Chili: soulèvement populaire et répression (revue de presse)
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Le Chili vit actuellement un soulèvement insurrectionnel d’une ampleur inédite. Contestant d’abord l’augmentation du prix du ticket de métro, la révolte remet désormais en cause tout le système d’un pays qui, depuis la dictature de Pinochet, est un laboratoire du néo-libéralisme et où les inégalités sont parmi les plus fortes au monde. Malgré une répression très violente et la militarisation des grandes villes, la mobilisation ne faiblit pas. Dans ce dossier régulièrement actualisé, France Amérique Latine vous propose une compilation d’articles et de documents en français et en espagnol pour mieux comprendre la situation et suivre les événements. Les articles les plus récents sont en haut de page, après les communiqués.

Non à la répression contre le peuple mobilisé au Chili ! Lire le communiqué de solidarité de France Amérique Latine ici. ¡ No a la represión contra el pueblo movilizado en Chile ! Leer el comunicado de solidaridad de Francia América Latina aquí.

Lettre ouverte d’Amnesty International ici

L’Education formatée pour le marché (vidéo Victor de la Fuente /Elif Karakartal / Monde Diplomatique / 3 février 2020)

Après la démolition du système de retraite par répartition, Pinochet s’est attaqué au droit à l’éducation. Du Chili à la France, quelques “mauvaises” leçons de l’idéologie néolibérale ou comment détruire les droits universels et criminaliser ceux qui les réclament. Focus sur un des sujets qui a provoqué le “réveil chilien”.

Visionner le reportage ici

L’onde de choc de la répression au Chili (Marcos Ancelovici /Le Devoir / 3 février 2020)

Depuis le 18 octobre 2019, une large mobilisation populaire secoue le Chili et ébranle les fondements du régime politique tout en remettant en question le modèle économique néolibéral hérité de la dictature de Pinochet. Malgré quelques annonces et une ouverture liée à la mise en place graduelle d’un processus constituant, jusqu’à maintenant le gouvernent de droite du président Sebastián Piñera a répondu à ces mobilisations principalement par l’usage de la force. Malgré quatre missions internationales d’observation qui ont formulé des recommandations, la répression et les violations de droits de la personne continuent. C’est pourquoi une mission d’observation québécoise a été mise sur pied pour évaluer la situation sur le terrain du 18 au 27 janvier 2020. Depuis le 18 octobre, on compte près de 30 morts, plus de 25 000 arrestations et des milliers de cas de détention provisoire et autres mesures préventives (interdiction d’accéder à certains lieux ou de quitter le territoire national). Dans son dernier rapport, l’Institut national des droits humains (INDH) dit avoir pu observer 3649 cas de blessure dans les hôpitaux et les centres de santé, incluant 269 mineurs (…)

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Chili: un jeune abattu, quatrième mort en trois jours de violences (Journal de Montréal avec AFP / 31 janvier 2020)

Un jeune homme est mort, vendredi, après avoir été touché d’une balle dans la tête, portant à quatre le bilan des décès au Chili en trois jours de troubles violents, conséquences de la grave crise sociale que traverse le pays. L’étudiant âgé de 24 ans est décédé des suites de ses blessures, deux jours après avoir été hospitalisé dans un état grave, a-t-on indiqué de source hospitalière.  L’incident s’était produit lors d’une manifestation faisant suite à la mort d’un admirateur du club de football Colo Colo. Ce dernier avait été renversé par un camion de police au milieu d’affrontements entre des partisans et des agents de sécurité à l’extérieur du stade de l’équipe à Santiago, à l’issue d’un match comptant pour le championnat national (…)

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Le Chili toujours dans l’incertitude, trois mois après le début de la crise sociale (Le Monde avec AFP / 17 janvier 2020)

