Lettre au Ministre des Affaires Etrangères sur le Pérou
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Après la vive émotion ressentie à l’annonce de la répression sanglante de Bagua à l’encontre des communautés indigènes de l’Amazonie péruvienne, FAL a été informée, par un câble de l’Agence de Presse espagnole EFE du 10/06/2009 02:07, que M. Alberto Pizango Chota, Président de l’Association Interethnique de développement de la Forêt péruvienne (AIDESEP) avait sollicité, auprès de l’Ambassade de France à Lima, le refuge politique.

En effet, pèsent sur lui des accusations de rébellion et de sédition lancées par la Police de la Sécurité péruvienne ainsi que des menaces de mort.

Le gouvernement français, selon le même câble, aurait rejeté sa demande au motif, que d’une part il ne serait pas poursuivi pour motifs politiques et que d’autre part, existent au Pérou les garanties d’un procès équitable, principalement depuis la condamnation de l’ancien président de la république, Alberto Fujimori.

Notre association s’indigne du contenu, tel qu’exposé, de cette double motivation.

En effet, comment qualifier autrement que de politique, l’action menée par M. Alberto Pizango Chota pour la préservation des droits des communautés indiennes et de la forêt amazonienne ?

En niant ce caractère le gouvernement français fait siennes les qualifications pénales retenues par la Police de la Sécurité péruvienne et le relais de la politique de criminalisation des protestations sociales du peuple péruvien par le gouvernement d’Alan Garcia.

En deuxième lieu, comment prétendre que M. Alberto Pizango Chota jouira d’un procès équitable lorsque la réponse du gouvernement péruvien à la dernière manifestation indienne qu’il dirigeait, a été d’ordonner d’ouvrir le feu ?

Nous ne pouvons ignorer que depuis la décision prise par le gouvernement d’Alan Garcia de livrer la forêt amazonienne aux entreprises forestières et minières au mépris des lois protégeant les populations y vivant et de la protection de l’environnement, les opposants font l’objet de persécutions incessantes.

C’est pourquoi France Amérique Latine a envoyé ce jour une lettre à Monsieur Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères, afin qu’il fasse en sorte que la France concourre à assurer la protection physique de M. Alberto Pizango Chota et des autres dirigeants sociaux persécutés.

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