«Depuis dix ans, le Honduras est plongé dans le chaos» (Caroline Protat / Libé)
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Les manifestations contre les réformes de l’éducation et de la santé publique ne cessent de s’intensifier. L’expression d’un ras-le-bol général contre le gouvernement de Juan Orlando Hernández, analyse Kevin Parthenay, du Centre d’études et de recherches internationales.

 

Universités et routes bloquées, commerces saccagés, grèves des transporteurs de pétrole… Les manifestations populaires font trembler le Honduras depuis plus d’un mois. D’abord mobilisés contre les réformes de l’éducation et de la santé, les Honduriens expriment aujourd’hui leur mécontentement face au gouvernement autoritaire et demandent la destitution du président Juan Orlando Hernández. Au fil des jours, la répression s’est intensifiée. Rien que cette semaine, on compte trois morts et une vingtaine de blessés, notamment par balle. Kevin Parthenay, docteur en science politique associé au Centre d’études et de recherches internationales à Paris, revient sur ce climat de violences.

Où en sont les manifestations contre le gouvernement du président Juan Orlando Hernández au Honduras ?

Les manifestations ont débuté fin mai après l’annonce du vote de deux décrets pour réformer les secteurs de l’éducation et de la santé publique. Au début, elles ont été portées par des professionnels de la santé ou des universitaires, mais le mouvement a pris de l’ampleur et s’étend aujourd’hui à d’autres secteurs, comme ceux de la défense des droits humains ou de la démocratie, des ONG ou encore de la société civile. Les camions-citernes sont également en grève, ce qui provoque une pénurie d’essence dans les grandes villes. Et ces derniers jours, on parle davantage des étudiants : trois centres universitaires ont été bloqués par des manifestants lundi et quatre jeunes ont été blessés par balle quand les forces de sécurité ont fait irruption dans une université. Cet épisode est un symbole fort de la révolte et de la répression musclée du gouvernement qui a lieu en ce moment au Honduras.

Les deux décrets critiqués ont été abrogés dès les premières manifestations. Comment expliquez-vous que la contestation ne cesse de s’amplifier ?

Le vote des deux décrets n’est que le point de départ, la goutte d’eau qui fait déborder le vase…  

 

 

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