Les institutions n’ont jamais paru aussi affaiblies, ébranlées par une fronde sociale sans précédent, déclenchée par une hausse du ticket de métro à Santiago et nourrie par la colère face aux profondes inégalités socio-économiques. « Je ne sais pas comment nous allons nous sortir de ce qui nous arrive » : trois mois après l’éclatement du mouvement social, le Chili se débat entre angoisse, espoir et incertitude sur l’issue d’une contestation inédite qui a pris de court la classe politique. Jusqu’au 18 octobre, le pays sud-américain était loué comme l’un des plus stables d’Amérique latine, encensé pour ses bons résultats macro-économiques. Trois mois plus tard, les institutions n’ont jamais paru aussi affaiblies, ébranlées par une fronde sociale sans précédent, déclenchée par une hausse du ticket de métro à Santiago et nourrie par la colère face aux profondes inégalités socio-économiques (…)

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Au cœur des manifestations au Chili (Charles Villa / Brut)

Au moins 27 morts, des milliers de blessés, c’est le lourd bilan de la crise qui secoue le Chili. Depuis plus de 2 mois, les Chiliens sont dans la rue pour protester contre les inégalités sociales dans le pays.

Estallido social: la apertura constituyente y la cuestión ecológica (Le Monde Diplomatique Chili/Enero 2020)

El origen: desigualdad, despojo y abuso

(…) la ola de protestas que se ha denominado “Chile Despertó”, se ha encargado de dejar en evidencia la fractura radical de las mayorías sencillas, con el contenido y la forma en que se ha construido la democracia, la economía y la vida social en el Chile post dictadura.

Para simplificar la explicación de sus causas, partiremos por señalar que comprendemos esta fractura “radical” desde tres planos estrechamente relacionados: la desigualdad, el despojo y el abuso.

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Chili : où va le mouvement populaire en 2020 ? (IRIS/ 09 janvier 2020)

Carlos Ominami, ancien ministre de l’économie et sénateur du Chili, économiste et président de la Fondation Chili 21, répond : Quelles sont les perspectives sociales et politiques du mouvement populaire chilien démarré fin 2019 ? Les concessions sociales du gouvernement de Sebastián Piñera et l’organisation d’un référendum national le 26 avril 2020 sur la question d’une possible nouvelle constitution pour le pays peuvent-elles mettre un terme au mouvement populaire ? Quel sera le calendrier de ce processus référendaire ? Quels en sont les enjeux ?

Le système de retraites au Chili: reportage (Nicolas Margerand et Erasmo Salas / Le Média / décembre 2019)

Sur le même sujet. De la retraite par répartition à la retraite par capitalisation: entretien avec Victor de la Fuente, directeur de l’édition chilienne du Monde Diplomatique: à visionner ici

El atropello de Oscar en la plaza sitiada (Ignacio Vidaurrázaga / Le Monde Diplomatique – edición chilena / 21 de diciembre)

Oscar Pérez Cortez, tiene 20 años y estudia en un preuniversitario. El viernes, fue a la manifestación a la Plaza Dignidad como varios centenares o miles de muchachos y muchachas, tras el propósito de no dejar ese icono de la protesta en manos de las fuerzas policiales con las que el intendente montó una indudable provocación. Estaba preparado frente a los disparos a los ojos, que han causado tantas mutilaciones. También, respecto del agua tóxica de los guanacos. Y con certeza, frente a las lacrimógenas y sus efectos. Pero, no pudo prever que además podía ser atropellado y aplastado entre dos zorrillos blindados, en un acto criminal a plena luz del día y ante decenas de cámaras y centenares de manifestantes.

“Nous vivons un moment historique” : à la rencontre de ces Chiliens en lutte contre un système ou règnent les inégalités (Elise Lambert/ Grand Format/ France Info/ décembre 2019)

