Situation des Droits de l’Homme au Pérou
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A deux mois du Sommet social des peuples « Enlazando Alternativas 3 », le gouvernement d’Alan Garcia fait monter la tension sociale et politique au Pérou.

Le mois dernier durant la grève nationale agraire, la police nationale a assassiné 5 personnes, alors que le ministre de l’Intérieur, Luis Alva Castro, a justifié devant le congrès de la République la répression des leaders paysans et indigènes. Cette criminalisation odieuse des luttes sociales a d’ailleurs été préparée depuis juillet 2007 par l’émission de décrets-lois qui offrent aux forces policières et militaires un véritable « droit de tuer » en les exonérant de poursuites judiciaires pour des tirs à balles réelles effectués contre les manifestations publiques.

C’est dans ce contexte que des membres de la Coordination Continentale Bolivarienne du Pérou ont été arrêtés par la police péruvienne lors de leur retour d’une rencontre internationale de syndicalistes, militants associatifs et politiques de gauche, tenue à Quito (Equateur). La police les accuse d’être des « terroristes », les suspectant de préparer des sabotages, à l’occasion du prochain Sommet social des peuples. Ces militants ont tous été envoyés dans un avion de l’armée à Lima pour être interrogés par la DINCOTE (Direction nationale contre le terrorisme), et cette garde à vue pourrait durer 15 jours.

En tant que France Amérique Latine, et aux cotés des autres membres du collectif « Enlazando Alternativas », nous demandons :

- que soit mis fin à ce climat de répression qui vise à empêcher l’expression démocratique du mouvement social, syndical et politique péruvien et que les décrets-lois institutionnalisant cette répression soient abrogés

- que les responsables des crimes commis durant la grève agraire nationale soient sanctionnés, à commencer par le ministre de l’intérieur, Luis Alva Castro

- que les militants de la Coordination Continentale Bolivarienne incarcérés la semaine dernière soient immédiatement remis en liberté

- que le gouvernement de l’APRA respecte les droits de l’homme et les droits collectifs du peuple péruvien

FAL interpellera en ce sens le Gouvernement français, les groupes parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que le Parlement européen pour qu’ils interviennent en ce sens.

Nous tenons également à renouveler notre appui aux organisations sociales péruviennes qui se mobilisent contre le modèle économique néolibéral et réitérons notre appel à participer au Sommet social des peuples organisé par le collectif « Enlazando Alternativas 3 » à Lima, du 14 au 17 mai 2008, en réponse au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement européens, caribéens et latino-américains.

D’autres relations Europe-Amérique latine sont possibles !

Voir : www.enlazandoalternativas.org

Mars 2008

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