Chili: soulèvement populaire et répression (revue de presse)
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Le Chili vit actuellement un soulèvement insurrectionnel d’une ampleur inédite. Contestant d’abord l’augmentation du prix du ticket de métro, la révolte remet désormais en cause tout le système d’un pays qui, depuis la dictature de Pinochet, est un laboratoire du néo-libéralisme et où les inégalités sont parmi les plus fortes au monde. Malgré une répression très violente et la militarisation des grandes villes, la mobilisation ne faiblit pas. Dans ce dossier régulièrement actualisé, France Amérique Latine vous propose une compilation d’articles et de documents en français et en espagnol pour mieux comprendre la situation et suivre les événements. Les articles les plus récents sont en haut de page, après les communiqués.

Non à la répression contre le peuple mobilisé au Chili ! Lire le communiqué de solidarité de France Amérique Latine ici. ¡ No a la represión contra el pueblo movilizado en Chile ! Leer el comunicado de solidaridad de Francia América Latina aquí.

Lettre ouverte d’Amnesty International ici

Chili : le Parlement convoque un référendum pour remplacer la Constitution héritée de Pinochet (Le Monde/ 16 novembre 2019)

Après deux mois de contestation sociale, coalition gouvernementale et partis d’opposition sont parvenus à se mettre d’accord. Le référendum aura lieu en avril 2020 [….] Après plusieurs heures de négociations au Parlement, la coalition gouvernementale et les principaux partis d’opposition ont signé un « accord pour la paix et la nouvelle Constitution » qui prévoit un référendum comportant deux questions : l’une sur la révision ou non de la Constitution et l’autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, a expliqué le président du Sénat, Jaime Quintana, lors d’une conférence de presse. Cette seconde question devra déterminer quel organe sera en charge de la rédaction du nouveau texte : soit un Congrès mixte – idée soutenue par la coalition gouvernementale – composé à parts égales de membres élus à cette fin et de parlementaires en exercice, soit une assemblée constituante intégralement composée de membres élus à cette fin – idée soutenue par l’opposition. (…)

(…) Lire l’article ici

Chili, révolte ou révolution ? (reportage de Paul Cabanis et Ingrid Piponiot/ France 24)

Un reportage à retrouver ici

Chili. Amnesty International dénonce les violations des droits humains devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme

Les autorités chiliennes continuent de commettre des violations des droits humains de façon généralisée, montrant ainsi que le gouvernement du président Sebastián Piñera n’a pas pris de mesures efficaces pour faire face à la crise, a déclaré Amnesty International devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme lors d’une audience qui a eu lieu à Quito, en Équateur, le 11 novembre 2019. Amnesty International continue d’enquêter sur les graves violations des droits humains et les possibles crimes relevant du droit international commis dans le contexte des manifestations au Chili, mais les informations recueillies jusqu’ici permettent déjà de conclure de façon préliminaire qu’il ne s’agit pas de faits isolés et que le recours excessif à la force par les autorités chiliennes a été une constante. « Il est évident que le président Sebastián Piñera n’a pas pris toutes les mesures à sa disposition pour faire cesser les graves violations des droits humains et les possibles crimes relevant du droit international qui ne cessent d’être commis au Chili depuis le début des mouvements sociaux. La violente répression qui vise les manifestants persiste et pourrait même s’intensifier à la suite de la proposition de nouvelles mesures de sécurité émise par le président le 7 novembre », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice d’Amnesty International pour les Amériques. (…)

(…) Lire la suite de la déclaration ici

L’état du Chili et les droits humains : les éborgnés par la police (vidéo Nouvelles générations Chili)

L'état du Chili et les droits humains : les éborgnés par la police

Eborgnés, ils portent les marques indélébiles de la répression des forces de l'ordre chiliennes "Mon visage était couvert de sang", raconte Carlos Vivanco, 18 ans, qui a été éborgné lors d'une des manifestations qui secouent le Chili depuis quatre semaines. Il fait partie des quelque 200 personnes qui ont été blessées aux yeux à cause des balles tirées par les forces de police lors d'affrontements.AFP

