🇧🇷 Que devient Jair Bolsonaro? (Revue de presse)


Voici une sélection de quelques articles visant à nous éclairer sur les scandales qui commencent à éclater depuis la fin de l’investiture de Jair Bolsonaro et de l’invasion du Congrès à Brasília.


Brésil : Jair Bolsonaro, persona de plus en plus non grata aux Etats-Unis
(Libération – le 13 janvier 2023)

Le séjour en Floride de l’ex-président brésilien ne plaît pas à tout le monde. Une quarantaine d’élus démocrates l’ont fait savoir à Joe Biden via une lettre ouverte, jeudi 12 janvier.

Should he stay or should he go? Le séjour de Bolsonaro en Floride provoque des remous au parti démocrate. Joe Biden n’a pour l’instant pas répondu aux élus de son camp demandant l’expulsion de l’autocrate brésilien. (Evan Vucci/AP)

Installé en Floride pour échapper au sacre de son adversaire, Lula, Jair Bolsonaro n’est toujours pas rentré au Brésil au grand dam de certains élus américains. «Nous ne devons pas permettre à M. Bolsonaro ou à tout autre ancien responsable brésilien de trouver refuge aux Etats-Unis afin d’échapper à la justice pour tout éventuel crime commis durant son mandat», écrivent ainsi 41 élus démocrates dans une lettre ouverte envoyée jeudi au président Joe Biden.

Les élus demandent aussi que le ministère de la Justice enquête sur d’éventuels «soutiens ou financements» américains des violents assauts du 8 janvier, quand les partisans de Bolsonaro ont mis à sac le Congrès, le palais présidentiel et la Cour suprême du Brésil. Comme un décalque de l’assaut du Capitole par des supporters violents de Donald Trump, le 6 janvier 2021 à Washington.

Les 41 démocrates appellent également le gouvernement américain à «coopérer pleinement à toute enquête du gouvernement brésilien, si on nous le demande» et à vérifier le statut légal aux Etats-Unis de l’ancien président, qui est arrivé sur le territoire américain en tant que chef d’Etat, ce qu’il n’est plus.

Interrogé mercredi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a déclaré que les Etats-Unis n’avaient reçu aucune demande du Brésil à propos de Jair Bolsonaro mais qu’ils traiteraient toute éventuelle requête «rapidement». De son côté, titillé par ses propres troupes, Joe Biden n’a pas commenté la présence de Bolsonaro sur le territoire américain. Le président démocrate a en revanche invité son Lula à Washington début février.

La Floride, terre d’autocrates ?

L’ancien président brésilien a quitté le Brésil pour la Floride deux jours avant que ne soit investi son successeur Lula, le 1er janvier, laissant derrière lui des millions de supporters désemparés et en colère. Il a été admis à l’hôpital dimanche 8 janvier – le jour des émeutes de Brasilia – mais il en est sorti deux jours plus tard. Le New York Times a révélé qu’il était actuellement en séjour au domicile d’un ancien combattant de MMA brésilien, José Aldo à Orlando. Fief de Donald Trump depuis 2016, la Floride est devenue un haut lieu de l’extrême droite américaine. Mais pas que.

Jair Bolsonaro à son arrivée dans un immeuble de Kissimmee, en Floride, après sa sortie de l’hôpital le 10 janvier 2023. (Chandan Khanna/AFP)

Le séjour de Bolsonaro en Floride place les Etats-Unis sous une lumière relativement embarrassante, rappelant de précédents accueils de dirigeants, dictateurs ou autocrates latino-américains. (…)

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Brésil : corruption, fausses informations, Covid… Les casseroles judiciaires de Jair Bolsonaro
(France 24 – le 10 janvier 2023)

L’ancien chef d’État brésilien Jair Bolsonaro, est désormais privé de son immunité présidentielle depuis l’élection de Lula à la tête du pays. Mais l’ancien président d’extrême droite traîne derrière lui de nombreuses casseroles qui pourraient faire l’objet de poursuites judiciaires, notamment sa gestion de la pandémie de Covid-19 ou encore sur de potentiels détournements de fonds publics.

L’ancien président du Brésil Jair Bolsonaro a été la cible de plusieurs enquêtes pendant son mandat. © Bruna Prado, AP

Après les assauts contre des lieux de pouvoir brésiliens, dimanche, par ses partisans, le président sortant Jair Bolsonaro, actuellement en Floride, réfute toute responsabilité. S’il est trop tôt pour déterminer une quelconque implication du chef de file de l’extrême droite brésilienne dans ces événements, l’ancien président n’en est pas moins visé par au moins quatre enquêtes au Brésil. 

