🇻🇪 Séismes au Venezuela: un mois plus tard, où en est-on ? (RFI / France 24 / L’Humanité / Secours Populaire)


Le bilan des séismes qui ont frappé le Venezuela le 24 juin a dépassé la barre des 5 000 morts, des milliers de personnes sans abri et des dizaines de milliers de personnes disparues. Caracas a annoncé avoir obtenu une enveloppe de 346 millions de dollars du Fonds monétaire international pour financer la reconstruction. Alors que les secours manquent, les habitants eux-mêmes fouillent les décombres pour tenter de retrouver leurs proches. La réponse de l’État s’appuie sur la solidarité et l’organisation populaire pour relever un défi dantesque. Revue de presse.

Séismes au Venezuela: plus de 5 000 morts, le FMI débloque des fonds (RFI avec AFP)

Le bilan des séismes qui ont frappé le Venezuela le 24 juin a dépassé, vendredi 17 juillet, la barre des 5 000 morts. Ce chiffre est toujours provisoire, trois semaines après la catastrophe qui a laissé des milliers de personnes sans abri. Caracas a annoncé avoir obtenu une enveloppe de 346 millions de dollars du Fonds monétaire international (FMI) pour financer la reconstruction.

Un prêtre catholique soutient un homme vénézuélien pleurant la mort de sa nièce de 17 ans, victime des deux séismes qui ont frappé le Venezuela le 24 juin 2026. Photo prise à La Guaira, le 17 juillet 2026.
Un prêtre catholique soutient un homme vénézuélien pleurant la mort de sa nièce de 17 ans, victime des deux séismes qui ont frappé le Venezuela le 24 juin 2026. Photo prise à La Guaira, le 17 juillet 2026. AP – Ariana Cubillos

Au moins 5 069 personnes ont péri lors des tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé, à 39 secondes d’intervalle, le nord du pays, et particulièrement l’État de La Guaira, selon un nouveau bilan publié par le président du Parlement, Jorge Rodriguez. Les secousses ont également fait 16 740 blessés. Le nombre de disparus, que les autorités n’évoquent pas, pourrait être de 50 000 d’après une estimation de l’ONU, réalisée au surlendemain du double-séisme.

Sous la violence des secousses, plusieurs centaines d’immeubles ont été endommagés, devenant pratiquement inhabitables, ou se sont totalement effondrés, principalement à La Guaira. Près de 20 000 personnes sans abri s’entassent désormais dans des camps de fortune érigés dans des stades, sur des places publiques et jusque sur les trottoirs de cette station balnéaire populaire, proche de la capitale Caracas.

Afin de financer les travaux de reconstruction, le Venezuela a obtenu du Fonds monétaire international (FMI) le déblocage de 346 millions de dollars, qui étaient auparavant gelés, l’organisme financier ne reconnaissant pas la légitimité de l’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro. (…)

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Séismes au Venezuela : les habitants fouillent les décombres à la recherche des disparus (France 24)

Le 24 juin, deux séismes d’une rare violence ont frappé le Venezuela, à quelques secondes d’intervalle. L’État de La Guaira, sur la côte caraïbe, est le plus touché : en quelques secondes, des immeubles entiers se sont effondrés. Des dizaines de milliers de personnes restent portées disparues. Alors que les secours manquent, ce sont les habitants eux-mêmes qui fouillent les décombres, à mains nues, pour tenter de retrouver leurs proches. Ils se surnomment les « taupes ». 

Reportage : Pascale Mariani, Maxime Pluvinet, Juan Orozco, Dali Vargas 

Reportage de France 24

« Nous déployons nos plus grands efforts pour aller de l’avant » (Luis Reygada / L’Humanité)

Au pays des « communes » bolivariennes, la réponse de l’État face aux séismes meurtriers du 24 juin dernier s’appuie sur la solidarité et l’organisation populaire pour relever un défi dantesque.

Un pompier de l’État de Cojedes (centre-ouest) avec deux habitants du quartier de Caraballeda (La Guaira), devant la cité OPPE 23 (grande mission Logement), le 20 juillet 2026. © Martin Lom – Secours populaire français

Paulo Quintero présente son bracelet violet et traverse le portail, un soldat lui prend le bras et l’aide à pénétrer dans l’enceinte de ce qui est, depuis maintenant plusieurs semaines, sa nouvelle maison. Comme 18 000 personnes dans La Guaira, le vieil homme, qui dépasse les 80 ans, a perdu la sienne avec le terrible double séisme qui a frappé l’État côtier, le 24 juin.

