🇺🇸 🇻🇪 Venezuela, le saut dans l’inconnu (Culture Monde / France Culture)


© Jimmy Villalta / VW Pics / Universal Images Group, Getty

Le 3 janvier 2025, le Président du Venezuela Nicolás Maduro était capturé et extradé de force aux États-Unis. Quel avenir pour une nation façonnée depuis un quart de siècle par un antagonisme structurel avec les États-Unis et par une expérience politique et idéologique singulière : le chavisme ?

Une émission de Julie Gacon. Les enjeux contemporains selon les pays et les régions du monde.

Premier épisode. Caracas sous la tutelle de Washington ?

Le 3 janvier 2025, les États-Unis capturaient le président vénézuélien, Nicolás Maduro, au terme de l’opération « Absolute Resolve ». Depuis, Washington entend exercer une pression directe sur le régime vénézuélien pour que celui-ci coopère davantage malgré vingt-cinq ans d’antagonisme.

Manifestation pro-Maduro contre l’intervention étasunienne, à Caracas, le 13 décembre 2025. ©AFP – Federico Parra

  • Christophe Ventura, journaliste au Monde diplomatique, directeur de recherches à l’IRIS, responsable du programme Amérique latine et Caraïbes
  • Serge Ollivier, historien, docteur de l’Université paris I panthéon-Sorbonne et enseignant au MRIAE (Magistère de Relations Internationales et d’Action à l’Étranger)
  • Iris Marjolet, doctorante à l’Institut français de recherche sur l’Asie de l’Est (Inalco/ Université de Paris/ CNRS), associée au centre Thucydide (Université Paris II Panthéon-Assas)

“Nous allons gouverner le Venezuela”, a déclaré Donald Trump au lendemain de la capture du président Nicolás Maduro par les forces spéciales. Les États-Unis exercent désormais une pression directe sur le pouvoir vénézuélien, allant jusqu’à revendiquer la mainmise sur la commercialisation du pétrole, ressource stratégique au cœur de la relation bilatérale. Mais l’arrestation de Nicolás Maduro n’a pas clos la crise : elle a ouvert une phase d’incertitude politique, marquée par une présidence par intérim de Delcy Rodríguez, dont la légitimité, la marge de manœuvre et la durée restent floues. (…)

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Deuxième épisode. Chavisme : ¿ basta la revolución ?

Delcy Rodríguez, qui a succédé à Nicolás Maduro, assure la continuité du régime chaviste. Malgré la libération de prisonniers politiques, aucune transition démocratique ne semble se dessiner. Le pouvoir privilégie sa survie tandis que l’opposition reste marginalisée.

Delcy Rodríguez, la présidente du Venezuela par intérim, s’exprime aux côtés du ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino, au palais présidentiel de Miraflores, le 4 janvier 2026. ©AFP – Marcelo Garcia / Miraflores press office

  • Yoletty Bracho, enseignante-chercheuse en science politique à l’université d’Avignon
  • Federico Tarragoni, professeur de sociologie politique à l’Université Caen Normandie et membre de l’Institut Universitaire de France
  • Rafael Pedemonte, historien, spécialiste de l’Amérique latine à l’Université d’Anvers

La capture de Nicolás Maduro n’a pas entraîné l’effondrement du régime chaviste. Le 6 janvier, sa vice‑présidente Delcy Rodríguez a été nommée présidente par intérim pour quatre‑vingt‑dix jours renouvelables. Figure centrale du pouvoir, idéologue aguerrie mais aussi pragmatique, elle incarne moins une rupture qu’une continuité assumée du régime autoritaire. Fille d’un militant révolutionnaire assassiné dans les années 1970, elle s’appuie sur le noyau dur du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) : son frère Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello au ministère de l’Intérieur, et Vladimir Padrino López à la Défense. Ensemble, ils constituent l’ossature d’un appareil d’État largement militarisé. (…)

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Troisième épisode. Pétrole : chronique d’un effondrement

Donald Trump l’a dit : la capture de Nicolás Maduro permettra de relancer l’exploitation du pétrole au Venezuela. Mais les infrastructures existantes sont en mauvais état, après des années de sous-investissement et de corruption.

Puits de pétrole à Maracaibo, au Venezuela. ©AFP - Federico PARRA
Puits de pétrole à Maracaibo, au Venezuela. ©AFP – Federico PARRA

  • Fabrice Andréani, chargé de cours à l’Université Lumière-Lyon 2
  • Isabelle Rousseau, professeure à l’université Colegio de México, coordinatrice du programme Énergie
  • Anne Péné-Annette, géographe française

Alors qu’il dispose des plus grandes réserves mondiales de pétrole et qu’il a connu entre les années 1970 et 1980 un développement accéléré grâce à son exploitation, le Venezuela connaît depuis plus d’une dizaine d’années une grave crise économique et son industrie pétrolière est quasiment à l’arrêt. Il faut dire que la gestion du pétrole depuis vingt-cinq ans révèle en creux les rapports complexes de l’État aux ressources, émaillés de clientélisme, de corruption et de dirigisme. (…)

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Quatrième épisode. Le grand exode des Vénézuéliens

Depuis 2014, huit millions de Vénézuéliens ont fui leur pays. L’exode, amorcé sous Hugo Chávez, s’est accéléré avec la crise économique. Après une phase d’accueil généreuse, les pays hôtes ont nettement durci leurs politiques.

Des citoyens vénézuéliens traversent le pont Simón Bolívar depuis San Antonio del Táchira au Venezuela vers la province colombienne de Norte de Santander, le 10 février 2018. ©AFP – George Castellanos

  • Lucie Laplace, chercheuse en science politique à l’Université Lumière Lyon 2, membre du laboratoire Triangle et chercheuse associée à l’Institut Convergences Migrations
  • Alexandra Castro Franco, juriste d’origine colombienne, docteur en droit de l’Université Paris-Panthéon-Assas, experte en droit international et en mobilités internationales
  • Thomas Posado, maître de conférences en civilisation latino-américaine contemporaine à l’Université de Rouen et chercheur à l’ERIAC (Équipe de Recherche Interdisciplinaire sur les Aires Culturelles)

Depuis une dizaine d’années, l’exode vénézuélien s’est imposé comme l’un des plus vastes mouvements de population au monde. Si les premières émigrations remontent à l’ère Chávez, c’est à partir de 2015, au cœur de l’effondrement économique, que le phénomène a pris une ampleur inédite. Près de huit millions de personnes, soit un quart de la population, ont quitté le pays. Les premières vagues concernaient surtout les classes moyennes et supérieures, avant que l’exode ne s’étende à l’ensemble de la société.

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