🇭🇹 Crise en Haïti : menace de guerre civile (revue de presse)


Après l’évasion de plusieurs milliers de détenus des deux principales prisons de Port-au-Prince, attaquées par des gangs armés dans la nuit de samedi à dimanche, le gouvernement haïtien a décrété l’état d’urgence et instauré un couvre-feu. Par ailleurs, lors du sommet de la Communauté des Caraïbes, qui s’est achevé mercredi 28 février, le Premier ministre Ariel Henry s’est engagé à organiser des élections d’ici août 2025. Mais le chef de gang Jimmy Cherizier menace d’une guerre civile sanglante si Ariel Henry reste au pouvoir. Ce dernier, de retour de Nairobi, tente de revenir dans le pays et se trouverait actuellement à Porto-Rico. Revue de presse.


Jimmy « Barbecue » Chérizier, chef de la coalition de gangs G9, s’exprime face à des journalistes, à Port-au-Prince, le 5 mars 2024. Ralph Tedy Erol / REUTERS

Haïti: l’engrenage de la violence isole toujours plus le Premier ministre Ariel Henry (RFI / 7 mars)

Le dossier haïtien, hautement critique, est suivi de près à New York, où le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) s’est réuni à huis clos, mercredi 6 mars, pour évoquer l’escalade de la violence dans le pays. Les groupes armés ont à nouveau affronté les forces de sécurité dans la zone de l’aéroport international de Port-au-Prince.

Le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, le 1er mars 2024 à Nairobi, au Kenya. AP – Andrew Kasuku

Ils refusent de laisser rentrer le Premier ministre, Ariel Henry, au pouvoir depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, et réclament son départ, alors qu’il aurait dû quitter ses fonctions le mois dernier. Les membres du Conseil ont ainsi fait le point sur la mission multinationale menée par le Kenya qui devrait se déployer en Haïti, ainsi que sur les options pour qu’Henry accélère la transition.

Alors que le chef de gang Jimmy Chérizier, surnommé « Barbecue », a mis en garde que le pays allait tout droit à une guerre civile et un génocide si Ariel Henry ne démissionnait pas, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence le 6 mars. La Jamaïque, le Kenya, Haïti se sont joints aux conversations à huis clos. Ils ont fait le point sur les prochaines étapes du déploiement de la mission multinationale, laquelle a longtemps été retardée par la justice kényane, et dont le financement n’est absolument pas bouclé, alors que tout le monde a conscience de l’urgence. (…)

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Haïti: un chef de gang brandit la menace d’une guerre civile et d’un génocide (RFI / 6 mars)

En Haïti, le chef de gang Jimmy Cherizier menace d’une guerre civile sanglante et d’un génocide si le Premier ministre Ariel Henry reste au pouvoir. Ariel Henry qui, de retour de l’étranger, tente sans succès de revenir dans le pays. Depuis des mois, les gangs tuent, pillent, violent, kidnappent et contrôlent la plus grande partie de Port-au-Prince. Dans la capitale, les habitants font face aux pénuries.

Le chef de gang Jimmy Cherizier avec ses hommes à Port-au-Prince, en Haïti, le 5 mars 2024. AFP – Clarens Siffroy

Depuis la semaine dernière, les gangs mènent des attaques coordonnées en Haïti – ils ont libéré les prisonniers des deux plus grands centres pénitentiaires du pays et tentent toujours de prendre le contrôle de l’aéroport de Port-au-Prince Toussaint Louverture. Des tirs ont continué à retentir dans la zone jusque tard dans la soirée. Ce mardi 5 mars, lors d’une conférence, le chef de gang Jimmy Cherizier, alias Barbecue, a menacé le pays d’une guerre civile.