“Ils se sont partagé la terre, la loi, les plus jolies rues, l’air ambiant, l’université, les souliers…” Dans son poème J’accuse, écrit en 1947, Pablo Neruda dénonçait l’oligarchie chilienne. Plus de soixante-dix ans plus tard, les vers du prix Nobel de littérature chilien semblent être toujours d’actualité, à l’image de la révolte qui gronde dans le pays depuis le 18 octobre. L’étincelle est partie de la hausse du prix du ticket de métro – suspendue depuis – et s’est rapidement transformée en un rejet global du modèle économique et social du pays et de ses dirigeants. Car si le Chili est souvent présenté comme un modèle pour ses voisins d’Amérique latine, et si ses indicateurs économiques sont exceptionnels – un taux de chômage à 7%, un taux de pauvreté de 8,6% et une croissance qui devrait atteindre 3,5% du PIB en 2019 – le pays de 18 millions d’habitants souffre de très grandes inégalités. Selon l’ONU, en 2017, 1% des Chiliens concentraient 33% des revenus du pays. Sur les cent plus grosses entreprises chiliennes, la moitié est contrôlée par seulement vingt familles. Après des années de relative stabilité, depuis la fin de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), le Chili reste traversé par de profondes fractures sociales. Comment en est-il arrivé là ?

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Chili : Le réveil du peuple (Jérôme Duval/ CADTM/ 18 décembre 2019)

« Allez de l’avant sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure. » Avec ces mots retransmis à la Radio Magalles, Salvador Allende s’adressait une dernière fois au peuple chilien. C’était le 11 septembre 1973, jour où les putschistes de Pinochet bombardent le Palais présidentiel de la Moneda mettant brutalement fin au gouvernement de gauche de l’Unité populaire (Unidad popular) et à la propre vie d’Allende. Ce vendredi 25 octobre, 46 ans plus tard, entre un et deux millions de Chiliens marquaient l’histoire du pays en occupant massivement « les grandes avenues » de Santiago. Théâtre de rue, batucada, tintamarre de casseroles, messages révoltés sur des pancartes, slogans déterminés et percutants, la foule immense a dévalé les rues de la capitale chilienne jusqu’à l’engloutir comme jamais depuis la manifestation pour exiger la fin de la dictature militaire (1973-1990) au référendum de Pinochet en 1988. (…)

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Les raisons pour lesquelles nous devrions rejeter «l’Accord pour la paix sociale et la nouvelle Constitution» (Forum pour l’Assemblée constituante/ Traduction par À l’Encontre/ 8 décembre 2019)

Près d’un mois après l’explosion sociale qui a commencé le vendredi 18 octobre à Santiago et s’est répandue très rapidement dans toutes les régions du Chili, un groupe de parlementaires a annoncé, vers 3 heures du matin le vendredi 15 novembre, qu’ils avaient signé un document intitulé «Accord pour la paix sociale et la nouvelle Constitution». Cet accord – obtenu avec beaucoup de difficultés, comme en témoignent les signataires eux-mêmes – a été rapidement accepté et célébré par le ministre de l’Intérieur Gonzalo Blumel, par le Président de la République Sebastián Piñera et par la plupart des dirigeants des partis politiques représentés au Congrès National. Trois jours plus tard, un groupe de 262 professeurs de droit et de sciences politiques se sont empressés d’exprimer dans une lettre que «“l’Accord de paix sociale et la nouvelle Constitution” n’est pas un piège», que c’est une occasion historique et que la condition du quorum des 2/3 pour l’approbation des accords dans la Convention constituante ne leur paraît pas trop grave. Dans ce document, nous expliquerons les raisons pour lesquelles cet «accord» non seulement ne répond pas aux demandes légitimes des peuples du Chili, mais présente également des défauts juridiques et politiques qui nous amènent à le rejeter (…)

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Cinquante jours dans la rue: un bras de fer qui façonnera l’avenir (Raul Zibechi/ Brecha/ Traduction par À l’Encontre/ 6 décembre 2019)

La révolte chilienne a été attaquée par les carabiniers et cernée par les médias et les partis politiques. Cependant, elle n’a pas perdu de sa force et s’élargit avec la participation massive des jeunes femmes et, progressivement, des peuples originaires. «Nous sommes redevenus un peuple» (Volvimos a ser pueblo): une simple affiche peinte sur papier, placée par une communauté de voisins sur l’avenue Grecia, est un cri de protestation contre le néolibéralisme qui avait transformé les gens en tout juste des consommateurs. Mais c’est aussi tout un programme politique et une éthique de la vie, en seulement quatre mots. Pas très loin de là, la Plaza de la Dignidad centrale, le nom donné à la Plaza Italia par la révolte chilienne, ressemble à une zone de guerre. Les commerces sont fermés sur plusieurs pâtés de maisons, ils ont été décorés avec des graffitis multicolores qui dénoncent la répression et incitent à la révolte contre les oppressions les plus diverses (…)

