Haïti : les élections législatives et présidentielle reportées
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Les élections législatives et présidentielle prévues ce dimanche en Haïti ont été reportées, a annoncé le Conseil électoral provisoire dans un communiqué de presse publié lundi soir. Aucune date n’a encore été officiellement choisie pour la tenue de ces scrutins. La nouvelle a été saluée par les partis des deux prétendants à la présidence, Jovenel Moïse et Jude Célestin, mais l’opposition réclame toujours une commission indépendante pour enquêter sur les accusations de fraudes qui ont émaillé le premier tour de la présidentielle.

L’opposition dénonce depuis plusieurs semaines des fraudes au premier tour des élections. REUTERS/Andres Martinez Casares
L’opposition dénonce depuis plusieurs semaines des fraudes au premier tour des élections. REUTERS/Andres Martinez Casares

Avec notre correspondante à Port-au-Prince,Amélie Baron
En Haïti, l’annonce lundi soir par le Conseil électoral provisoire (CEP) du report des élections présidentielle et législatives n’est pas une surprise. Il était même attendu par la population et les organisations de la société civile.

Il faut dire que le candidat de l’opposition, Jude Célestin, n’avait publiquement pas prononcé un seul mot depuis l’ouverture de la campagne. Ce report du scrutin est pour lui « un pas dans la bonne direction », mais il a indiqué lundi soir qu’il attendait toujours « la création d’une vraie commission d’évaluation  ». Commission d’enquête

Jude Célestin, proche de l’ancien président René Préval, tacle ici directement le pouvoir en place, niant l’efficacité de la commission créée jeudi par Michel Martelly. Une commission qui est par ailleurs affaiblie car un de ses cinq membres questionne encore les marges de manœuvre qui leur seront laissées pour travailler.

Dans le camp de Jovenel Moïse, le candidat du pouvoir, l’annonce du report des élections est prise avec diplomatie. Grégory Mayard Paul, l’un des avocats du parti PHTK, a annoncé qu’il ne pouvait « que respecter toute décision prise par le CEP ».

Désormais, le temps presse pour la réalisation de ces scrutins en Haïti car la rentrée parlementaire est prévue le 11 janvier et le futur président doit prendre ses fonctions le 7 février.

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