Le pétrole iranien au Venezuela: les dessous d’une manœuvre stratégique «face à un même adversaire». Entretien avec Christophe Ventura / Jean-Baptiste Mendès / Sputnik.
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L’arrivée de cinq pétroliers iraniens au Venezuela attise l’inquiétude de Washington, qui condamne le renforcement des échanges entre deux pays dans le viseur de ses sanctions internationales. Selon Christophe Ventura, spécialiste de l’Amérique latine à l’IRIS, la situation est directement imputable aux États-Unis.

© REUTERS / Manaure Quintero

Le premier des cinq pétroliers iraniens est arrivé ce 25 mai à la raffinerie d’un port vénézuélien, s’est félicité le ministre du Pétrole, Tareck El Aissami sur son compte Twitter. 1,5 million de barils de carburants et de dérivés vont ainsi être livrés au Venezuela où les pénuries d’essence se sont aggravées depuis la pandémie de coronavirus.

Ce 24 mai, lors d’une allocution télévisée, le président Nicolas Maduro a averti que Caracas ne s’agenouillerait pas «devant l’impérialisme américain». Ayant renforcé leur coopération depuis l’époque du président Hugo Chavez, l’Iran et le Venezuela sont deux pays particulièrement ciblés par les sanctions extraterritoriales américaines. Dirigeant le commandement Sud des États-Unis dans les Caraïbes, l’amiral Craig Faller a déclaré que Washington suivait «avec inquiétude» et condamnait cette livraison d’hydrocarbures.  

Sputnik a interrogé Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de l’Amérique latine, et l’auteur de L’éveil d’un continent: Géopolitique de l’Amérique latine et de la Caraïbe (Ed. Armand Colin).

Sputnik France: Alors que le Venezuela possède des réserves immenses de pétrole, pourquoi Caracas en importe-t-il?

Christophe Ventura: «Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte pour expliquer cette situation. Le premier, c’est que le Venezuela est le premier pays en termes de réserves pétrolières au monde, mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il s’agit d’un pétrole hyper lourd, qui nécessite un très gros travail de raffinage pour pouvoir être exploité à la consommation directe. (…)

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