Gepostet von Nouvelles générations Chili am Donnerstag, 14. November 2019

“On est dans une phase destituante contre le néolibéralisme et Piñera” (Franck Gaudichaud/ Propos recueillis par Jean Baptiste Thomas et Julien Anchaing. Révolution Permanente)

RPD : Selon les économistes et les analystes mainstream, le Chili était un véritable îlot de stabilité et de prospérité en Amérique latine. Au regard de la mobilisation actuelle, comment expliquer une telle explosion généralisée de colère ?

FG : On peut dire qu’effectivement les classes dominantes chiliennes ont vraiment vendu l’image d’un « Chili Jaguar », Chili modèle de croissance économique et de modèle tout-court pour l’Amérique latine. Sebastián Piñera, le président, parlait même d’un pays « oasis de stabilité » dans le concert latino-américain et moins d’une semaine après ces déclarations on assistait au début d’une mobilisation sans précédent et il déclarait à la télévision que le « pays [était] en guerre ». Cela montre bien que derrière la vitrine du Chili moderne et néolibéral, ce qu’il se cache c’est parmi les plus importantes inégalités sociales de la planète, et de la région notamment. La violence du capitalisme, tel qu’il s’est appliqué depuis 1973 avec la dictature, puis en 1975 avec le « tournant » néolibéral des « Chicago boys », s’est prolongée à partir des années 1990 sous les différents gouvernements civils (…)

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“Estamos en una fase destituyente contra el neoliberalismo chileno” (Franck Gaudichaud): leer el artículo en español aquí

Chili: des femmes défilent en silence pour les morts de la crise (La Presse / AFP)

Toutes vêtues de noir, silencieuses, plus d’un millier de Chiliennes ont défilé vendredi à Santiago pour rendre hommage aux personnes décédées dans la vague de contestation sociale qui secoue le pays depuis deux semaines. Elles ont rompu leur silence devant le palais présidentiel de La Moneda pour scander «Justice, vérité, non à l’impunité». Vêtues de noir, arborant des foulards blancs, les manifestantes ont rendu hommage aux Chiliens tombés pendant la contestation sociale (…)

 (…) Lire la suite de l’article et visionner une vidéo ici

Chili : « La classe travailleuse est en train de se constituer comme un acteur politique » (entretien avec Karina Nohales et Javier Zuñiga / Contretemps)

Karina Nohales fait partie de la Coordination féministe du 8M, et Javier Zuñiga milite dans le Mouvement pour l’eau et les territoires et dans Unité Sociale.

Où en sommes-nous de la mobilisation au Chili ? Comment la qualifier ? Hier, nous avons appris la démission du cabinet ministériel et la fin de l’état d’urgence. Qu’est-ce que cela signifie ? Comment a évolué Piñera, le président du Chili, face au mouvement ?

Javier Zuñiga (J. Z.) : Je pense que le pari de Piñera et de son gouvernement en ce moment résulte de leur prise de conscience que la réponse politique par l’état d’urgence pour contenir la mobilisation n’as pas fonctionné. Les mobilisations massives ont grandi de façon permanente (…)

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En pleine crise sociale, le Chili renonce à organiser la COP 25 (Nelly Didelot / Libération)

(…) Attendue depuis quelques jours, la nouvelle a fini par tomber ce mercredi : la COP 25 n’aura pas lieu comme prévu à Santiago, du 2 au 13 décembre. (…) Dans le milieu écologiste, la nouvelle a été accueillie avec un mélange de satisfaction et d’anxiété. «Une évidence ! La lutte contre le dérèglement climatique est un projet de paix et de justice sociale», s’est exclamé sur Twitter le député européen écologiste Yannick Jadot. «Il aurait été hypocrite que cette conférence se tienne dans un pays connaissant une telle répression criminelle [au moins 5 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre au cours des manifestations, ndlr]. La lutte climatique ne peut être séparée des luttes sociales», ont affirmé sur le même réseau les jeunes de Youth for Climate France. «Piñera faisait face à une forte pression internationale, il a préféré la faire diminuer en renonçant à accueillir ces sommets. Il sera désormais moins sous le regard du monde. On vient de perdre un levier important sur la manière dont le gouvernement chilien va répondre à ces manifestations», juge pour sa part Maxime Combes, porte-parole d’Attac (…)