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Le pacte des partis pour une nouvelle Constitution: ficelé et bien ficelé (Francisco Claramunt/ Brecha/ Traduction par À l’Encontre/ 6 décembre 2019)

«L’heure est venue de nous retrouver», a proclamé avec enthousiasme le sénateur Felipe Harboe [membre du Parti pour la démocratie, fondé par Ricardo Lagos en 1987, social-démocrate], au siège du Congrès, lorsque les représentants des principaux partis politiques ont finalement signé, aux premières heures du 15 novembre, l’Accord pour la paix sociale et une nouvelle Constitution. Harboe, ancien sous-secrétaire à l’Intérieur sous les gouvernements de Michelle Bachelet et Ricardo Lagos, a remercié «tous ceux qui ont contribué à la conclusion de cet accord»: à savoir, les partis de droite au gouvernement, ceux de l’ancienne Concertación [Coalition des partis pour la démocratie, réunissant le Parti pour la démocratie, le Parti socialiste, le Parti démocrate-chrétien, créée à l’occasion du référendum de 1988 sur le maintien au pouvoir de Pinochet], certains secteurs du Frente Amplio [créé en janvier 2017 et dirigé par Beatriz Sánchez], les principaux médias au Chili et les chambres de commerce, comme la Confédération de la production et du commerce, dont les porte-parole se sont précipités le lendemain pour célébrer «la bonne politique» dont ont fait preuve les signataires du pacte et pour appeler au retour de la «paix sociale» (…)

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Au Chili, la grogne contre des retraites « qui ne permettent pas de vivre » (Aude Villiers-Moriamé / Le Monde/ 14 décembre 2019)

Le système des fonds de pension privés, hérité de la dictature de Pinochet, est vivement critiqué par le mouvement social qui secoue le pays depuis huit semaines. José Chavez s’accorde une pause, mais pas question de s’asseoir pour autant. Ce mécanicien de 69 ans, qui travaille six jours sur sept, ne perçoit que 150 000 pesos [176 euros] de pension par mois. « Alors je suis bien obligé de continuer à travailler », explique le Chilien en combinaison de travail kaki, adossé au mur de sa petite cuisine. Lui et son épouse ont construit cette maison dans les années 1980, dans un quartier populaire de Peñalolen, en bordure de Santiago. (…) Le couple, lui, soutient sans réserve la mobilisation contre les inégalités dans le pays. Parmi les nombreuses revendications des manifestants, la refonte du système des pensions est l’une des plus importantes (…)

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Torture, mauvais traitements, viols: l’ONU condamne la répression des manifestations (Marie Bourreau et Aude Villiers-Moriamé / Le Monde / 12 décembre 2019)

L’enquête a été menée avec une célérité inhabituelle. En sept semaines, la délégation de l’ONU, envoyée par la haut-commissaire pour les droits de l’homme, l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, a conclu, dans un rapport remis le 13 décembre à Genève, que les forces de sécurité chiliennes avaient recouru à un usage disproportionné et excessif de la force contre les manifestants. « La police a une responsabilité dans les violations des droits humains », a souligné Imma Guerras-Delgado, la chef de la mission d’enquête, qui a appelé le gouvernement à « établir les responsabilités individuelles au sein de la police ». Vingt-six manifestants ont été tués, selon le bureau du procureur, mais le haut-commissariat n’a pu établir avec certitude la mort que de onze personnes. Dans quatre cas au moins, des agents de l’État sont impliqués. (…)

(…) Lire la suite de l’article ici

Chili : un pays en ébullition (ARTE Reportage: vidéo disponible du 06/12/2019 au 03/12/2022)

