Brésil: l’éducation publique sous le feu d’artillerie lourde (Cleo Manhas/ Autres Brésils
Imprimer

Avec la Proposition d’amendements constitutionnels (PEC) du Pacte fédératif, le gouvernement promet des fonds et l’autonomie aux états et aux municipalités, mais ne fait qu’aggraver les reculs : il démantèle le budget des politiques éducatives et abolit les programmes qui combattent les inégalités en éducation.

Le démantèlement des politiques publiques garantes des droits s’inscrit dans une attaque néolibérale contre l’État, comme en témoigne l’approbation de l’amendement constitutionnel en ce qui concerne le plafond des dépenses et, plus récemment, la proposition d’amendement constitutionnel nommée PEC du Pacte fédératif. En plus des manifestations publiques quotidiennes contre les droits humains, la science et la pensée critique, organisées par des responsables gouvernementaux.

Photo : Igor Matias/ NINJA

En matière de politique éducative, l’intensité de l’attaque est notoire : les propositions telles que « l’école sans parti », en réaction à ce qu’ils appellent « l’idéologie du genre » et l’imposition de la militarisation des écoles en sont les exemples les plus connus. Dans le domaine budgétaire, il y a eu des attaques par le biais de contingentements et de retraits de moyens, comme le propose le projet Future-se, présenté aux universités comme une panacée, mais qui est, en fait, un moyen de permettre aux organisations sociales de gérer les universités publiques, avec les ressources provenant du marché. Une autre évidence du démantèlement de l’éducation est la proposition de fusionner les organismes de financement Capes et CNPQ, qui seraient sous la responsabilité directe de la Présidence de la République et non plus du ministère de l’Éducation ou du ministère des Sciences et des Technologies, créant ainsi une énorme anomalie pour le système.

L’attaque la plus récente est venue de la proposition d’amendement constitutionnel (PEC) 188/2019, appelée la PEC du Pacte fédératif, qui propose, entre autres, l’unification des budgets de la santé et de l’éducation. Aujourd’hui, les états consacrent au moins 12 % de leurs recettes courantes nettes à la santé (somme des recettes fiscales, des contributions foncières, industrielles, agricoles et de services, des contributions courantes, entre autres – moins ce qui reste aux états et municipalités par détermination constitutionnelle) et 25 % à l’éducation. Dans le cas des municipalités, les pourcentages sont respectivement de 15 % et 25 %. La PEC totalise les pourcentages (40%) de sorte qu’un maire pourra, par exemple, affecter 20% à la santé et l’autre 20% à l’éducation. La proposition provoquera un conflit de ressources entre ces domaines, les affaiblissant. (…)

(…) Lire la suite de l’article ici

Imprimer