Invasion manquée au Venezuela (revue de presse)
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Au total, 45 personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans un débarquement les 3 et 4 mai à Macuto, à moins d’une heure de route de Caracas sur la côte caraïbe. Huit personnes y participant auraient trouvé la mort lors d’affrontements avec les forces vénézuéliennes. Le président Nicolás Maduro a comparé cette épisode à celui de la Baie des cochons à Cuba en 1961.

Que révèle l’opération « Gedeon » du 3 mai dernier ? (Le point de vue de Christophe Ventura / IRIS / 15 mai)

Image Getty

(…) Cet évènement s’inscrit dans une situation connue, celle de la profonde crise économique, sociale et politique du pays qui se prolonge, et dans un moment d’accélération de la dégradation des rapports entre Caracas et Washington. Il faut ajouter que cette incursion militaire avortée intervient après plusieurs autres tentatives et des préparatifs. En mars dernier déjà, l’ancien général vénézuélien en rupture, Clíver Alcalá, accusé de narcotrafic par les États-Unis, à qui il s’est finalement rendu, affirmait publiquement organiser des centres d’entraînement militaire en Colombie dans le but de préparer des opérations militaires au Venezuela. Il semble d’ailleurs être directement lié à l’opération « Gedeon ». Cet événement nous dit deux choses. Tout d’abord, la montée en puissance d’opérations de barbouzerie aux relais régionaux et internationaux – certes mal organisées mais répétées – comme mode de résolution de cette crise révèle le niveau de détérioration de la situation politique au Venezuela. C’est l’impasse. La violence politique se déploie lorsque les conflits politiques ne trouvent plus de cadres institutionnels dans lesquels se résoudre. Cela engage la responsabilité de l’ensemble des acteurs politiques vénézuéliens et du gouvernement. (…)

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Au Venezuela, des anciens Bérets Verts jouent aux mercenaires (Rosa Moussaoui / L’Humanité / 6 mai)

Une quinzaine d’hommes dont deux Américains, impliqués dans une tentative d’incursion armée, ont été capturés sur la côte caraïbe. Aux États-Unis, un ancien soldat des forces spéciales reconverti dans le mercenariat parle d’un « contrat » avec l’opposant Juan Guaidó. 

Cinq des hommes arrêtés (photo DR)

Pas de trêve pour les barbouzeries en temps de pandémie. Lundi, le président vénézuélien Nicolás Maduro faisait état de l’arrestation d’une quinzaine de personnes, dont deux ressortissants des États-Unis, accusés d’implication dans une tentative d’« invasion ». Sur la chaîne publique VTV, Maduro a brandi les passeports bleus des deux suspects étrangers arrêtés le jour-même, identifiés comme étant  Luke Denman, 34 ans, et Airan Berry, 41 ans, tous deux d’anciens soldats des forces spéciales américaines. Les autorités vénézuéliennes affirment avoir déjoué dimanche, dans l’Etat de La Guaira (Nord), à une heure de route de Caracas, un raid maritime présenté comme le prélude d’un « putsch » contre Nicolás Maduro.

Huit « terroristes » ont été abattus

Venus de la Colombie voisine à bord de vedettes rapides, une dizaine de « mercenaires » munis d’armes auraient tenté d’aborder les plages de Macuto. Lors de cette opération, huit individus, qualifiés de « terroristes », ont été abattus. Parmi ceux-là, un agent présumé de la Drug Enforcement Administration (DEA), l’agence fédérale américaine chargée de la lutte contre le narcotrafic, ainsi que l’homme présenté comme le chef du commando, Robert Colina, alias « Pantera ». Cet officier vénézuélien ayant fait défection est présenté comme un proche de Cliver Alcala Cordones, un ex-général de division de l’armée autrefois proche de Hugo Chavez, lui aussi en rupture de ban, inculpé en mars par la justice américaine pour « narcoterrorisme ».

Dans une autre opération lundi, à Chuao, toujours sur la côte caraïbe, un autre groupe d’hommes était capturé ; Adolfo Baduel, le fils d’un officier emprisonné, en faisait partie. Les autorités bolivariennes parlent de cette tentative d’incursion armée comme d’un complot « terroriste » fomenté avec l’appui de Washington par l’opposant de droite Juan Guaido, dont l’Europe et les Etats-Unis reconnaissent la légitimité depuis qu’il s’est autoproclamé « président en exercice » le 23 janvier 2019. Celui-ci aurait conclu avec ces « mercenaires » un « contrat » engageant la somme de 212 millions de dollars avec l’argent « volé à (l’entreprise publique pétrolière) PDVSA » et sur « des comptes bloqués à l’étranger », avance le procureur général Tarek William Saab.