C’est une crise sans pareille que connaît le Chili depuis son retour à la démocratie en 1980 : au moins 23 morts, des milliers de blessés et d’innombrables dégâts. Depuis le 18 octobre, des Chiliens battent le pavé pour protester contre les inégalités. Le pouvoir semble désemparé face aux émeutes. Dès le début de la crise, l’état d’urgence a été décrété et un couvre-feu instauré. Le président Piñera a promis une révision de la constitution, dont certaines dispositions, héritées de la dictature de Pinochet, sont vues comme le pivot des inégalités sociales aux racines de la révolte. Mais rien n’y fait : les Chiliens en colère sont toujours dans la rue à protester contre la vie chère qui les contraint souvent à s’endetter lourdement pour accéder à l’éducation et aux soins. Aujourd’hui seulement 12 % de la population soutient encore le président Piñera.

Reportage à visionner ici

Manifestations au Chili : “La répression est inédite”, pour Amnesty International (Laurie Fachaux / TV5 Monde / 26 novembre 2019)

Un mois après le début de la contestation déclenchée par la hausse du prix du ticket de métro au Chili, Amnesty International publie un rapport le 21 novembre sur la répression de la protestation. L’ONG pointe du doigt un usage de la force « excessif » avec « l’intention de blesser et punir la population qui manifeste ». Le gouvernement et les forces armées rejettent ces accusations. La directrice exécutive d’Amnesty International au Chili affirme avoir reçu des menaces de mort. Erika Guevara Rosas, directrice pour les Amériques de l’ONG, indique dans le rapport que « l’intention des forces de l’ordre chiliennes est claire » ; il s’agit de « blesser les manifestants pour dissuader la mobilisation ». Comment ? “En arrivant à des extrêmes, comme la torture et la violence sexuelle contre les manifestants”. Via aussi « l’usage constant et inadéquat de fusils » avec des munitions de chevrotines de caoutchouc dans les manifestations, dénonce l’ONG. (…)

Lire l’article ici et le rapport d’Amnesty International ici

Au Chili, les manifestantes accusent les forces de police de violences et d’abus sexuels (Paola Martinez Infante / TV 5 Monde/ 27 novembre 2019)

Depuis la mi-octobre une vague insurrectionnelle déferle partout au Chili. Au coeur du Chile desperto, le “réveil chilien”, des milliers de femmes, organisées et combatives, mais aussi en première ligne de la répression policière, victimes de violences et d’abus sexuels. La disparition de deux jeunes femmes, une journaliste et une militante, dans des circonstances mystérieuses, ne fait qu’ajouter au climat de peur qui pèse sur les manifestantes. Albertina Martínez Burgos avait 38 ans. La photographe indépendante a été retrouvée morte la nuit du jeudi 21 novembre dans son appartement de Santiago, son corps portant des traces de violences. C’est un ami qui, n’arrivant pas à la joindre depuis deux jours, a alerté sa mère. Les enquêteurs ont conclu à un homicide, mais les causes de la disparition de la jeune femme donnent lieu à de nombreuses interrogations, d’autant que son matériel de travail – appareil photo, disque dur et ordinateur, ont disparu. (…)

(…) Lire la suite de l’article ici

Chili : le Parlement convoque un référendum pour remplacer la Constitution héritée de Pinochet (Le Monde/ 16 novembre 2019)

Après deux mois de contestation sociale, coalition gouvernementale et partis d’opposition sont parvenus à se mettre d’accord. Le référendum aura lieu en avril 2020 [….] Après plusieurs heures de négociations au Parlement, la coalition gouvernementale et les principaux partis d’opposition ont signé un « accord pour la paix et la nouvelle Constitution » qui prévoit un référendum comportant deux questions : l’une sur la révision ou non de la Constitution et l’autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, a expliqué le président du Sénat, Jaime Quintana, lors d’une conférence de presse. Cette seconde question devra déterminer quel organe sera en charge de la rédaction du nouveau texte : soit un Congrès mixte – idée soutenue par la coalition gouvernementale – composé à parts égales de membres élus à cette fin et de parlementaires en exercice, soit une assemblée constituante intégralement composée de membres élus à cette fin – idée soutenue par l’opposition. (…)