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Sur l’abandon de la COP25: voir également un article de Reporterre ici

Dix-neuf morts, victimes de la répression (vidéo Le Vent se lève)

Le Chili est secoué depuis plusieurs semaines par une vague de manifestations historiques dirigées contre le gouvernement de Sebastian Piñera. À l’origine motivées par la hausse du prix des tickets de métro, elles ont fini par prendre pour cible le système néolibéral chilien dans son ensemble. Le gouvernement a durement réprimé ces manifestations ; près d’une vingtaine de morts est à déplorer.

CHILI : 19 MORTS VICTIMES DE LA RÉPRESSION

CHILI : 19 MORTS VICTIMES DE LA RÉPRESSIONLe Chili est secoué depuis plusieurs semaines par une vague de manifestations historiques dirigées contre le gouvernement de Sebastian Piñera. À l'origine motivées par la hausse du prix des tickets de métro, elles ont fini par prendre pour cible le système néolibéral chilien dans son ensemble. Le gouvernement a durement réprimé ces manifestations ; près d'une vingtaine de morts est à déplorer.Nicolas Netto Souza a couvert ces événements pour Le Vent Se Lève.📌 Guillaume Cagnin et Vincent Ortiz

Gepostet von Le Vent Se Lève am Samstag, 26. Oktober 2019

Le peuple chilien en guerre contre le néolibéralisme (Aude Martin / Alternatives Économiques)

Violemment réprimé, le vaste mouvement en faveur de la justice sociale qui secoue le « bon élève » de l’Amérique du Sud remet en cause trente ans de politiques inégalitaires. « No son 30 pesos, son 30 años » : On ne se bat pas pour 30 centimes, mais contre 30 ans… de néolibéralisme. Ce slogan, repris en chœur par les manifestants chiliens depuis maintenant plus d’une semaine révèle l’ampleur du désarroi dans lequel est plongé le pays, pourtant fréquemment présenté par les institutions internationales comme un exemple de stabilité sur le continent latino-américain. La hausse de 30 pesos (environ 4 centimes d’euros) du ticket de métro annoncée il y a dix jours par le président de droite Sebastián Piñera, de nouveau au pouvoir depuis mars 2018 après un premier mandat entre 2010 et 2014, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la colère (…)

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El despertar chileno: una lucha por la dignidad (Yasna Mussa/ RFI)

(…) Desde el viernes 18 de octubre, el sonido de las cacerolas parece ser el más habitual en las calles chilenas. Desde aquel mediodía soleado de primavera, algo cambió en el país. En cada esquina, de todos los barrios, personas de diferentes edades y realidades salían con cucharas de madera y cacerolas, multiplicándose y repitiendo al unísono: Chile despertó. Una de las que cargaba un letrero pidiendo salud pública y de calidad, es Sharon Olivares, una joven de Santiago que se ha sumado a las protestas de los últimos días: “Lo que nos convoca a todos hoy día yo creo que es lo mismo. El abuso del que ya estamos cansados, de que se rían en nuestras caras. Más que cualquier partido político, de derecha o izquierda, nos aburrimos de todos los abusos que le hacen al pueblo chileno: ya sea educación, salud pública, el transporte, que es lo que empezó todo esto, pero más que nada es la gota que rebasó el vaso” (…)

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Piñera, (in)digne héritier de Pinochet (Tribune de Olivier Compagnon, Chloé Nicolas-Artero et Manuel Suzarte , chercheurs au Centre de recherche et de documentation des Amériques (Creda), Paris-III / Libération)

