🇧🇷 « Nous avons réussi à les convaincre » : Lula défait l’extrême droite malgré les sondages et un vote chaotique / Au Brésil, Lula signe une victoire sans appel contre l’extrême droite de Flavio Bolsonaro (Tom Demars-Granja / Cathy Dos Santos / L’Humanité)


Donné perdant, Lula a réussi à déjouer les pronostics, dimanche 25 octobre, en battant Flávio Bolsonaro avec 51,79 % des suffrages, contre 48,21 % pour son rival d’extrême droite. Le candidat du Parti des travailleurs (PT), bientôt 81 ans, conclut sa dernière bataille électorale sur une victoire historique.

Avec 4,4 millions de voix de plus que son adversaire, Luiz Inacio Lula da Silva a gagné les élections du 25 octobre, signant ainsi son quatrième mandat à la tête du pays. André Pera / IMAGO / ABACAPRESS

Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, s’est immédiatement inscrit dans le registre du « miracle ». Comment donner tort à l’ancien métallurgiste, réélu pour un quatrième mandat avec 51,79 % des suffrages dans la soirée du dimanche 25 octobre, après avoir terminé second lors du premier tour. Son rival, le candidat d’extrême droite Flavio Bolsonaro a terminé avec 48,21 %, soit près de quatre millions de voix de moins que son adversaire.

Le candidat du Parti des travailleurs (PT), qui fête ses 81 ans mardi, était pourtant donné perdant de deux points par les sondages la veille. Jamais un candidat devancé au premier tour n’avait réussi à renverser la vapeur. Figure tutélaire de la gauche brésilienne comme mondiale, Lula termine sa dernière bataille électorale – la loi brésilienne interdit trois mandats d’affilée – sur une victoire rendue possible par une mobilisation historique.

« Nous avons enregistré le taux d’abstention le plus faible de l’histoire de ce pays, a ainsi vanté le président réélu, alors que l’abstention a stationné autour des 19 %. Les Brésiliens sont allés voter parce que nous avons réussi à les convaincre que le vote était très important pour garantir la démocratie. »

Plus de trois millions d’électeurs supplémentaires se sont rendus aux urnes en comparaison avec le premier tour. La majorité d’entre eux ont penché en faveur de Lula, qui a aussi bénéficié de reports de voix de candidats conservateurs, comme des votes d’électeurs jusqu’ici indécis. (…)

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Au Brésil, Lula signe une victoire sans appel contre l’extrême droite de Flavio Bolsonaro (éditorial de Cathy Dos Santos / L’Humanité)

La victoire de Lula est nette et sans appel. Avec près de 4,4 millions de voix d’avance, le leader historique du Parti des travailleurs (PT) défait dans les urnes l’extrême droite au terme d’une remontada inédite. Jamais auparavant, un candidat battu au 1er tour n’était parvenu à s’imposer au second. Ce succès tient beaucoup à l’aura et l’énorme capacité de Lula à batailler contre le vent des idées majeures.


L’ancien métallo a donc balayé Flávio Bolsonaro. Le candidat du Parti Libéral, et, au passage de Donald Trump, a cru pouvoir vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Son discours prononcé depuis Brasilia, la capitale politique, suintait la haine et la déception. La fête a fini en pétard mouillé. Il refuse de reconnaître les résultats au motif que la fermeture des bureaux de vote a été retardée de deux heures. Mauvais perdant. Il a, lui aussi, demandé la prorogation du fait de graves problèmes de transports à São Paulo dirigée par ses pairs.

Du côté des Lulistes, l’heure est à la joie et au soulagement. Les partisans de gauche se sont lancés à corps perdu pour convaincre les abstentionnistes de faire barrage à l’extrême droite, à un cortège de régressions et d’attaques à la démocratie. Les va-nu-pieds, les gosses des favelas, les travailleurs et travailleuses, les syndicalistes, les Noirs, les LGBTQIA +, les peuples autochtones peuvent souffler.

Du moins pour un temps. Lors de la précédente présidentielle, Jair Bolsonaro avait refusé de reconnaître sa défaite. La suite : une tentative de coup d’Etat en 2023, avec des occupations devant les casernes militaires et l’invasion sauvage de la place des Trois-Pouvoirs à Brasilia, à la manière du capitole à Washington par les sbires trumpistes. Rien ne dit que ce scénario n’est pas amené à se répéter. (…)

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Voir également Lula ré-élu, le peuple du Brésil vainqueur. L’Amérique latine respire (Communiqué de France Amérique Latine)