(…) Lire l’article ici

Chili, révolte ou révolution ? (reportage de Paul Cabanis et Ingrid Piponiot/ France 24)

Un reportage à retrouver ici

Chili. Amnesty International dénonce les violations des droits humains devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme

Les autorités chiliennes continuent de commettre des violations des droits humains de façon généralisée, montrant ainsi que le gouvernement du président Sebastián Piñera n’a pas pris de mesures efficaces pour faire face à la crise, a déclaré Amnesty International devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme lors d’une audience qui a eu lieu à Quito, en Équateur, le 11 novembre 2019. Amnesty International continue d’enquêter sur les graves violations des droits humains et les possibles crimes relevant du droit international commis dans le contexte des manifestations au Chili, mais les informations recueillies jusqu’ici permettent déjà de conclure de façon préliminaire qu’il ne s’agit pas de faits isolés et que le recours excessif à la force par les autorités chiliennes a été une constante. « Il est évident que le président Sebastián Piñera n’a pas pris toutes les mesures à sa disposition pour faire cesser les graves violations des droits humains et les possibles crimes relevant du droit international qui ne cessent d’être commis au Chili depuis le début des mouvements sociaux. La violente répression qui vise les manifestants persiste et pourrait même s’intensifier à la suite de la proposition de nouvelles mesures de sécurité émise par le président le 7 novembre », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice d’Amnesty International pour les Amériques. (…)

(…) Lire la suite de la déclaration ici

L’état du Chili et les droits humains : les éborgnés par la police (vidéo Nouvelles générations Chili)

L'état du Chili et les droits humains : les éborgnés par la police

Eborgnés, ils portent les marques indélébiles de la répression des forces de l'ordre chiliennes "Mon visage était couvert de sang", raconte Carlos Vivanco, 18 ans, qui a été éborgné lors d'une des manifestations qui secouent le Chili depuis quatre semaines. Il fait partie des quelque 200 personnes qui ont été blessées aux yeux à cause des balles tirées par les forces de police lors d'affrontements.AFP

Gepostet von Nouvelles générations Chili am Donnerstag, 14. November 2019

“On est dans une phase destituante contre le néolibéralisme et Piñera” (Franck Gaudichaud/ Propos recueillis par Jean Baptiste Thomas et Julien Anchaing. Révolution Permanente)

RPD : Selon les économistes et les analystes mainstream, le Chili était un véritable îlot de stabilité et de prospérité en Amérique latine. Au regard de la mobilisation actuelle, comment expliquer une telle explosion généralisée de colère ?

FG : On peut dire qu’effectivement les classes dominantes chiliennes ont vraiment vendu l’image d’un « Chili Jaguar », Chili modèle de croissance économique et de modèle tout-court pour l’Amérique latine. Sebastián Piñera, le président, parlait même d’un pays « oasis de stabilité » dans le concert latino-américain et moins d’une semaine après ces déclarations on assistait au début d’une mobilisation sans précédent et il déclarait à la télévision que le « pays [était] en guerre ». Cela montre bien que derrière la vitrine du Chili moderne et néolibéral, ce qu’il se cache c’est parmi les plus importantes inégalités sociales de la planète, et de la région notamment. La violence du capitalisme, tel qu’il s’est appliqué depuis 1973 avec la dictature, puis en 1975 avec le « tournant » néolibéral des « Chicago boys », s’est prolongée à partir des années 1990 sous les différents gouvernements civils (…)

(…) Lire la suite de l’article ici

“Estamos en una fase destituyente contra el neoliberalismo chileno” (Franck Gaudichaud): leer el artículo en español aquí

Chili: des femmes défilent en silence pour les morts de la crise (La Presse / AFP)

