Argentine : Sur le point d’autoriser l’avortement, mais que font ses voisins? (Julien Prouvoyeur/Libération)/ Vidéos
Imprimer

Les députés ont adopté jeudi un projet de loi en faveur de l’avortement, l’Argentine est donc sur le point de devenir le quatrième pays d’Amérique latine à le légaliser.

Le résultat du vote était encore incertain mercredi soir. Après vingt-deux heures de discussion et de débat, les députés argentins viennent pourtant d’adopter jeudi un projet de loi légalisant l’avortement durant les quatorze premières semaines de grossesse. D’une courte majorité, 129 voix «pour» contre 125 voix en faveur du «non». Ce texte doit encore passer devant le Sénat argentin, réputé conservateur, pour que l’interruption volontaire de grossesse soit officiellement légalisée dans le pays.

Source : Prensa Obrera

Deux camps s’opposent

«C’est le temps du droit des femmes», a célébré Silvia Lospennato, députée de Proposition républicaine, coalition des partis de droite dont beaucoup d’élus se sont pourtant opposés à la nouvelle législation. Pourtant, ce combat n’était pas gagné d’avance. Dans ce pays dont est originaire le Pape François, où le catholicisme est reconnu religion d’Etat et où 92 % de la population est de tradition catholique, l’Eglise a tout fait pour faire échouer ce projet de loi. Ce sont les évêques qui ont mobilisé leurs fidèles contre l’avortement, les appelant à manifester. Même le Pape François, pourtant très discret sur les décisions politiques de son pays, s’est exprimé sur le sujet. Il a adressé une lettre aux catholiques argentins, leur demandant de se rassembler contre l’avortement.

Face aux manifestants pro-vie, les partisans du texte se sont également mobilisés. Depuis des mois, les manifestations en faveur de l’avortement ont gagné de l’ampleur, soutenues par les associations féministes comme «#NiUnaMenos» («Pas une de moins» en espagnol) qui lutte contre les violences faites aux femmes. Des milliers de personnes s’étaient rassemblées devant le Congrès, à Buenos Aires, avec des foulards verts portant l’inscription «Éducation sexuelle pour décider, contraceptifs pour ne pas avorter, avortement légal pour ne pas mourir». Chaque année, plusieurs centaines de femmes décèdent suite à des complications liées à un avortement clandestin.

Un droit encore très limité sur le continent

L’Argentine vient de vivre un jour historique. Avant l’adoption de ce texte à l’Assemblée, les Argentines ne pouvaient avorter qu’en cas de viol ou de danger pour la femme enceinte. Cependant, l’avortement est encore largement illégal dans les pays voisins, même si la vie de la femme est en danger. C’est le cas au Nicaragua, au Honduras, à Haïti, en République dominicaine ou encore au Salvador où l’interruption volontaire de grossesse est interdite depuis 1997 et les femmes pratiquant un avortement clandestin, même à l’étranger, s’exposent à trente ans de prison. En août 2017, le Chili a tenté de franchir le pas et a assoupli la loi sur l’avortement sans pour autant le légaliser : le gouvernement a dépénalisé l’avortement sous trois conditions, aujourd’hui les plus répandues, seulement lorsqu’une grossesse résulte d’un viol, lorsque l’embryon n’est pas viable et quand la vie de la mère est en danger. (…)

(…) Lire l’article complet sur le site de Libé 

Lire également l’article du Monde

Videos en español

Imprimer