La justice se penche notamment sur sa mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19 ou encore sur de potentiels détournements de fonds publics. Ces enquêtes ont été repoussées ou stoppées jusqu’à présent en raison de son immunité présidentielle, qu’il n’a plus depuis sa défaite contre Luiz Inacio Lula da Silva à la présidentielle d’octobre. France 24 fait le point sur ces affaires à retardement.

Des abus de pouvoir

En 2018, en pleine campagne présidentielle, Flavio Bolsonaro, l’un des fils de l’ex-président, alors député de Rio, est impliqué dans un scandale de détournement de salaires d’assistants parlementaires. 

Deux ans plus tard, en mai 2020, alors président du Brésil, Jair Bolsonaro est accusé par son ministre de la Justice, Sergio Moro, d’avoir exercé des pressions pour remplacer deux responsables de la police fédérale, et ainsi éviter les enquêtes visant deux de ses fils, dont Flavio, accusés de corruption. 

Malgré le démenti du chef de l’État, le procureur général a ouvert une enquête, toujours en cours, sur les accusations du ministre de la Justice, qui a démissionné peu de temps après ses accusations. 

La diffusion de fausses informations électorales 

Jair Bolsonaro et la diffusion de fake news, une histoire qui a démarré dès la présidentielle de 2018. Pendant la campagne de l’entre-deux-tours, une enquête du quotidien Folha de Sao Paulo a révélé que des entreprises soutenant Jair Bolsonaro auraient financé une campagne de fausses informations via l’application WhatsApp. Des dizaines de milliers de messages publicitaires auraient été envoyés pour discréditer son rival, le candidat de gauche Fernando Haddad. 

Par ailleurs, l’ex-chef de l’État est accusé d’avoir abrité au sein de la présidence une “ferme à trolls” destinée à répandre des “fake news”. En 2020, une enquête de la police fédérale a démontré que cette stratégie de désinformation a été orchestrée par la famille présidentielle elle-même. Toutefois, les fils de Jair Bolsonaro ont toujours nié l’existence de ce cabinet. 

Plus récemment, en août 2021, le juge du Tribunal suprême brésilien Alexandre de Moraes a ordonné une enquête pour “désinformation” contre le président, qui remettait en cause la validité du vote électronique, en place depuis 1996. 

Le désastre de la crise du Covid-19 

Rejet des mesures de confinement, pénurie d’oxygène, retards délibérés dans les commandes de vaccins… La gestion de la crise du Covid-19 par Jair Bolsonaro a été vivement critiquée au Brésil, le pays comptant plus de 680 000 morts imputés à la maladie. 

Le 2 juillet 2021, le parquet brésilien annonce l’ouverture d’une enquête sur des accusations portées contre Jair Bolsonaro, soupçonné d’avoir omis de signaler une tentative de corruption dans l’achat de plusieurs millions de vaccins contre le Covid-19 en provenance d’Inde.  

En octobre 2021, un rapport accablant de la commission d’enquête parlementaire accuse le gouvernement de Jair Bolsonaro d’avoir volontairement exposé les Brésiliens à une contamination de masse au Covid-19. Elle réclame son inculpation pour “crimes contre l’humanité”. 

Des détournements de fonds publics 

En juillet 2021, une nouvelle affaire met un peu plus sous pression Jair Bolsonaro. L’ex-belle-sœur du président a rendu publics des enregistrements audios de l’époque où il était député fédéral. Andrea Siqueira Valle explique que son frère, assistant parlementaire de Jair Bolsonaro entre 2006 et 2007, aurait été licencié après avoir refusé de donner une partie de son salaire.  

“Ça suffit, on peut s’en débarrasser parce qu’il n’a pas rendu l’argent comme convenu”, entend-on dans l’enregistrement révélé par le site d’information UOL.  

Le bureau de procureur général ouvre alors une enquête sur l’implication de Jair Bolsonaro dans le vol de salaires du personnel politique, une pratique appelée “rachadinha – quand des employés du cabinet d’un élu rémunérés par l’État reversent une partie de leur salaire à leur employeur. Bien qu’il s’agisse d’une pratique répandue au Brésil, elle reste illégale. (…)

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Jair Bolsonaro épinglé pour ses dépenses faramineuses
(HuffPost – le 10 janvier 2023)

Déclassifiés, les relevés de la carte de crédit de celui qui était alors président du Brésil révèlent des dépenses aussi somptuaires que triviales.

NELSON ALMEIDA / AFP Jair Bolsonaro, ici photographié en octobre dernier à l’occasion d’un débat télévisé, se retrouve désormais épinglé pour ses dépenses somptuaires lorsqu’il était président du Brésil.