« Si Ariel Henry ne se retire pas, le pays subira un génocide. Si Ariel Henry ne se retire pas, si la communauté internationale continue à soutenir Ariel Henry, elle nous conduira directement à une guerre civile qui se terminera par un génocide, assure-t-il. La communauté internationale, en particulier les États-Unis, le Canada, la France et le Core Group seront responsables de toutes les personnes qui mourront en Haïti. »

Pendant ce temps, Ariel Henry tente toujours de revenir dans le pays, sans succès. Le Premier ministre haïtien était à Nairobi pour signer un accord permettant l’envoi d’une force multinationale en Haïti. Hier, selon la chaîne d’information dominicaine CDN, l’avion privé du Premier ministre est arrivé à Porto Rico, après le refus de la République dominicaine de le laisser atterrir. Les médias haïtiens bruissent maintenant d’hypothèses : Ariel Henry tentera-t-il maintenant de rejoindre la Jamaïque, avant de gagner un autre aéroport en Haïti ? (…)

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Crise en Haïti : le gouvernement décrète l’état d’urgence et instaure un couvre-feu (Libération / AFP) / 4 mars)

Face à une situation qui échappe à tout contrôle, le gouvernement d’Haïti a décrété l’état d’urgence dans l’ouest du pays, où se situe Port-au-Prince, «pour une période de 72 heures renouvelable», a-t-il annoncé dans un communiqué publié le 3 mars. 

Des prisonniers incarcérés pour leur implication présumée dans l’assassinat de l’ancien président d’Haïti Jovenel Moise, à Port-au-Prince dimanche 3 mars 2024. Photo : Ralph Tedy Erol / REUTERS

Pour reprendre le contrôle de la capitale, l’exécutif a également «décrété un couvre-feu sur tout ce territoire» de 20 heures à 5 heures du matin (heure locale) dans la nuit de dimanche à lundi et entre 18 heures et 5 heures (heure locale) pour les trois prochains jours.

Cette décision fait directement suite à l’attaque des deux principales prisons de l’île par des gangs armés dans la nuit de samedi à dimanche, qui ont fait au moins une dizaine de morts et ont permis à plusieurs milliers de prisonniers de s’échapper.

Plus largement, le couvre-feu a été décrété «en raison de la dégradation sécuritaire», notamment à Port-au-Prince, «caractérisée par des actes criminels de plus en plus violents perpétrés par les gangs armés», ainsi qu’en tenant compte de «l’évasion de prisonniers dangereux», actions mettant «en péril la sécurité nationale» selon le gouvernement. «Les forces de l’ordre ont reçu l’ordre d’user de tous les moyens légaux à leur disposition en vue de faire respecter le couvre-feu et d’appréhender tous les contrevenants», ajoute le communiqué. (…)

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Haïti : le gouvernement illégal décrète l’état d’urgence (Théo Bourriau / L’Humanité / 7 mars)

La situation politique, sécuritaire et humanitaire se dégrade très rapidement. Les Haïtiens se retrouvent pris entre des groupes armés toujours plus puissants et un pouvoir illégitime qui n’a comme seul horizon que son maintien à la tête de l’État. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence, mercredi 6 mars au soir, face à cette escalade.

Des pneus enflammés près de la prison de Port-au-Prince, en Haïti, le 3 mars 2024. © Luckenson Jean / AFP

Un cas unique au monde : un pays sans aucun représentant élu au niveau national, avec un premier ministre, Ariel Henry, dans l’illégalité depuis la fin de son mandat le 7 février. Haïti sombre dans un bras de fer entre bandes armées et gouvernement illégitime. Celui-ci tente par tous les moyens de se maintenir au pouvoir, notamment en faisant appel à une force internationale armée pour rétablir la situation sécuritaire. Ce dimanche, le gouvernement haïtien a décrété l’état d’urgence et un couvre-feu pour répondre à des attaques coordonnées lancées le 29 février par plusieurs bandes armées dont le but est clair : « Aujourd’hui, on lance la bataille qui doit renverser le premier ministre et son gouvernement ! » a claironné l’un des plus grands chefs de bande du pays, l’ancien policier Jimmy Chérisier, surnommé « Barbecue » pour sa propension à faire rôtir ses ennemis… « Si Ariel Henry (le premier ministre) ne démissionne pas et si la communauté internationale continue à le soutenir, nous irons directement vers une guerre civile qui va déboucher sur un génocide », a-t-il renchéri, mardi 5 mars, lors d’une conférence de presse.

