie, le mercredi 24 juin 2026. AP Photo / Iván Valencia

Selon le décompte préliminaire rendu public dimanche 21 juin, jour des élections, le candidat du parti au pouvoir a perdu avec moins d’un point de pourcentage d’écart (49,7 % contre 48,7 %). Il avait initialement déclaré qu’il n’accepterait les résultats qu’après le décompte final, sur le point de s’achever mercredi. « Je le fais pour contribuer à la coexistence, à la paix et au dialogue entre Colombiens », a ajouté Iván Cepeda, qui avait lancé lundi un appel « au calme » après les manifestations et affrontements entre ses partisans et la police antiémeute dans des villes comme Bogotá et Cali.

Gustavo Petro, qui reste l’unique président de gauche de l’histoire de la Colombie, avait dénoncé de présumées atteintes au logiciel de l’autorité électorale et évoqué la possibilité d’annuler le vote en raison de « l’intervention directe » des États-Unis, après le soutien apporté par Donald Trump à Abelardo de la Espriella. L’organisme chargé des élections avait affirmé mardi que le dépouillement définitif faisait apparaître une concordance à 99,9 % avec le précompte initial sorti des urnes dimanche. (…)

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