Colombie : Alvaro Uribe libéré mais pas sorti d’affaires (Anne Proenza / Libération)
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L’ex-président colombien avait démissionné de son poste de sénateur pour être jugé plus rapidement. La figure de la droite dure colombienne est mise en cause dans diverses affaires, notamment un massacre commis par des paramilitaires en 1997.

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La stratégie de l’ancien président colombien Alvaro Uribe (2002-2010) a payé : un peu plus de deux mois après avoir été assigné à résidence par la Cour suprême de justice dans une affaire de faux témoignages impliquant des paramilitaires, l’ancien homme fort du pays, âgé de 68 ans, a été remis en liberté ce samedi par un tribunal de Bogotá. Le leader de la droite dure colombienne et actuel mentor du président Ivan Duque n’avait pas hésité à démissionner le 18 août de son poste de sénateur afin que son cas soit remis à la justice ordinaire qu’il savait lui être plus favorable. Son premier tweet, dégainé à l’issue de l’audience virtuelle que tous les Colombiens pouvaient suivre en direct, se passe de commentaire : «Gracias a Dios.» Tandis que Donald Trump, qui a déjà plusieurs fois introduit la Colombie dans sa campagne électorale, a sur le même réseau social très vite félicité ce «héros» et «allié dans la lutte contre le castrochavisme», l’éternel repoussoir de la droite latino-américaine.

«Un Uribe meurtri»

La nouvelle était si prévisible que la plupart des voix de l’opposition ont appelé calmement à respecter la décision de la justice, pendant que les partisans d’Alvaro Uribe se réjouissaient plutôt discrètement dans ce pays réputé si polarisé, heureux que leur leader puisse désormais se défendre «en liberté». Car la juge qui a annulé la détention provisoire d’Alvaro Uribe a aussi clairement énoncé qu’elle ne remettait pas en cause le fond de l’affaire pour laquelle la Cour suprême avait décidé son assignation à résidence. Et les enquêtes de la justice vont donc se poursuivre.

Comme l’a résumé l’éditorialiste Daniel Samper Ospina, «c’est un Uribe meurtri qui recouvre la liberté, il a dû démissionner du Sénat pour échapper au procès, est devenu le premier ex-président à être arrêté et a vu de ses propres yeux que le pays ne s’arrêtait pas pour autant, et que le soleil continuait à briller. Pas grand-chose à fêter». Le temps de l’omniprésence d’Uribe semble bien révolu. (…)

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