Il est maintenant logé dans un des 28 lieux adaptés dans l’urgence pour accueillir les réfugiés : l’école primaire Sainte-Edwige a été réquisitionnée, réaménagée et, au passage, rebaptisée « campement transitoire pour les personnes du troisième âge ».

Erika fait partie de l’organisation, elle scanne avec son mobile le QR code affiché côté rue pour montrer la liste des 78 résidents du centre d’accueil, mis en place moins de quarante-huit heures après le  tremblement de terre qui a ravagé la région. « Tout est informatisé ; l’attention portée aux résidents est intégrale – logement, santé, alimentation… – et géré par des membres du ministère des Aînés ainsi que par des membres de l’organisation de quartier. »

Le campement se trouve dans le district de Maiquetia, juste au-dessus de l’aéroport international, mais surtout sur le territoire d’une « commune ». Soit une de ces plus de 3 600 circonscriptions territoriales réparties à travers tout le Venezuela, et qui sont à la base du « pouvoir populaire », un des piliers du projet révolutionnaire bolivarien.

« Ce sont des espaces d’autogestion participatifs où nous nous organisons, entre voisins, pour décider et exécuter collectivement les projets locaux », expliquent fièrement les déléguées Jenny Hernandez et Kemberly Terceira. Elles ont cédé une grande partie de la « salle de quartier d’autogouvernement communal » à des membres des milices bolivariennes, des volontaires civils venus de tout le pays pour appuyer les forces armées déployées ici depuis la tragédie. (…)

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À la rencontre des sinistrés du séisme au Venezuela (Secours Populaire)

Le 24 juin dernier, il y a un mois, un double séisme a frappé le Venezuela, provoquant la mort de plusieurs milliers de personnes avec l’effondrement de près de deux cents édifices dans la zone côtière de La Guaira, au nord de Caracas. Le Secours populaire a dépêché une mission sur place, du 19 au 25 juillet, pour une première phase d’approche et d’évaluation, dans la perspective d’un engagement tourné vers le long terme avec les populations des territoires sinistrés.

Les habitants prêtent main forte aux secouristes pour déblayer les gravats et retrouver les corps des disparus. ©Martin Lom/SPF

Plus de 5 200 morts, 16 740 blessés, 23 820 personnes hébergées dans des refuges d’urgence, sûrement encore plusieurs dizaines de milliers de disparus… Le bilan humain du puissant double séisme qui a frappé le Venezuela le 24 juin dernier est dévastateur. Il s’explique par l’ampleur des dégâts provoqués par les deux violentes secousses successives, de magnitudes 7,2 et 7,5, qui ont frappé la région de la côte caraïbe à seulement 39 secondes d’intervalle. Sur la bande littorale de l’Etat de La Guaira, 10 kilomètres au nord de Caracas, près de 200 édifices se sont effondrés et plus de 650 autres ont subi des dégâts graves ou des effondrements partiels selon le dernier bilan des autorités.

Dans le quartier de Tanaguarena, des tours de logements sociaux où résidaient des centaines de familles se sont écroulées. « Mes proches habitaient dans cet immeuble ; sur les douze un seul a survécu », exprime Oscar en pointant du doigt une montagne de décombres sur laquelle secouristes et habitants du quartier continuent un travail de déblaiement qui semble titanesque. Originaire de l’Etat de Zulia, l’homme âgé d’une soixantaine d’années a parcouru plus de 500 kilomètres pour venir jusqu’ici et tenter de retrouver les siens. Trois corps n’ont pas encore été retrouvés. « Cet après-midi, nous avons sorti la dépouille d’une petite fille qui devait avoir sept ans. Il reste sûrement encore des centaines de personnes ensevelies sous les décombres rien que dans cette cité ».

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Voir également ces articles réservés aux abonné·es
Venezuela : un mois après le double séisme, la population « doit faire face à la catastrophe dans un contexte très hostile » (Luis Reygada / L’Humanité)
Au Venezuela, des centaines de milliers de sinistrés ont besoin d’aide humanitaire après les séismes : « On n’a plus aucun revenu » (Jean-Michel Hauteville / Le Monde)


Pour rappel, voir :
Venezuela : deux semaines après le tremblement de terre (revue de presse)
Tragique tremblement de terre au Venezuela (revue de presse)