Berceau et modèle de la globalisation néolibérale, le Chili doit être pensé comme un cas annonciateur des mutations politiques et sociales mondiales. Les investisseurs du monde entier et autres spécialistes du risque-pays le savent : le Chili est une valeur sûre. Depuis le «miracle économique» des années 70-80, enclenché par l’arrivée de jeunes économistes formés à l’université de Chicago dans l’entourage du général Pinochet, la «bonne gouvernance» n’y a pas connu d’écart majeur. Terrorisés par l’hypothèse d’un retour des militaires après une transition qui leur avait laissé des prérogatives exorbitantes, les démocrates-chrétiens au pouvoir dans les années 90 respectèrent les règles cardinales de la potion monétariste qui avaient transformé le Chili en un espace de croissance durable, épargné par le chômage de masse, alors que le Premier Monde sombrait dans une crise interminable au lendemain du choc pétrolier de 1973 (…)

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Chili. Des femmes arrêtées dénoncent des sévices sexuels et des menaces de viol (Celeste Murillo/ Révolution permanente)

Alors que se multiplient les arrestations et la chasse aux manifestants, des cas d’abus sexuels commis par les forces spéciales chiliennes et l’armée ont été révélés ces derniers jours. Dans le contexte de l’état d’urgence et du couvre-feu décrétés dans plusieurs villes, des informations circulent faisant état de multiples cas de violences extrêmes contre les femmes.De nombreuses plaintes déposées parlent de mauvais traitements, de passages à tabac, d’actes de torture et d’harcèlements sexuels, entre autres violations des droits individuels. La situation des femmes participant aux manifestations inquiète des organisations tel que le « Réseau chilien contre les violences faites aux femmes » [Red Chilena Contra la Violencia hacia las mujeres)]. Silvana del Valle, avocate de cette organisation, explique qu’il existe une histoire de la violence sexuelle et politique au Chili et en Amérique latine (…)

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Chile: denuncian abusos y amenaza de violaciones contra las mujeres detenidas (Celeste Murillo/ La Izquierda Diario)

Organismos de derechos humanos, organizaciones feministas y que defienden los derechos de las mujeres denuncian violencia y abusos sexuales contra mujeres detenidas en medio de la represión en Chile. (…)

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Un nouveau pays latino-américain en crise ? (Jean-Jacques Kourliandsky/ IRIS)

(…) Personne ne pouvait prévoir ce qui s’est passé la semaine dernière et aujourd’hui à Santiago et dans d’autres villes du pays. Il y a eu un élément déclencheur : l’augmentation du prix du ticket de métro, qui est passé de 800 à 830 pesos. Cela peut paraître dérisoire, mais c’est cet élément qui a fait exploser une situation qui avait déjà accumulé beaucoup de déficits sociaux pour les classes moyennes et les classes modestes du Chili depuis plusieurs années. On a oublié que le défi qui était posé à la société chilienne à la fin de la dictature n’était pas seulement de retrouver les voies d’une société démocratique, mais aussi de retrouver un service public de qualité et une démocratie sociale. Jusqu’à aujourd’hui, aucun gouvernement chilien n’a réussi à redonner le sens de la citoyenneté aux Chiliens, qui sont, de l’époque de Pinochet à aujourd’hui, toujours considérés comme des consommateurs. Les transports, la santé et l’éducation sont privés. Certes, il y a des bourses et des aides, mais elles ne compensent pas le déficit accumulé depuis la dictature (…)

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Carmen Castillo : « les multinationales possèdent tout : la terre, les montagnes, l’océan… » (Rosa Moussaoui / L’Humanité)

