L’Amérique latine primée au Festival de Cannes (Cécile Pilgram/ Espaces Latinos)
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Même s’il n’y avait qu’un seul film latino en compétition officielle, le beau Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles obtient l’un des deux prix du jury présidé par Alejandro González Iñárritu.
Karim Aïtnouz, un autre brésilien reçoit le prix Un certain regard pour son mélodrame La vie invisible d’Euridice Gusmão. Quant au Guatémaltèque Cesar Díaz, il gagne la prestigieuse Caméra d’Or (meilleur premier film, toutes sections confondues) pour son Nuestras Madres sur les disparus de la dictature. Enfin Patricio Guzmán reçoit l’un des deux prix de L’œil d’Or pour son documentaire La cordillère des songes.

Prix du jury ex æquo Bacarau, du duo brésilien Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles

Bacarau

Kleber Mendonça Filho avait été révélé avec Les Bruits de Recife. Il avait déjà été en compétition à Cannes en 2016 avec Aquarius, portrait de sa ville Recife, prête à tout démolir et portrait d’une femme de 60 ans qui se bat pour garder son appartement. Aujourd’hui le film en compétition au festival est Bacurau. Écrit par les deux réalisateurs, ce scénario de western était proposé en début du Festival et se déroule dans un futur proche… On arrive dans un village dans le sertão, qui porte le nom d’un oiseau de nuit, par une route jonchée de cercueils qui se brisent sous les roues d’un camion-citerne qui vient ravitailler des habitants, mis au régime sec par les puissances qui contrôlent les barrages de la région. Teresa, interprétée par Barbara Colen, a profité du camion pour revenir dans son village natal, à temps pour les obsèques de sa grand-mère, Carmelita, doyenne de Bacurau. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte… Très diffèrent d’Aquarius, il s’agit d’un film qui se passe dans un futur de résistance. Mais le Nordeste a beaucoup changé, et le fascisme n’est pas très loin. Il s’agit donc d’une fable politique, même si le film a été tourné avant les dernières élections. Avec Barbara ColenSonia Braga en médecin alcoolique et Udo Kier en nazi américain (…)

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