🇺🇸 🇨🇴 🇭🇳 🇵🇦 Donald Trump déploie 600 soldats en Amérique latine : les dessous d’une offensive contre les cartels (Marion Prost – Le Figaro / Kenza Soares El Sayed -L’Express)
Les États-Unis renforcent en octobre leur présence militaire au Panamá, en Colombie et au Honduras pour lutter contre le narcotrafic. Les soldats doivent s’entraîner avec les armées locales.
Washington déploie 600 soldats en Amérique latine pour renforcer sa campagne contre les cartels de la drogue. Selon des responsables militaires américains interrogés par le New York Times, les premiers ont commencé à rejoindre le Panamá pour des entraînements en forêt tropicale. Ils doivent ensuite participer à des exercices avec les forces colombiennes et honduriennes. Certains pourraient aussi protéger des hélicoptères américains déjà employés dans la région en soutien aux forces spéciales, ou secourir ces dernières en difficulté.
Ces hommes appartiennent à un bataillon de la 10e division de montagne, une unité de l’armée basée à Fort Drum, dans l’État de New York. Leur déploiement accompagne un élargissement de la lutte militaire américaine contre le narcotrafic. Depuis le début de cette campagne, à l’automne 2025, l’armée américaine a mené 71 frappes contre des embarcations dans les Caraïbes et le Pacifique oriental, tuant au moins 239 personnes, rapporte le quotidien. Washington les accuse de transporter de la drogue, sans avoir présenté de preuves publiques à l’appui de ces accusations.
Le général Francis Donovan, qui dirige le commandement militaire américain chargé de l’essentiel de l’Amérique latine, prévoit désormais des frappes contre les trafiquants sur la terre ferme. Cela ne signifie pas que les 600 soldats seront chargés de les mener : les missions décrites concernent d’abord l’entraînement et un éventuel soutien aux opérations. Le Pentagone n’a pas confirmé le détail du déploiement. Il affirme vouloir travailler avec les armées partenaires, dont la Colombie et le Honduras, pour maintenir une «pression constante» sur les réseaux criminels.
La jungle et les travaux pratiques
Au Panamá, les soldats doivent rejoindre un nouveau centre d’entraînement en forêt tropicale. Aucun raid contre des trafiquants n’est annoncé pour ce bataillon dans le pays. Les séjours sont prévus pour une durée limitée, mais d’autres contingents pourraient ensuite prendre le relais et rendre cette présence régulière.
Le retour de militaires américains s’inscrit dans une histoire sensible : en 1989, les États-Unis avaient envahi le Panamá pour renverser Manuel Noriega, poursuivi pour trafic de drogue. Le déploiement actuel est cependant présenté comme une mission d’entraînement. Interrogées par le New York Times sur les projets américains, les autorités panaméennes n’ont pas répondu. (…)
(…) Lire la suite de l’article ici
Donald Trump déploie 600 soldats américains en Amérique latine : les dessous d’une offensive contre les cartels (Kenza Soares El Sayed -L’Express)
Invoquant « la lutte contre le narcotrafic », le Pentagone a annoncé la création d’un bureau chargé de coordonner des exercices avec les forces latino-américaines. Washington poursuit ainsi sa stratégie de « sécurisation » de l’hémisphère occidental. Les organisations de défense des droits humains redoutent que l’intensification de la campagne militaire de Washington ne mette en danger les populations civiles.

Adam Isacson ne se souvient « d’aucun déploiement de troupes américaines dans la région » d’une si grande ampleur, à part » en cas de circonstances exceptionnelles comme des invasions ou des catastrophes naturelles ». Cet expert américain des questions de sécurité en Amérique latine était interrogé par le New York Times. Selon le quotidien américain, 600 soldats vont être déployés dans l’hémisphère sud américain pour renforcer « la campagne des États-Unis contre le trafic de drogue dans la région », en coordination avec les forces locales.
Ces derniers appartiennent à une division formée au combat en montagne, et doivent être déployés dans un nouveau centre d’entraînement au Panamá. Ils se rendront ensuite en Colombie, puis au Honduras, pour des exercices conjoints avec les armées de ces pays. « Une partie de ces troupes pourrait être déployée pour renforcer la sécurité des hélicoptères américains présents dans la région », indique le New York Times.
Vingt millions de dollars
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a aussi récemment créé un bureau au Pentagone dédié à la lutte contre les cartels en Amérique du Sud. Le 11 septembre, ce dernier a obtenu un financement de 20 millions de dollars pour la mise en place de ce quartier général, qui devrait être dirigé par Edward M. Reeder Jr., un ancien commandant des forces spéciales en Afghanistan, désormais à la retraite. Ces annonces interviennent peu de temps après le transfert par le Pentagone de plusieurs drones MQ-9 Reaper d’Afrique vers la Colombie et l’Équateur.
En août, Washington a constitué une coalition militaire réunissant dix-neuf partenaires régionaux, dont les États-Unis, engagés à contribuer au démantèlement des cartels sous le slogan : « Nous faisons du mal aux méchants. » Mais pour l’heure, seuls quelques pays, dont la Colombie et le Honduras, ont officiellement accepté d’autoriser des opérations conjointes sur leur territoire. Cette coopération militaire suscite en effet des interrogations dans une région marquée par une longue histoire d’interventions américaines. (…)
(…) Lire la suite de l’article ici
Pour rappel, voir aussi :
– Opération Lance du Sud dans la Caraïbe : où en sont les promesses de Trump un an après ? (Christophe Ventura / IRIS)
– Les États-Unis coulent des bateaux de narcotrafiquants présumés au large de l’Équateur (France 24 / RFI)
– L’Équateur annonce des « opérations conjointes » avec les États-Unis pour lutter contre le narcotrafic (La Croix / AFP)
– Frappes étasuniennes en mer des Caraïbes (Huffington Post / Libération / Le Monde / AFP)
