Festival. Le meilleur du cinéma colombien a rendez-vous à Paris (Sabine Grandadam/ Courrier International)
Imprimer

Chaque année, le Panorama du cinéma colombien propose au public parisien de découvrir en exclusivité des films de Colombie et d’autres pays d’Amérique latine. Organisée du 6 au 12 octobre, la 8e édition s’annonce foisonnante, malgré le contexte sanitaire. Sébastien Coral, l’un des organisateurs du festival, a répondu à nos questions.

Le film Tantas Almas, du réalisateur colombien Nicolás Rincón Gille, ouvrira l’édition 2020 du Panorama du film colombien. Photo Le Chien qui aboie.

Sabine Grandadam pour Courrier International : Comment est né le Panorama du cinéma colombien?

SÉBASTIEN CORAL. Nous étions une bande d’étudiants en cinéma à Paris, des Colombiens aficionados qui dévorions sur DVD les films que les uns ou les autres ramenions du pays. En 2009, nous avons créé l’association Le Chien qui aboie (“El perro que ladra” en espagnol) avec l’envie de partager la richesse du cinéma latino-américain avec un public plus large. Et en 2013, nous avons lancé la première édition du Panorama du cinéma colombien grâce au soutien de prestigieuses salles indépendantes à Paris, Le Reflet Médicis (dans le Ve arrondissement) et L’Arlequin (VIe), qui nous accueillent.

Comment se présente cette 8e édition du Panorama, plutôt particulière dans ce contexte de pandémie?

Croyez-moi, ce 8e Panorama est foisonnant. Précisément parce que le confinement et la limitation des déplacements ont donné du temps à notre collectif pour voir de nombreux films – tous datant de moins de deux ans – et d’en débattre longuement avant de proposer une programmation de 49 œuvres. Le temps suspendu nous a permis d’aller au fond de nos discussions, et c’est un défi de se mettre d’accord ! Toutefois, certaines œuvres, comme les fictions qui sont à l’honneur en ouverture (Tantas almas, de Nicolás Rincón Gille) et en clôture de la semaine (Los conductos, de Camilo Restrepo) ont recueilli un consensus absolu. Tout comme, dans la section parallèle sur le cinéma d’autres pays d’Amérique latine, qui ouvre cette année une fenêtre sur le Venezuela, les trois films très forts qui explorent le thème de la frontière et des relations tumultueuses entre nos deux pays.

Êtes-vous soutenus dans cette aventure, en France et en Colombie ?

Le festival reçoit des subventions modestes et se finance par la billetterie. La Ville de Paris nous soutient depuis 2017, et en Colombie l’agence de promotion du cinéma colombien à l’étranger, Proimágenes, finance depuis 2016 les déplacements à l’étranger de réalisateurs à l’occasion de festivals comme le nôtre. Notre initiative est désormais bien identifiée dans le circuit des subventions colombiennes. La Colombie s’est dotée en 2013 d’une loi pour promouvoir sa production audiovisuelle, et ses effets sont considérables sur la réalisation de films. Malheureusement pas sur leur distribution, qui reste très restreinte dans le pays. À l’étranger, la distribution reste limitée mais connaît un essor depuis 2015. Rappelons par exemple la Caméra d’or à Cannes pour La Terre et l’Ombre, de César Acevedo, les films de Ciro Guerra [L’Étreinte du serpent ou Les Oiseaux de passage] ou encore, cette année, le succès de Monos, sorti juste avant le confinement.

Et malgré la réduction d’un tiers du nombre de places disponibles dans les salles [à cause des mesures de distanciation sociale], nous attendons le public parisien, qui démontre toujours un esprit curieux et ouvert à l’égard du cinéma latino-américain, sans forcément en connaître les contextes. Année après année, la fréquentation de notre festival augmente, et je pense que le public de fidèles aura envie de venir malgré tout. En revanche, le festival ne pourra pas faire de tournée en région cette année.

Le conflit armé en Colombie reste un thème prédominant de sa filmographie. Vous évoquez des “films racines” liés aux questionnements propres à ce pays.

Malheureusement, quand on parle de la Colombie, le conflit armé est souvent un thème récurrent. Mais précisément, nous attendons de ces films un traitement nouveau, quelque chose qui confine à l’universel. (…)

(…) Lire la suite de l’article ici


La 8e édition du Panorama du cinéma colombien a lieu à Paris, du 6 au 12 octobre. Programme et infos à cette adresse.

Le site de l’association Le Chien qui aboie.

Imprimer