🇧🇷 Brésil : effondrement imminent d’une mine de sel dans le Nord-Est, risque de tragédie urbaine (TV5 Monde / RTBF / Reporterre)


L’effondrement imminent d’une mine de sel à Maceio, dans le nord-est du Brésil, fait poindre le risque d’une immense tragédie urbaine selon les autorités et la population alentour a déjà été évacuée.

© Pierre Le Duff / Reporterre

Le maire de la capitale de l’État d’Alagoas Joao Henrique Caldas a fait état vendredi 1er décembre sur la chaîne CNN d’un danger “imminent” et de la plus “grande tragédie urbaine en cours dans le monde”.

D’après des responsables de la Protection civile, les mesures préventives ont permis de mettre les habitants à l’abri, mais elles n’éviteront pas la catastrophe écologique. Des milliers de familles ont encore été déplacées mercredi, un processus de relocalisation commencé en 2019 dès l’établissement des risques dans cette zone. Les quartiers menacés où vivaient quelque 55.000 personnes dans plus de 14.000 bâtiments d’habitation sont vides.

La majeure partie de la mine se trouve en dessous du niveau de la mer et son effondrement risque d’avoir des effets considérables sur l’environnement.

Pour expliquer le phénomène, la Protection civile a pris l’image d’un lavabo dont on enlève soudainement la bonde: une énorme quantité de sel va en effet se déverser d’un coup dans l’eau et perturber l’écosystème marin. Les mouvements de terrain autour de la mine ont accéléré son affaissement. Son niveau a baissé de 11,4 centimètres au cours des dernières 24 heures, toujours selon la Protection civile. Et depuis le 21 novembre, la zone s’est enfoncée d’1,43 mètre, indique la même source. (…)

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Brésil : une ville est menacée par l’effondrement imminent d’une mine (RTBF)

Dans le nord-est du Brésil, une partie de la ville de Macéio menace de disparaitre d’un instant à l’autre. La ville est construite sur une mine de sel qui menace de s’effondrer. Une menace imminente selon les autorités. Les explications de Luisa Gherdaoui et Corentin Laurent.

Brésil : une ville est menacée par l’effondrement imminent d’une mine (reportage de RTBF)

Au Brésil, des mines de sel font s’effondrer des quartiers entiers (reportage de Pierre Le Duff / Reporterre)

Au Brésil, des milliers de personnes ont déménagé depuis 2020 sous la menace d’effondrements dus au minage du sel. Encore non indemnisées, certaines familles réoccupent leurs maisons. Une mobilisation est prévue le 3 décembre.

Les quartiers évacués prennent l’allure de zones sinistrées où les plantes finissent par reprendre leurs droits. – © Pierre Le Duff / Reporterre

Muni d’un marteau et d’un burin, Ronaldo Ferreira vient à bout en quelques secondes du parpaing qui mure sa porte d’entrée. « J’ai été le dernier à quitter la rue et aujourd’hui, je suis le premier à réoccuper ma maison », dit fièrement ce menuisier. Un groupe d’anciens voisins s’est donné rendez-vous pour l’aider, car il a fallu débroussailler à la machette la végétation qui, en à peine dix mois, avait complètement envahi l’accès à cette petite rue escarpée surplombant le quartier populaire de Bebedouro et la lagune de Mundaú.

De 1976 à 2019, 35 gisements de sels ont été exploités sous la lagune et les quartiers avoisinants pour les besoins d’une usine de chlore et de soude caustique. Le complexe industriel appartient aujourd’hui au groupe pétrochimique Braskem, l’un des leaders mondiaux du secteur, et ses principaux actionnaires sont le géant public pétrolier Petrobras, et le poids lourd du BTP Odebrecht, rebaptisé Novonor. 

En 2018, après de fortes pluies, un séisme de magnitude 2,5 a frappé Maceió. Quelques jours plus tard, des fissures sont apparues sur les murs des habitations et de petits effondrements ont formé des trous dans le sol des quartiers longeant la lagune. En janvier 2021, Braskem a signé un accord devant la justice fédérale prévoyant l’évacuation d’une zone à risque recouvrant 4 % de la zone urbaine de Maceió, et la création d’un fonds de compensation financière pour les habitants, et non d’indemnisation, car la firme ne reconnaît pas sa responsabilité dans le phénomène « géologique » d’affaissement du sol.

La route se creuse par endroits. © Pierre Le Duff / Reporterre

Aujourd’hui, près de 97 % des habitants ont abandonné leurs biens immobiliers, mais la moitié des plus de 14 000 propriétaires n’ont toujours pas été indemnisés. C’est le cas de Ronaldo et de ses voisins. Excédés par cette lenteur, ils regrettent d’avoir accepté de partir et réoccupent aujourd’hui les lieux. Qu’importe le risque d’effondrement du sol dû à l’érosion du sommet des cavités creusées par les puits de forage, qu’on distingue à l’horizon.

Diana Lucas, voisine de Ronaldo, entend, elle aussi, se réinstaller dans les prochains jours. Elle n’était pas chez elle le 3 mars 2018, quand le séisme a été ressenti. « Peu de temps après, un liquide à l’odeur de vinaigre a commencé à apparaître aux jointures de mon carrelage tout neuf. C’était de la saumure », assure-t-elle, décrivant le liquide salé aspiré par les tubes de forage, après l’injection d’eau douce dans la couche de sel à plus de 900 mètres de profondeur.

© Pierre Le Duff / Reporterre

« Ils nous tuent à petit feu », dénonce Diana, émue aux larmes à l’évocation de son père, qui a fini par accepter une compensation au rabais par peur de mourir sans être indemnisé. Toute la famille qui occupait huit maisons dans la même rue est aujourd’hui éparpillée en périphérie de Maceió, chassée par la spéculation immobilière. Avec l’aide d’urgence équivalente à 150 euros par mois, sa tante Jandira, une femme frêle au regard triste, n’a pu louer qu’un minuscule appartement inadapté aux besoins de sa mère alitée.

Soudain, le bourdonnement d’un drone alerte le groupe. Vingt minutes plus tard, les agents de la protection civile municipale sortent timidement de leur véhicule. « Nous sommes juste là pour vous prévenir du risque encouru », avertissent-ils, du ton le plus conciliant possible. Ils savent que la grogne monte dans les rangs des sinistrés, méfiants à l’égard de la protection civile qui a signé un accord de coopération avec la multinationale. (…)

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