(…) L’Institut des droits de l’homme, un organisme d’État, a recensé cette semaine 18 morts et plus de 1000 arrestations. Des cas de torture ont été mis en lumière. Mercredi matin, lors de la manifestation autour du métro Plaza Baquedano, au centre de Santiago, on a découvert les traces d’un centre clandestin de torture. Des investigations sont en cours. Des protestataires ont, semble-t-il, été torturés dans une aile de la station de métro. La maltraitance est manifeste, les arrestations d’étudiants se multiplient, le déploiement de l’armée est pesant. La population est en alerte, des témoins filment les scènes de violences. À ce jour, le ministère de l’Intérieur se montre incapable d’établir un bilan précis, et même de publier les noms des personnes tuées. Mais ce qui est frappant, pour nous qui vivons ces évènements, c’est que cette répression n’arrête rien. Ils ne parviennent pas à susciter le  repli. Le déploiement d’une armée prête à tirer ne produit pas l’effet recherché, celui de nous faire rentrer à la maison. Cette réponse répressive, la posture martiale du gouvernement, qui se dit « en guerre », a provoqué, au contraire, un regain de mobilisation. (…)

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Au cœur de la contestation sociale, « l’arnaque » du système de retraites (Ouest-France)

« Du vol ! », « Une arnaque ! », « Néfaste » : le système de retraites chilien, emblématique du modèle économique ultra-libéral hérité de la dictature d’Augusto Pinochet (19973-1990), cristallise la colère des Chiliens, car il condamne la majorité d’entre eux à des pensions inférieures au salaire minimum. Lors de sa création en 1981, le système est le premier au monde à faire le pari d’une capitalisation totalement individualisée pour les salariés, s’attirant les louanges des économistes de l’école de Chicago qui voient alors dans le Chili le laboratoire de leurs théories ultra-libérales (…)

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Le sang coule, où est la communauté internationale? (Pierre Lebret/ Bastamag)

Plus de 18 morts, 2000 arrestations, des abus sexuels commis lors des détentions arbitraires. Face à un mouvement social inédit contre un système néolibéral, le gouvernement a donné l’ordre aux forces armées d’assurer un couvre-feu. Une situation intolérable dénoncée par le politologue Pierre Lebret. La question que nous pouvons nous poser aujourd’hui c’est où se trouve la communauté internationale ? Devons-nous continuer à observer les images des chars de l’armée chilienne défiler à Santiago et contre son propre peuple ? Les violences de l’armée continuent, l’Institut national des droits humains du Chili émet un bilan lourd : plus de 18 morts, 2000 arrestations, des abus sexuels ont également été commis lors des détentions arbitraires, et ce n’est que la version officielle. Cette situation est inacceptable, intolérable, dans ce pays qui doit recevoir dans quelques semaines les sommets de l’APEC et la COP25 (…)

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Franck Gaudichaud : « Les inégalités sociales sont au cœur de cette révolte populaire »/ L’Humanité

L’accumulation des mécontentements et la hausse du prix du ticket de métro ont plongé Santiago, la capitale chilienne, dans une profonde crise sociale. Pour Franck Gaudichaud, spécialiste du Chili et des mouvements sociaux en Amérique latine, cette colère est le fruit de trop fortes inégalités sociales.

Voir également « Au Chili,  le socle institutionnel est issu de la dictature», interview de Franck Gaudichaud par Cathy Dos Santos/ L’Humanité. Article réservé aux abonnés ici

« Ils nous ont tant volé, qu’ils nous ont même pris notre peur » (Jérôme Duval/ Politis)

Alors qu’en Équateur une insurrection populaire menée par le mouvement indigène a mis fin à une mesure économique imposée par le FMI impliquant une hausse spectaculaire du prix du carburant, et par conséquent des prix des aliments, le président du Chili, parfois surnommé le Berlusconi chilien, se voit contraint de renoncer à une hausse du prix des transports face à la contestation. Pour la première fois depuis la fin de la dictature, le gouvernement recourt à l’état d’urgence et l’armée se déploie dans tout le pays, déterminée à mater la révolte en cours contre le modèle néolibéral des Chicago boys. (…)

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Chile en llamas – Segundo reporte (Octubre 21 de 2019)/ América XXI