BRÉSIL – Ce sont des révélations qui ne vont pas améliorer son dossier après l’invasion des lieux de pouvoir par ses partisans. Quelque 20 000 euros dans un modeste restaurant, près de 10 000 euros dans une boulangerie le lendemain du mariage de son fils : la levée du secret sur les dépenses de l’ex-président brésilien Jair Bolsonaro a mis au jour des frais invraisemblables.

Les relevés de compte de la carte de crédit présidentielle sur ses quatre années de mandat (2019-2022) ont été publiés sur un site en ligne officiel du gouvernement de gauche de Luiz Inacio Lula da Silva, son successeur, qui a commencé à lever un secret imposé pour 100 ans par son prédécesseur d’extrême droite sur des milliers de documents officiels. Au total, 27,6 millions de réais (près de cinq millions d’euros au taux de change actuel) ont été dépensés avec cette carte, utilisée par 21 personnes de son équipe.

Si l’on prend en compte les montants corrigés de l’inflation, ces dépenses sont presque deux fois moindres que celles du premier mandat de Lula (2003-2006). Mais dans le cas de ce dernier, elles concernaient surtout des coûts d’hébergement pour des voyages à l’étranger. Ce qui n’est pas le cas de Jair Bolsonaro, qui en outre s’était targué à plusieurs reprises au cours de son mandat de ne pas avoir déboursé « un seul centime » avec la carte de crédit présidentielle, contrairement à ses prédécesseurs.

De quoi commander plus de 2 000 fois le plat le plus cher

Le site internet d’informations Uol a par exemple relevé qu’1,2 million de réais (environ 217 000 euros) avaient été dépensés au cours des 28 jours de vacances de fin d’année officielles de l’ex-chef de l’État en 2019, 2020 et 2021. Un paiement de plus de 71 000 réais (près de 13 000 euros) a par exemple été effectué le 2 janvier 2022 dans une station-service de l’État de Santa Catarina, où Jair Bolsonaro avait suscité un tollé en faisant du jet-ski pendant que de terribles inondations touchaient plusieurs régions de son pays.

La carte de crédit présidentielle a également servi à payer 1,46 million de réais (plus de 230 000 euros) en quatre ans dans un hôtel de luxe de Guaruja, une station balnéaire près de São Paulo. Selon le site en ligne G1, cet hôtel hébergeait des membres de son équipe pendant qu’il séjournait dans un complexe militaire.

La plus grosse dépense en alimentation est également celle qui pose le plus de questions : 109 266 réais (environ 20 000 euros) déboursés en une seule fois dans un modeste restaurant de Boa Vista, dans l’État amazonien de Roraima (nord). De quoi commander plus de 2 000 fois le plat le plus cher, du poulet rôti avec de la farine de manioc, au prix modique de 50 réais (neuf euros).

La carte de crédit présidentielle a également servi à payer plus de 362 000 réais (65 000 euros) en quatre ans dans une boulangerie de Rio de Janeiro, dont 55 000 en une fois le lendemain du mariage de son fils Eduardo et 33 000 la veille d’un cortège à moto organisé par ses sympathisants dans les rues de cette ville. Au total, 8 600 réais (environ 1 500 euros) ont été dépensés chez des marchands de glaces, soit 62 achats dans cinq établissements.

Et puisqu’un ennui n’arrive jamais seul, un projet de décret retrouvé chez l’ancien ministre brésilien de la Justice de l’ex-président Jair Bolsonaro devrait compliquer encore un peu plus le cas du président déchu.

Un document accablant pour les bolsonaristes

Selon le quotidien Folha de S. Paulo, ce document prévoyait des mesures d’urgence qui auraient pu permettre l’annulation du résultat de l’élection remportée par Lula. Très compromettant, le projet de décret a été retrouvé lors de perquisitions de la Police fédérale au domicile d’Anderson Torres, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt d’un juge de la Cour suprême pour « collusion » présumée dans l’assaut de bolsonaristes contre les lieux de pouvoir à Brasilia dimanche.

Le texte de trois pages, dont le contenu a été publié par le journal vendredi, prévoit que le gouvernement fédéral prenne le contrôle du Tribunal supérieur électoral (TSE), qui veille à la bonne marche du scrutin, « pour assurer la préservation et le rétablissement de la transparence, et approuver la régularité du processus électoral de la présidentielle de 2022 ». Une mesure jugée anticonstitutionnelle par de nombreux juristes. Dans la pratique, cela signifie que l’intention aurait été d’annuler l’élection de Lula.

