“L’Amérique latine vit un moment très indéterminé et très volatile” (interview de Christophe Ventura par Pierre Jacquemain/ Regards)
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Entre les mouvements sociaux au Chili et en Équateur, la réélection de Morales en Bolivie, la présidence Bolsonaro, l’incertitude du scrutin uruguayen ou l’élection du péroniste Alberto Fernández en Argentine, la géographie politique se redessine en Amérique latine. Christophe Ventura, chercheur à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques), est l’invité de La Midinale.

VERBATIM

Sur la situation au Chili
« Il y a une lame de fond qui est désormais lancée. Personne ne sait où elle va s’arrêter y compris d’ailleurs les acteurs eux-mêmes. C’est une caractéristique de ces révoltes sociales que l’on voit un peu partout. »
« Le bilan est lourd de la répression : une quinzaine de morts, plus de 3500 personnes arrêtées, plus de 1100 personnes par balles. On déplore aussi des viols par les militaires dans plusieurs endroits du pays. »
« Il y a quelque chose de nouveau : c’est la puissance du mouvement. Jamais un mouvement social n’avait eu cette force au Chili. »
« La réponse du gouvernement s’est un peu inspirée d’Emmanuel Macron : à la fois la carotte et le bâton. À l’instar des gilets jaunes, le gouvernement a annoncé des mesures sociales et en même temps une répression du mouvement. »
« Sebastián Piñera va jouer maintenant sur l’envie d’ordre et chercher à diviser les classes moyennes par rapport à ce mouvement. »
« Ce qui se passe aujourd’hui au Chili n’indique pas que le mouvement va s’éteindre. Il est hyper puissant. »
« Il n’y a pas de logique sociologique dans l’organisation du mouvement. »

 Sur la responsabilité de la gauche en Amérique latine
« Les gauches au Chili ou ailleurs, peuvent accompagner ces mouvements, le cas échéant être dedans, mais elles n’en sont ni à l’origine, elles n’en sont ni le réacteur central ni la force qui l’organise, ni même la réponse politique. »
« Ce qu’on voit aujourd’hui partout, ça s’est passé au Brésil en 2013 avec les manifestations massives dans les rues contre la vie chère. »
« La gauche, surtout quand elle a pu être au pouvoir, ne part pas gagnante sur l’issue de ces mouvements. » (…)

(…) Verbatim complet à retrouver ici

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