Réponse du Bureau National de FAL à Maurice Lemoine

Mise au point: la situation des droits humains au Nicaragua et notre solidarité

Depuis quelques semaines, on voit circuler sur de nombreux sites, réseaux sociaux et listes de diffusion une lettre adressée par  Maurice Lemoine à France Amérique Latine, en réaction au communiqué adopté le 6 octobre 2018 par le Comité directeur de notre association, en relation avec la situation au Nicaragua. La majorité des membres du Bureau National a estimé nécessaire de préciser le point de vue de notre association et de répondre à Maurice Lemoine dans le texte ci-dessous. Par ailleurs, nous avons accédé à la demande de Maurice Lemoine de retirer son nom du comité d’honneur de FAL et nous lui avons proposé de rencontrer des membres de notre direction pour revenir sur ce désaccord et entamer un dialogue constructif. 

 

La situation des droits humains au Nicaragua continue à se dégrader dramatiquement, ainsi que la spirale répressive que vit le pays, avec plusieurs centaines de personnes assassinées ou disparues, depuis avril dernier. Il y a quelques jours, le comité directeur de FRANCE AMÉRIQUE LATINE a publié un communiqué qui a tenu à :

  • se solidariser avec les victimes et leurs familles.
  • exiger l’arrêt immédiat de la répression, le démantèlement des groupes para-policiers, la menée d’une enquête indépendante pour établir les responsabilités concernant les crimes commis.
  • exiger la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et l’apparition en vie des personnes disparues.
  • appuyer la reprise d’un dialogue incluant les mouvements sociaux.1

Cette prise de position claire, et en même temps unitaire, respectant les diverses sensibilités qui composent notre association, s’inscrit dans la droite ligne de ce qu’est France Amérique Latine depuis prés de 50 ans. Elle est aussi cohérente avec nos principes fondateurs : défense inconditionnelle des droits humains et du droit des peuples à disposer d’eux même, soutien aux luttes démocratiques et aux mouvements populaires face à l’autoritarisme, au capitalisme néolibéral et aux différentes formes d’ingérence étrangères.

Avec une telle position sur le Nicaragua, France Amérique Latine ne saurait être accusée, de “soutenir et encourager la déstabilisation au Nicaragua et en Amérique Latine” ou encore d’appuyer un virage conservateur en cours, ainsi que nous avons pu le lire dans un texte récemment publié et largement diffusé par Maurice Lemoine2. Favorables au débat politique, nous ne saurions accepter une lecture mensongère et calomnieuse de nos positions. C’est l’exact contraire que nous continuerons à défendre, alors que de grands dangers menacent la région, dont particulièrement la montée en force de courants d’extrême-droite, fascisants et violents, à l’image de ce qui se passe au Brésil. Cette affirmation solidaire internationaliste tient sa cohérence dans le refus de fermer les yeux sur les pratiques répressives ou autoritaires existantes d’où qu’elles viennent et quel que soit le gouvernement concerné.

Comme aimait à le répéter notre camarade, et co-président de FAL, Jean-Marie Héricher, récemment décédé, en reprenant la phrase célèbre d’un commandant sandiniste, « la solidarité est la tendresse des peuples ». Telle est et restera notre devise.

1 Voir notre communiqué sur la situation au Nicaragua 
2 Voir le courrier de Maurice Lemoine à France Amérique Latine

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