Santiago de Chile amaneció humeante y militarizada. Las imágenes de la ciudad que circulan por redes sociales nos regresan a los aciagos días de la dictadura militar, con sus calles roñosas, sucias, de cristales rotos, ciclas calcinadas y olor a batalla. Se respira temor, hay tensión en el ambiente, pero también una extraña y desconocida sensación recorre los túneles oscuros donde fueron incendiadas 20 estaciones del metro; hay algo que se contagia en el aire, que circula en redes -pese al control del internet y de la tv- un algo que podría pensarse como el eco de un grito de resistencia o como la esperanza que desplaza de un solo golpe la resignación. El presidente Piñera dijo hace un par de días, que había escuchado «con humildad la voz de la gente», poco después de reversar el alza en la tarifa del metro y decretar el estado de emergencia y el toque de queda en varias ciudades del país. Anoche afirmó ante la prensa que el país está en guerra. Y esto dicho en labios de un mandatario que no sabe cómo contener un furioso y postergado estallido social, aterra. ¿En guerra? Si, en guerra ha dicho. (…)

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« Le soulèvement au Chili est le produit de quarante ans d’orthodoxie néolibérale » (Olivier Compagnon/ Propos recueillis par Aude Lasjaunias / Le Monde)

(…)  Ce qui se passe aujourd’hui n’a rien d’étonnant. Le Chili est le premier État dans lequel ont été appliquées les recettes de la doctrine néolibérale portée par les « Chicago Boys ». Sous la dictature du général Pinochet, ces disciples de Milton Friedman […] ont été chargés de redresser le pays à grand renfort de privatisations, de réduction du rôle de l’Etat et de libéralisation quasi complète de l’économie (…)

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Au Chili, « il n’y a plus d’espoir que le modèle néolibéral de développement porte ses fruits » (Aude Lasjaunias /Le Monde)

(…) Souvent érigé en modèle pour le sous-continent, le Chili est devenu le premier pays de la région à intégrer l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en 2010. Pendant plusieurs décennies, il a connu une croissance spectaculaire dopée par les exportations de cuivre, sa principale richesse. En parallèle, son taux de pauvreté s’est fortement réduit et atteint aujourd’hui 8,6 % de la population. Quant à ses indicateurs, ils restent au beau fixe, notamment avec une croissance qui devrait atteindre, cette année, 2,5 % du produit intérieur brut (PIB). Mais ce tableau idylliquecache pourtant d’importantes fractures. Ansi, les disparités de revenus dans le pays sont supérieures de plus de 65 % à la moyenne de l’OCDE. Et, en 2018, son « coefficient de GINI » – un indicateur d’inégalités –, était de 0,46. Soit l’un des pires au sein de l’organisation. (…)

(…) Lire l’article complet ici

Couvre-feu, état d’urgence, des mesures qui ont radicalisé les manifestants (Franck Gaudichaud, spécialiste des mouvements sociaux en Amérique latine et co-président de FAL / France 24)

Les Chiliens en colère contre un système inégalitaire (Deutsche Welle France)

Des émeutes ont déjà fait plusieurs morts en quelques jours au Chili. Le gouvernement Piñera répond au malaise social en envoyant l’armée et avec l’état d’urgence. Ce sont des scènes d‘émeutes comme le Chili n’en avait pas vues depuis des décennies. Au moins onze personnes ont été tuées en trois jours de protestation. Des manifestations qui dérapent, des aéroports quasi bloqués, des magasins pillés… en réponse, le président Sebastian Piñera a élargi l’état d’urgence à plusieurs provinces du pays. “Le prix du ticket de métro n’a été qu’un détonateur”, expliqueFranck Gaudichaud) (…)

(…) Lire l’article complet et écouter l’analyse de Franck Gaudichaud ici

Noticias de América / RFI en español: escuchar aquí

Chili : «Pour l’instant, l’état d’urgence est surtout social» (Alexandra Pichard/ Photos Cristóbal Olivares / Libération)