« Nous assistons à une démonstration de force des bandes armées qui veulent contrôler le territoire, dans le contexte d’une venue d’une mission armée internationale », analyse Frédéric Thomas, chercheur au Centre tricontinental et spécialiste du pays caribéen, qui décrit un « phénomène structurel de pourrissement ». Sur place, la situation se précipite : l’attaque par les groupes armés, dans la nuit de samedi à dimanche, de la prison nationale de Port-au-Prince a donné lieu à l’évasion de plus de 3 500 détenus sur les 3 800 que comptait l’établissement pénitentiaire. Sur le seul mois de janvier, plus de 1 300 personnes ont été tuées au cours d’affrontements mêlant groupes armés et parfois la police, sans compter les milliers de personnes déplacées.

Le décret établissant l’état d’urgence a été signé lundi 4 mars par le premier ministre par intérim, Michel Patrick Boisvert, puisque Ariel Henry se trouve précisément dans la capitale kényane, Nairobi, afin de signer un accord de partenariat permettant le déploiement de la force armée, chose faite ce 1er mars. « Ariel Henry joue son maintien au pouvoir », pointe Frédéric Thomas, qui précise que « de fait, les États-Unis pèsent de tout leur poids », notamment à l’ONU, pour ­appuyer le premier ministre illégitime et œuvrer à l’envoi de la force ­kényane – une occasion pour le président William Ruto de rendre un grand service à son proche allié américain. Fin janvier, un tribunal kényan avait jugé ce déploiement de policiers en Haïti illégal, en ­raison de l’absence d’accord entre les deux pays. (…)

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Le Premier ministre Ariel Henry accepte d’organiser des élections d’ici août 2025 (RFI / 29 février)

Le Premier ministre haïtien a pris cet engagement lors du sommet de la Communauté des Caraïbes, qui s’est achevé ce mercredi [28 février]. Haïti, gangréné par la violence des gangs qui contrôlent la majorité de la capitale Port-au-Prince, n’a pas connu d’élections depuis 2016. Ariel Henri dirige le pays en tant que Premier ministre depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, il y a un peu moins de trois ans.

Le Premier ministre haïtien Ariel Henry, en janvier 2023 à Port-au-Prince © AFP/Richard Pierrin

À la Caricom, les discussions ont été longues, mais fructueuses selon le Premier ministre des Bahamas, Philip Davis : « Des concessions ont été faites pour faire avancer le processus politique, y compris organiser des élections générales pour restaurer le gouvernement en accord avec la Constitution, pas plus tard que le 21 août 2025 ». Une mission doit être envoyée dans le pays pour évaluer les besoins, mission « dirigée par la Caricom et les Nations Unies avec le soutien de partenaires – le Canada, les États-Unis et l’Organisation des États Américains ». L’équipe doit rendre son rapport d’ici le 31 mars, dans un peu plus d’un mois.

Mais il faut aussi que le Premier ministre haïtien et l’opposition se mettent d’accord pour organiser ces élections générales, alors que depuis des années le personnel politique du pays n’arrive à se mettre d’accord sur rien. La Caricom prévoit d’inviter les responsables haïtiens à une rencontre, pour sortir de cette impasse politique. Mais chacun devra faire preuve de bonne volonté, a prévenu le président du Guyana Irfaan Ali. « Nous insistons pour que chaque partie prenante reconnaisse qu’elle n’obtiendra pas tout ce qu’elle veut, mais qu’Haïti doit obtenir ce dont elle a besoin. Par conséquent, chaque partie prenante en Haïti doit également donner pour qu’Haïti obtienne ce dont elle a besoin », a-t-il déclaré.

Mais ce n’est pas la première fois qu’Ariel Henry fait cette promesse. En 2022, il s’était mis d’accord avec certains partis politiques pour organiser des élections et quitter le pouvoir au début de ce mois, le 7 février. Cela n’a pas été le cas…

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