🇻🇪 Venezuela: un dialogue inédit entre le chavisme et une partie de l’opposition doit s’ouvrir début août (Achim Lippold / RFI)
Une délégation de l’Assemblée nationale élue en 2015 rencontrera à Caracas des représentants du gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodríguez afin de lancer une série de consultations.

L’annonce a d’abord été faite par le président du Parlement, Jorge Rodríguez, puis confirmée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a assuré que Washington s’impliquerait « très activement » dans ce processus. Selon Marco Rubio, les deux parties sont convenues de mettre en place « un cadre de discussions » destiné à ouvrir un processus de réconciliation et de transition démocratique. Le chef de la diplomatie américaine a salué une initiative « dont le peuple vénézuélien a besoin ». Les États-Unis, qui avaient, comme une grande partie de la communauté internationale, contesté la présidentielle vénézuélienne de 2024 et, à l’époque, reconnu comme légitime l’Assemblée nationale élue en 2015, entendent jouer un rôle central dans cette nouvelle phase politique.
L’opposition représentée par Dinorah Figuera
L’accord a été annoncé conjointement par le Parlement contrôlé par le chavisme et par Dinorah Figuera, présidente de l’Assemblée nationale élue en 2015, la dernière reconnue comme légitime par une grande partie de la communauté internationale. Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale et frère de Delcy Rodríguez, a appelé à « avancer ensemble dans la reconstruction et le maintien de la paix ». Selon le communiqué du Parlement, l’agenda de travail donnera la priorité au « renforcement des institutions démocratiques », à la réforme du système électoral et au « rétablissement des garanties de participation politique », afin d’ouvrir « une nouvelle étape vers un Venezuela de progrès et de libertés ».
Revenue au Venezuela à la mi-juin après plusieurs années d’exil, Dinorah Figuera affirme vouloir bâtir « une feuille de route technique et politique » avec « des objectifs et des étapes concrètes » pour remettre le pays sur le chemin de la démocratie. Elle a également annoncé qu’elle convoquerait « tous les secteurs démocratiques » afin qu’ils prennent part au dialogue. Selon elle, les discussions devront permettre d’organiser des élections « libres, transparentes et crédibles », tout en garantissant pleinement la liberté d’expression et le droit à l’information.
Au sein de l’administration Trump, Marco Rubio est devenu le principal artisan de la politique américaine envers Caracas. Surnommé par certains le « vice-roi », il supervise le dossier vénézuélien et devrait conserver un rôle déterminant dans les négociations. Le Parlement vénézuélien a d’ailleurs publiquement remercié Washington pour son « accompagnement » dans les efforts de reconstruction du pays après les séismes du 24 juin et pour son soutien au renforcement des institutions démocratiques.
Un processus controversé
Cette initiative reste toutefois très controversée. Ni María Corina Machado, figure la plus populaire de l’opposition selon les sondages, ni Edmundo González Urrutia, que l’opposition considère comme le véritable vainqueur de la présidentielle de 2024, ne sont mentionnés dans l’accord. (…)
(…) Lire la suite de l’article ici