Onze morts, jusqu’à 2 000 arrestations, une majorité de régions sous couvre-feu… Le président néolibéral, Sebastián Piñera, réprime dans la violence la révolte populaire depuis vendredi. Concerts de casseroles, saccages de magasins, nuages de gaz lacrymogène : la contestation ne retombe pas alors que le Chili entame son quatrième jour de mobilisation très durement réprimée (11 morts et jusqu’à 2 000 arrestations). «Le couvre-feu donne toute licence aux militaires d’emprisonner ceux qui sont dans les rues après 22 heures, mais aussi une autorisation à tirer. Ce n’est pas une opération de maintien de l’ordre mais une partie de chasse» (…)

(…) Lire la suite de l’article ici

Frappé par une sécheresse historique, le Chili se révolte contre l’injustice sociale (Marion Esnault / Reporterre)

… Dans un contexte de sécheresse historique dans le pays, en pleine période hivernale, les Chiliens se révoltent également contre les injustices engendrées par les restrictions de consommation d’eau. Depuis quatre mois, des centaines de petits agriculteurs et éleveurs ont perdu leurs cultures et ont vu leur bétail mourir de soif et de faim alors qu’à côté, les cultivateurs d’avocats ont pu irriguer leurs immenses monocultures destinées à l’exportation dans le monde entier. Dimanche, des villageois de la région de Valparaiso, très touchée par la sécheresse, se sont étonnés sur les réseaux sociaux du retour soudain de l’eau en abondance dans le fleuve Aconcagua, à sec depuis plusieurs mois. Explication probable : les entreprises privées qui gèrent les barrages, et donc l’approvisionnement en eau des fleuves, auraient ouvert les vannes pour calmer le mouvement social. Modatima (Mouvement pour le droit à l’eau, à la terre et à l’environnement) s’est également étonné de cet étrange phénomène en rappelant que le flux d’eau dans les fleuves chiliens est conditionné par des accords passés entre les propriétaires des sources et les usagers de l’eau et que « ces accords reflètent la logique du modèle actuel : laisser la gestion des biens communs, comme l’eau, au secteur privé génère de fortes inégalités » (…)

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¿Qué está pasando en Chile? (AJ + español)

¿Qué está pasando en Chile?

En Chile, el incremento al transporte, ya echado atrás, sacó a miles a las calles. Pero es sólo la punta del iceberg en el descontento social.

Gepostet von AJ+ Español am Montag, 21. Oktober 2019

Sur place au Chili, ce que vivre l’État d’exception et le couvre-feu veut dire (Éric Pommier/ Huffington Post)

En cet après-midi d’un dimanche ensoleillé, un Général en uniforme apparaît sur les écrans de télévision chilienne pour annoncer, pour la seconde fois consécutive, un couvre-feu qu’il prétend faire régir à Santiago à partir de 19h jusqu’au lendemain matin 6h. Voici sept ans que je vis, travaille et réside à Santiago du Chili et me trouve, pour la première fois de mon existence, soumis à un couvre-feu. Il s’agit de lutter contre le vandalisme et les pillages et même de “préserver la vie des personnes”. Nous sommes ensuite invités (en réalité obligés sous peine de courir le risque d’une arrestation) à “nous organiser, à rentrer à la maison, à nous détendre… afin que dès ce lundi nous puissions reprendre une semaine de travail la plus normale possible”. Que s’est-il donc passé à Santiago pour qu’en quelques jours le président d’une société, qui l’a démocratiquement élu, en vienne quasiment à se démettre de son pouvoir pour le remettre à une autorité militaire qui, avec l’aide de soldats et de blindés, soit en charge du “maintien de la sécurité” dans la zone? Que s’est-il donc passé pour que le silence assourdissant d’un gouvernement politiquement absent fasse écho au silence d’une ville dans la nuit que trouble le bruit des hélicoptères patrouillant? (…)

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Crónica: Las manifestaciones en Santiago de Chile (Telesur)

Crónica: Las manifestaciones en Santiago de Chile

El pueblo chileno se levantó, se cansó de callar y salió a las calles a demostrar su descontento con el Gobierno de Sebastián Piñera. Pero el presidente, como buen demócrata con buen juicio, sacó a sus fuerzas de seguridad a la calle a reprimir a los protestantes, decretó un Estado de Excepción y dejó en manos de los militares, quienes no dudaron en hacerse sentir, el toque de queda.Sin embargo el pueblo chileno no se dejó apaciguar y siguió en las calles demostrando que ellos también saben hacerse escuchar.

