Chili: assassinat d’un comunero mapuche. Rassemblement à Paris 18 novembre 15h Place St Michel

Chili: Camilo Catrillanca Marín assassiné le 14 novembre 2018 par le Commando Jungla en territoire mapuche 

Manifestons, protestons contre le terrorisme d’état et exigeons: 
• la fin de la répression en Wallmapu
• le retrait des troupes du Commando Jungla qui occupe le territoire mapuche
• une enquête sur les faits et la responsabilité des policiers et de leur hiérarchie

RASSEMBLEMENT DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2018, À PARTIR DE 15 HEURES
Place Saint-Michel, face à la fontaine – Paris

Camilo Catrillanca Marín, âgé de 24 ans, est mort mercredi soir à Temucuicui, atteint d’une balle dans la tête tirée par des policiers au cours d’une opération du groupe « Tactico » connu sous le nom de Commando Jungla (*). Il était à ce moment en train de construire sa maison dans sa communauté. Camilo Catrillanca était le fils de Marcelo Catrillanca Queipul, dirigeant de la communauté Ignacio Queipul Millanao, et petit-fils du Lonko Juan Catrillanca Antón, de la même communauté. Il était aussi père d’une fille de 6 ans et d’un enfant à venir.

À l’âge de 15 ans, il a mené des mobilisations collectives pour la récupération des droits et de l’autonomie. En 2011, il a occupé pendant deux semaines, avec 30 autres adolescents mapuche, la municipalité de Ercilla « pour dénoncer le racisme et la discrimination dont sont victimes les jeunes Mapuche dans les  établissements d’enseignement, dénoncer aussi les contrôles incessants de la police qui les empêchent de circuler librement dans leurs communautés et l’impossibilité de faire appel à un État qui les réprime ». Selon le rapport de la Commission Éthique contre la Torture, publié cette année-là, cette occupation a eu lieu dans le cadre du mouvement étudiant qui se déroulait à la même époque au Chili. Ce rapport a indiqué aussi que Catrillanca soutenait les revendications en faveur d’une éducation gratuite et de qualité, mais avait souligné la nécessité d’une éducation interculturelle et appelé à la fin des “violences policières” dans la région.

Amnesty International a déclaré avoir “dénoncé la loi antiterroriste comme inapplicable au peuple Mapuche. Le Chili doit veiller à ce que personne ne perde la vie de cette manière et enquêter immédiatement sur ces faits. La persécution et la criminalisation du peuple Mapuche doivent cesser immédiatement”, a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice pour les Amériques d’Amnesty International.

Le CidSur (Centre de Recherche et de Défense Sud) a, pour sa part, “condamné et rendu responsable de cette mort l’État chilien alors qu’il organise une chasse au peuple mapuche à travers la militarisation du territoire menée par l’équipe tactique de guerre (qu’est le Comando Jungla), ce qui n’a rien à voir avec la situation réelle des communautés. La poursuite des délits commis contre les biens ne peut pas se faire au détriment de la vie des gens. Aujourd’hui l’État a financé la mort d’un Mapuche en utilisant une force disproportionnée dans la poursuite de délits dans les communautés », a ajouté l’organisation.
Le sénateur Francisco Huenchumilla a également rejoint la critique de la politique répressive du gouvernement : « la mort de Camilo Catrillanca est le résultat de la décision politique irresponsable de constituer un groupe militaire entraîné dans un pays étranger où existe une guerre interne, le terrorisme et le trafic de stupéfiants, ce qui n’a rien à voir avec les conflits sociaux de la région de l’Araucanie ».

Près de 5 000 personnes se sont rassemblées le 15 novembre à partir de 19h30 au centre de Santiago du Chili pour protester contre l’assassinat dans sa communauté de Camilo Catrillanca par des agents du Comando Jungla (*).

(*) Commando de gendarmes présenté en juin dernier à la presse par S. Piñera. Ce commando a été entraîné plusieurs mois dans des unités spéciales antiterroristes et anti-narcotrafic en Colombie et est destiné à stationner et opérer dans la région de l’Araucanie.

Terre et Liberté Wallmapu

 

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