🇸🇻 Au Salvador, des proches de détenus dénoncent les procès de masse (RFI / AFP)


Des proches de détenus au Salvador ont manifesté dimanche 15 février à San Salvador contre les procès de masse, craignant qu’ils n’entraînent la condamnation d’innocents pris dans les filets de la guerre menée par le président Nayib Bukele contre les gangs criminels.

Une proche de détenue manifeste contre les procès de masse organisés dans le cadre de la chasse aux gangs faite par le président Bukele, le 15 février 2026. © Marvin Recinos / AFP

Scandant des slogans comme « Nous défendons les innocents, pas les criminels ! » ou encore « Non aux procès de masse, oui au respect des procédures légales ! », une centaine de manifestants ont défilé sans incident dans la capitale du Salvador.

Avec quelque 90 000 personnes détenues dans le pays depuis 2022, le bureau du procureur général prévoit de finaliser environ 3 000 mises en accusation dans les prochains mois contre des membres présumés de gangs, qui seraient jugés collectivement. Mais selon les organisations de défense des droits humains, ce choix entraînera la condamnation de milliers d’innocents, craignent-ils.

« Ils veulent condamner des innocents pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Pour des crimes commis par un gang », a déclaré à l’AFP Samuel Ramírez, dirigeant du Mouvement des victimes du régime (Movir). Organiser des procès de masse, « c’est condamner les innocents au même titre que les coupables et bafouer les garanties » d’un procès équitable, a souligné à l’AFP l’avocat Félix López, dont le fils en prison depuis un an clame son innocence. « Ce qui est juste, c’est de traiter chaque cas individuellement », a-t-il ajouté. Ana Rodríguez, femme au foyer de 58 ans, a manifesté pour exiger la libération de son fils et de sa belle-fille qui, selon elle, font partie des victimes collatérales de la lutte contre les gangs.

Avec la chute historique du nombre d’homicides, Nayib Bukele est devenu très populaire, mais sa politique contre les gangs est critiquée par des ONG comme Amnesty International et Human Rights Watch, car elle autorise des arrestations massives sans mandat dans le cadre de l’état d’urgence en vigueur depuis mars 2022. (…)

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Pour rappel, voir :
Le Salvador prévoit d’organiser 600 procès collectifs pour des membres présumés de gangs / Détention préventive prolongée jusqu’en 2027 pour des milliers de prisonniers (RTBF)
Nayib Bukele, président tout-puissant du Salvador (reportage de Laurence Cuvillier et Matthieu Comin / Billet retour / France 24)
Le président du Salvador a transformé un des pays les plus violents en havre sécuritaire, mais à quel prix? (Alice Belkacem / Slate)
Salvador. Vivre sous Bukele (documentaire de Maxime Priou, Arthur Rayssiguier, Pierre Chabert / Arte)