Un ancien béret vert américain au centre de l’affaire

Au centre de cette accusation, un nom : celui de Jordan Goudreau, un ancien béret vert passé par l’Irak et l’Afghanistan, qui a fondé et dirige depuis deux ans une entreprise de sécurité « stratégique » privée, Silvercorp USA, basée en Floride. Sur les images publiées par le site de cette société, cet ancien des Forces spéciales se met en scène à l’entraînement, en opération ou en garde du corps cravaté pour célébrités. Dimanche, Goudreau est apparu dans une vidéo aux côtés d’un ex-officier de la Garde nationale vénézuélienne, Javier Nieto Quintero, pour revendiquer la responsabilité de « l’opération Gédéon », une incursion armée en territoire vénézuélien « par terre et par mer » impliquant une soixantaine d’hommes, pour la plupart des transfuges de l’armée vénézuélienne appuyés par deux vétérans des forces spéciales américaines. Dans ce message, les deux compères appellent les militaires vénézuéliens à rejoindre leur commando. (…)

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«Invasion déjouée» au Venezuela: deux Américains inculpés, SilverCorp au coeur de l’affaire (Benjamin Delille/ RFI / 9 mai)

Au Venezuela, l’opposition dirigée par Juan Guaidó est plus que jamais embarrassée. Une enquête du Washington Post révèle que plusieurs proches de Guaidó ont bien signé un contrat de 213 millions de dollars avec l’entreprise américaine SilverCorp.

L’opposant vénézuélien Juan Guaidó en Colombie, le 20 janvier 2020. Photo AFP

C’est cette entreprise qui a commandité la tentative d’intrusion maritime échouée le 3 mai dernier, qui a conduit à la mort de huit personnes et à l’arrestation de 31 autres, dont deux Nord-Américains.(…)

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Venezuela: une “baie des Cochons en mode stupide” ? (Camille Magnard / France Culture / 6 mai)

Caracas affirme avoir déjoué deux tentatives d’invasion paramilitaires par la mer. Parmi les “terroristes mercenaires” arrêtés se trouvent deux anciens soldats américains. Une société paramilitaire proche de Donald Trump semble impliquée.

Le porte-parole du gouvernement vénézuélien Jorge Rodriguez à Caracas le 05/05/2020
Crédits : Jhonn N Zerpa / Venezuelan Presidency – AFP

Ce matin, une certaine actualité sud-américaine en rappelle furieusement une autre, il y a près de soixante ans. C’était le 17 avril 1961, dans la baie des Cochons à Cuba : la tentative ratée de débarquement d’exilés cubains soutenus et armés par les États-Unis. Un fiasco qui devait rester dans l’histoire comme un camouflet pour l’Amérique et ses barbouzeries latino-américaines, mais qui avait à l’époque considérablement renforcé le régime de Fidel Castro… Eh bien, cette référence historique, elle surgit, forcément, quand on regarde ce qui s’est passé ces derniers jours au Venezuela.  

Prenons par exemple The Financial Times pour retracer l’action : le régime de Nicolás Maduro affirme avoir déjoué dimanche une tentative d’invasion par la mer ; huit hommes présentées comme des « terroristes, des mercenaires » à la solde des Américains et du leader de l’opposition vénézuélienne Juan Guaidó, ont été tués, alors qu’ils tentaient de débarquer près du port de Caracas.  

Selon Maduro, ces hommes étaient partis de Colombie où ils avaient préparé leur coup avec la complicité des autorités colombiennes, et ils avaient pour but de tuer le chef de l’État puis de renverser tout le régime vénézuélien. 

Le lendemain, lundi, une autre tentative d’incursion a été empêchée, et là au moins onze participants du commando ont été arrêtés ; parmi eux, note The Financial Times, se trouvaient deux citoyens américains, deux anciens Marines s’étant illustrés en Afghanistan et en Irak. (…)

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Au Venezuela, deux Américains arrêtés pour tentative d’invasion, Washington nie toute implication (France 24 / 5 mai)

Le Venezuela compte juger les Américains arrêtés (France 24 / 6 mai)

Nicolás Maduro montre les passeports des deux étasuniens arrêtés au Venezuela (6 mai 2020, Caracas. Photo Présidence vénézuélienne via Reuters)

Le président vénézuélien Nicolás Maduro a affirmé mercredi que les deux Américains arrêtés au Venezuela pour avoir tenté d'”envahir” le pays seraient jugés sur place. Washington souhaite rapatrier les deux hommes tandis que Moscou, allié de Caracas, se dit “pas convaincu” de la non implication des États-Unis dans l’opération. Luke Denman, 34 ans, et Airan Berry, 41 ans, deux Américains arrêtés lundi pour avoir tenté d'”envahir” le Venezuela, “ont été inculpés et ont avoué” avoir organisé l’opération, a déclaré Nicolás Maduro lors d’une conférence de presse, mercredi 6 mai. Les deux hommes, a poursuivi le président vénézuélien, “font l’objet de poursuites lancées par le parquet général de la République”. “Ils sont bien traités”, a assuré le dirigeant socialiste et “leur procès se déroulera avec les pleines garanties et de façon juste”. Un peu plus tôt, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, avait affirmé que Washington ferait tout pour rapatrier ces deux anciens membres des forces spéciales américaines (…)

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