Mexique : mobilisation après l’assassinat de l’artiste féministe Isabel Cabanillas (Liliane Charrier, Terriennes)
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Elle avait 26 ans, était maman d’un petit garçon et militait pour la sécurité des femmes. Isabel Cabanillas a été assassinée le 18 janvier 2020 à Ciudad Juárez, comme tant d’autres avant elle. Les Mexicain.e.s réclament justice, alors que prenait fin ce dimanche une “marche pour la paix” de trois jours dénonçant l’inaction du gouvernement face à la criminalité qui mine le pays. 

Portée disparue le vendredi 17 janvier, la peintresse et styliste féministe Isabel Cabanillas a été retrouvée morte le lendemain, tuée de plusieurs balles dans la tête alors qu’elle rentrait chez elle à vélo en sortant d’un bar. Son corps a été abandonné sur le trottoir non loin du centre-ville de Ciudad Juárez.

Quelques heures plus tard, des centaines de Mexicains descendaient dans la rue autour de l’esplanade du monument à Benito Juarez pour lui rendre hommage, et pour que cessent les féminicides, un fléau dans cette ville du nord du Mexique où des centaines de femmes ont été enlevées ou assassinées ces vingt dernières années. Isabel Cabanillas est la quatrième femme tuée à Ciudad Juarez ce mois-ci et la sixième de l’État de Chihuahua.

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Les manifestants brandissaient des banderoles et scandaient des slogans exprimant leur désarroi et leur colère, réclamant que justice soit faite pour Isabel Cabanillas et toutes les femmes victimes de violence. “Isabel Cabanillas manifestait contre le féminicide, les disparitions et la traite des femmes. Elle a été abattue à bout portant. Nous voulons que justice lui soit rendue, comme elle le faisait pour les autres quand elle était encore là,” explique Yizny Graco, militante des droits de l’homme. “Nous sommes en colère, indignés. Nous nous sentons impuissants devant toutes ces jeunes femmes qui se font enlevées, assassinées ou qui disparaissent. Et nos dirigeants qui continuent à ne rien faire,” regrette Jose Luis Castillo, dont la fille Esmeralda Castillo est portée disparue depuis 2009.

Sur les banderoles, des messages : “Isabel Cabanillas, ta mort sera vengée, nous ne sommes pas de la chair à  canon” ou  “S’ils touchent une de nous, répondons à tous !”, mais aussi #niunamenos (“pas une de plus !”), devenu le mot-dièse de ralliement pour toutes les actions contre le féminicide en Amérique du Sud. “Où sont-elles ? Nous voulons qu’elles reviennent. Il n’y a aucune raison de se taire ou d’oublier. Ce n’est pas un chiffre de plus. C’est ma sœur Isabel qui n’est plus avec moi”, proclamait une autre pancarte. (…)

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