Selon la Folha de S.Paulo, qui a révélé le scandale, ce brouillon pourrait être le premier élément de preuve irréfutable que l’entourage de Jair Bolsonaro préparait un coup d’État en cas de défaite. Car si le document n’est pas daté, mais le nom de Jair Bolsonaro se trouve à la fin, sur un espace prévu pour sa signature. (…)

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Au Brésil, un ministre de Jair Bolsonaro au cœur de révélations compromettantes
(Le Monde/AFP – le 13 janvier 2023)

Selon le quotidien « Folha de S. Paulo », un document retrouvé chez l’ancien ministre de la justice de l’ancien président brésilien constituerait la preuve d’une éventuelle préparation d’un coup d’Etat par le camp bolsonariste.

L’ex-président du Brésil Jair Bolsonaro et son ministre de la justice, Anderson Torres, à Brasilia, le 27 juin 2022. EVARISTO SA / AFP

C’est un document très compromettant qui a été retrouvé chez un membre du gouvernement de Jair Bolsonaro. Un projet de décret qui aurait pu permettre l’annulation de l’élection de Luiz Inacio Lula da Silva à la présidence a été retrouvé lors de perquisitions de la police fédérale au domicile d’Anderson Torres à la suite de révélations du quotidien Folha de S. Paulo, jeudi 12 janvier.

Après ces révélations, l’ex-ministre de la justice de Jair Bolsonaro, actuellement aux Etats-Unis, était attendu de pied ferme vendredi par les autorités brésiliennes. Celui-ci fait l’objet d’un mandat d’arrêt d’un juge du Tribunal suprême fédéral pour « collusion » présumée dans les bolsonaristes qui ont pris d’assaut les lieux de pouvoir à Brasilia dimanche.

« Nous allons attendre qu’il se présente jusqu’à lundi. Si ce n’est pas le cas, nous lancerons la semaine prochaine la procédure de demande d’extradition », a annoncé vendredi Flavio Dino, ministre de la justice du président de gauche Lula, lequel a pris ses fonctions le 1er janvier.

M. Torres n’a cessé de clamer son innocence et a promis de rentrer au Brésil pour se rendre aux autorités, sans pour autant communiquer de date précise.

Une preuve de préparation d’un coup d’Etat ?

Le document de trois pages trouvé chez lui prévoit que le gouvernement fédéral prenne le contrôle du Tribunal supérieur électoral (TSE), qui veille à la bonne marche du scrutin, « pour assurer la préservation et le rétablissement de la transparence, et approuver la régularité du processus électoral de la présidentielle de 2022 ». Une mesure considérée comme anticonstitutionnelle par de nombreux juristes. Dans la pratique, cela signifie que l’intention aurait été d’annuler l’élection de Lula, qui a battu le président sortant d’extrême droite, Jair Bolsonaro, d’une courte tête le 30 octobre.

Selon Folha de S.Paulo, qui a révélé le scandale, ce brouillon pourrait être le premier élément de preuve irréfutable que l’entourage de Jair Bolsonaro préparait un coup d’Etat en cas de défaite. Le décret présidentiel – qui n’a jamais vu le jour – prévoyait la création d’une « commission de régulation électorale » pour remplacer le TSE, avec à sa tête une majorité de membres issus du ministère de la défense (8 sur 17). Le document n’est pas daté, mais le nom de Jair Bolsonaro se trouve à la fin, sur un espace prévu pour sa signature.

« Pendant que 33 millions de personnes souffraient de la faim, ils préparaient un coup d’Etat », a tweeté vendredi le sénateur de gauche Randolfe Rodrigues, leader du bloc parlementaire du gouvernement Lula à la chambre haute. « Cela montre que ce que nous avons vu le 8 janvier [l’invasion des lieux de pouvoir à Brasilia] n’était pas un acte isolé. [Le projet de décret] est l’un des maillons d’une chaîne putschiste », avait déjà déclaré Flavio Dino jeudi soir.

Un document « hors de son contexte »

La police fédérale a déclaré à l’Agence France-Presse qu’elle ne pouvait pas commenter une enquête en cours. M. Torres, qui se trouve aux Etats-Unis, a déclaré, jeudi soir sur Twitter, que ce brouillon se trouvait « probablement dans une pile de documents censée être détruite en temps voulu ». Selon lui, son contenu n’était pas supposé être divulgué et est jugé « hors de son contexte ».

M. Torres était déjà sur le sol américain quand plusieurs milliers de bolsonaristes ont envahi et saccagé le palais présidentiel, le Congrès et le Tribunal suprême fédéral dans la capitale brésilienne dimanche. L’ancien ministre occupait, depuis le 2 janvier, le poste de chef de la sécurité du district fédéral de Brasilia, mais il était parti en vacances juste après sa nomination. (…)

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