🇵🇪 Présidentielle au Pérou. Le dépouillement du second tour « pourrait prendre entre deux semaines et la fin du mois » de juin (Le Monde / AFP) / Une victoire sur le fil pour la gauche est-elle possible ? (Luis Reygada / L’Humanité)


Alors que le dépouillement s’éternise, chaque bulletin compte et la tension monte entre les partisans de Roberto Sánchez et ceux de Keiko Fujimori, candidats séparés par un écart infime. Les résultats du premier tour avaient mis plus de trente jours à être connus.

Les deux candidats Roberto Sánchez et Keiko Fujimori © Crédit photo : Connie FRANCE et MARTIN BERNETTI / AFP

Le résultat du second tour de la présidentielle au Pérou pourrait ne pas être connu avant deux semaines, a déclaré mardi 9 juin à l’Agence France-Presse (AFP) le chef de l’autorité électorale péruvienne, anéantissant tout espoir d’une issue rapide à cette course extrêmement serrée.

Le dépouillement du scrutin de dimanche dernier « pourrait prendre entre deux semaines et la fin du mois » de juin, en fonction des observations qui seront formulées sur les procès-verbaux, a affirmé le directeur de l’Office national des processus électoraux, Bernardo Pachas Serrano.

Dans les 96 % des procès-verbaux dépouillés, le candidat de gauche Roberto Sánchez, recueille 50,05 % des suffrages, contre 49,94 % pour sa rivale, la conservatrice Keiko Fujimori, soit un écart d’environ 20 000 voix. Pour qu’un vainqueur soit proclamé, il faudra examiner des procès-verbaux contestés représentant quelque 450 000 votes, ce qui pourrait prendre plusieurs jours. (…)

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Une victoire sur le fil pour la gauche est-elle possible ? (Luis Reygada / L’Humanité)

Face à Keiko Fujimori, le progressiste Roberto Sánchez restait en tête, mardi soir (9 juin), avec une marge extrêmement serrée. Mais la droite n’a peut-être pas dit son dernier mot.

Roberto Sánchez, ici le 5 juin, à Lima, le candidat a annoncé sur X attendre « sereinement, avec patience et confiance la volonté du peuple ».© Fotoholica Press Agency/Alamy Live News

Comme en 2021, c’est sur la photo-finish que les deux finalistes de la course présidentielle seront départagés. Et une nouvelle fois, la quatrième depuis 2011, la porte-étendard de la droite Keiko Fujimori pourrait s’incliner face à la gauche, représentée cette fois-ci par Roberto Sánchez. Ou pas ?  

Ce mardi, à 16h30 GMT – soit deux jours après la tenue du second tour – la fille de l’ancien président-dictateur décédé en 2024 Alberto Fujimori recueillait 49,943 % des voix contre 50,057 % pour Sánchez. Soit une différence de seulement 20 426 voix, après le dépouillement de 95,977 % des procès-verbaux électoraux.  

Après des heures d’incertitude, l’Office national des processus électoraux (ONPE) avait  finalement formellement placé, lundi soir, le candidat progressiste en tête, après un revirement de tendance arrivé à partir des 94 % des procès-verbaux recensés. 

 Le renversement des courbes avait été prédit par une tendance favorisant le leader d’Ensemple pour le Pérou, au fur et à mesure de l’arrivée des votes des zones rurales – où l’ancien ministre du Commerce extérieur et du Tourisme de l’ex-président Pedro Castillo possède une assise plus favorable. Il a ainsi confirmé les pré-résultats annoncés dès dimanche soir par le “comptage rapide”, qui indiquait une victoire de justesse pour Roberto Sánchez.  

De quoi provoquer l’euphorie chez les partisans de celui qui a notamment axé sa campagne sur la défense de l’héritage politique ancré à gauche de Pedro Castillo, destitué par un coup d’Etat parlementaire en 2022 et actuellement emprisonné

Pour sa part, s’il s’est d’abord montré optimiste et même triomphant dans un premier temps, le candidat s’est par la suite montré plus prudent en annonçant sur X attendre « sereinement, avec patience et confiance la volonté du peuple ». (…)

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