Gepostet von teleSUR am Sonntag, 20. Oktober 2019

Insurrection populaire au Chili (Acta)

L’élément déclencheur du soulèvement, c’est la lutte contre l’augmentation du prix du métro à Santiago. Un journaliste de l’Agence France Presse, toujours aussi fin limier, vient de découvrir que le métro de Santiago du Chili était le plus étendu de toute l’Amérique latine, et que la capitale était surpolluée par les embouteillages. Il serait plus judicieux de dire que ce mouvement, initié par des étudiants, des précaires et des lycéens, est typique de la situation analysée par l’opéraïsme italien à travers le concept d’ouvrier social. Dans une époque où c’est la ville entière qui est devenue une usine, et donc où c’est l’ensemble de l’espace social urbain qui participe à la production de valeur, il est tout à fait logique que le prix du métro devienne un enjeu radical des luttes. Si l’on pense aux mouvements de ces derniers années en Amérique du Sud, on peut faire la comparaison avec les luttes de 2013 à São Paulo, revendiquant la gratuité du bus dans cette ville. Un peu comme au Brésil, le mouvement a commencé avec un groupe militant indépendant des partis et syndicats ouvriers, et s’est répandu de la capitale aux autres grandes villes de tout le pays. Le plus surprenant, c’est la rapidité de l’extension du mouvement dans le cas chilien. (…)

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À Santiago, les militaires dans les rues pour mater la révolte sociale (Cathy Dos Santos/ L’Humanité)

Face au soulèvement contre la hausse du prix des transports, le président, Sebastian Pinera, impose un couvre-feu et décrète l’état d’urgence. Ces mesures rappellent les heures noires de la dictature, alors que le modèle néolibéral hérité de Pinochet est contesté. Les images et la sémantique sont bouleversantes de sens. La scène se passe au Chili, en 2019, mais renvoie aux heures sombres de la dictature du général Augusto Pinochet qui, après le coup d’État de 1973, a plongé la nation australe dans les ténèbres d’un modèle néolibéral imposé dans le sang. Ce 20 octobre, c’est depuis la garnison militaire de Santiago du Chili, la capitale, que le président Sebastian Pinera s’est adressé à ses concitoyens, quatre jours après le début d’une explosion sociale contre la hausse des tarifs des transports, la seconde en moins d’un an. Contraint de revenir sur sa décision, le chef de l’État et multimillionnaire n’a pourtant rien cédé sur la forme et sur le fond. La veille, il avait décrété l’état d’urgence et imposé un couvre-feu. Du jamais-vu depuis le retour de la démocratie. (…)

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Au Chili, pourquoi une telle explosion de violence? (Huffington Post)

De nombreux analystes avaient prédit ce mécontentement social qui a fini par exploser ces derniers jours dans le pays. Considéré comme un modèle de stabilité politique et économique en Amérique latine, le Chili souffre pourtant de graves fractures sociales, nourrissant depuis des années un mécontentement social qui a fini par exploser, mais que de nombreux analystes avaient prédit. Malgré le déploiement de l’armée, décrété samedi 19 octobre par le président conservateur Sebastien Pinera, des milliers de Chiliens ont continué d’exprimer leur colère dans la rue dimanche face aux inégalités d’un système politique et économique, qui dans de nombreux domaines, a peu évolué depuis la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990). “De l’extérieur, on ne pouvait voir que les réussites du Chili, mais à l’intérieur, il y a des niveaux élevés de fragmentation, de ségrégation et une jeunesse qui, même si elle n’a pas vécu la dictature, a cessé de voter il y a de nombreuses années. Elle en a eu marre et elle est sortie dans la rue pour montrer sa colère et sa déception” (…)

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