🇪🇨 Équateur : RSF condamne les violences commises contre au moins cinquante-cinq journalistes lors des manifestations nationales (Reporters sans frontières)
Reporters sans frontières (RSF) condamne fermement l’escalade de la violence contre les journalistes en Équateur pendant la grève nationale. Selon les données de l’organisation, au moins cinquante-cinq journalistes ont été agressés depuis le 22 septembre, la dernière attaque en date ayant grièvement blessé un journaliste et producteur de la chaîne Apak TV, Edison Muenala. RSF appelle à une réponse immédiate et à la mise en place de mesures de protection efficaces pour garantir que les professionnels des médias puissent exercer leur travail sans être pris pour cibles.
Le 14 octobre, alors qu’il couvrait les affrontements entre manifestants et militaires à Otavalo, dans la province d’Imbabura située dans le nord du pays, un journaliste de la chaîne communautaire Apak TV, Edison Muenala, a été atteint par une balle, qui aurait été tirée par un membre des forces armées. Ce journaliste autochtone issu du peuple Kichwa, connu pour ses reportages interculturels et communautaires, a été blessé à l’épaule. Cette attaque est survenue dans un contexte de tensions croissantes après la grève nationale convoquée par la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE) pour protester contre le décret 126 du président Daniel Noboa, qui réforme la réglementation sur les prix des dérivés d’hydrocarbures et a entraîné une hausse du prix du diesel.
Des violations de la liberté de la presse ont été documentées dans au moins cinq provinces équatoriennes, allant de l’usage excessif de la force par les forces de sécurité de l’État à des agressions commises par des civils, du harcèlement en ligne et de la censure administrative. RSF et ses partenaires locaux ont recensé cinquante-cinq journalistes agressés depuis le début de la grève nationale. La porte-parole du gouvernement, Carolina Jaramillo, a déclaré lors d’une conférence de presse le 13 octobre que “tout manquement au protocole doit faire l’objet d’une enquête”.
“RSF condamne fermement le tir contre Edison Muenala et la série d’agressions subies par des journalistes pendant la grève nationale en Équateur. L’organisation exhorte le président Daniel Noboa et le Bureau du procureur général à ouvrir des enquêtes rapides, impartiales et transparentes afin d’identifier et sanctionner les responsables, et de veiller à ce que ces actes ne restent pas impunis. Nous appelons les autorités équatoriennes à garantir des mesures de protection efficaces pour les journalistes – en particulier les reporters communautaires et autochtones – et à réaffirmer publiquement que la liberté de la presse et le droit à l’information doivent être respectés, même en période de crise et de troubles sociaux. (…)
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Pour rappel, voir nos revues de presse et articles sur le « paro » d’octobre 2025 :
– Équateur : trente – et un jours de « paro nacional (CDHAL / Human Rights Watch)
– Équateur : chasse aux sorcières contre les dirigeant·es et militant·es des mouvements sociaux (Correspondencia de Prensa/ Traduction Inprecor / fr.esp.)
– La grève nationale en Équateur : la lutte d’un peuple entre le racisme et la défense de la vie (Renata Lasso, femme migrante équatorienne en France. fr.esp.)
– Le conflit social et la répression secouent l’Équateur (une analyse de Anahi Macaroff/ Traduction par FAL, fr.esp.)
– « Paro nacional » 2025. Mobilisations et répression en Équateur (revue de presse)
– Répression en Équateur : solidarité avec les communautés indigènes et les mouvements populaires (communiqué de France Amérique Latine / fr.esp.)