Toutes vêtues de noir, silencieuses, plus d’un millier de Chiliennes ont défilé vendredi à Santiago pour rendre hommage aux personnes décédées dans la vague de contestation sociale qui secoue le pays depuis deux semaines. Elles ont rompu leur silence devant le palais présidentiel de La Moneda pour scander «Justice, vérité, non à l’impunité». Vêtues de noir, arborant des foulards blancs, les manifestantes ont rendu hommage aux Chiliens tombés pendant la contestation sociale (…)

 (…) Lire la suite de l’article et visionner une vidéo ici

Chili : « La classe travailleuse est en train de se constituer comme un acteur politique » (entretien avec Karina Nohales et Javier Zuñiga / Contretemps)

Karina Nohales fait partie de la Coordination féministe du 8M, et Javier Zuñiga milite dans le Mouvement pour l’eau et les territoires et dans Unité Sociale.

Où en sommes-nous de la mobilisation au Chili ? Comment la qualifier ? Hier, nous avons appris la démission du cabinet ministériel et la fin de l’état d’urgence. Qu’est-ce que cela signifie ? Comment a évolué Piñera, le président du Chili, face au mouvement ?

Javier Zuñiga (J. Z.) : Je pense que le pari de Piñera et de son gouvernement en ce moment résulte de leur prise de conscience que la réponse politique par l’état d’urgence pour contenir la mobilisation n’as pas fonctionné. Les mobilisations massives ont grandi de façon permanente (…)

(…) Lire la suite de l’entretien ici

En pleine crise sociale, le Chili renonce à organiser la COP 25 (Nelly Didelot / Libération)

(…) Attendue depuis quelques jours, la nouvelle a fini par tomber ce mercredi : la COP 25 n’aura pas lieu comme prévu à Santiago, du 2 au 13 décembre. (…) Dans le milieu écologiste, la nouvelle a été accueillie avec un mélange de satisfaction et d’anxiété. «Une évidence ! La lutte contre le dérèglement climatique est un projet de paix et de justice sociale», s’est exclamé sur Twitter le député européen écologiste Yannick Jadot. «Il aurait été hypocrite que cette conférence se tienne dans un pays connaissant une telle répression criminelle [au moins 5 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre au cours des manifestations, ndlr]. La lutte climatique ne peut être séparée des luttes sociales», ont affirmé sur le même réseau les jeunes de Youth for Climate France. «Piñera faisait face à une forte pression internationale, il a préféré la faire diminuer en renonçant à accueillir ces sommets. Il sera désormais moins sous le regard du monde. On vient de perdre un levier important sur la manière dont le gouvernement chilien va répondre à ces manifestations», juge pour sa part Maxime Combes, porte-parole d’Attac (…)

(…) Lire la suite de l’article ici

Sur l’abandon de la COP25: voir également un article de Reporterre ici

Dix-neuf morts, victimes de la répression (vidéo Le Vent se lève)

Le Chili est secoué depuis plusieurs semaines par une vague de manifestations historiques dirigées contre le gouvernement de Sebastian Piñera. À l’origine motivées par la hausse du prix des tickets de métro, elles ont fini par prendre pour cible le système néolibéral chilien dans son ensemble. Le gouvernement a durement réprimé ces manifestations ; près d’une vingtaine de morts est à déplorer.

https://www.facebook.com/lvslmedia/videos/718068388692211/

Le peuple chilien en guerre contre le néolibéralisme (Aude Martin / Alternatives Économiques)

Violemment réprimé, le vaste mouvement en faveur de la justice sociale qui secoue le « bon élève » de l’Amérique du Sud remet en cause trente ans de politiques inégalitaires. « No son 30 pesos, son 30 años » : On ne se bat pas pour 30 centimes, mais contre 30 ans… de néolibéralisme. Ce slogan, repris en chœur par les manifestants chiliens depuis maintenant plus d’une semaine révèle l’ampleur du désarroi dans lequel est plongé le pays, pourtant fréquemment présenté par les institutions internationales comme un exemple de stabilité sur le continent latino-américain. La hausse de 30 pesos (environ 4 centimes d’euros) du ticket de métro annoncée il y a dix jours par le président de droite Sebastián Piñera, de nouveau au pouvoir depuis mars 2018 après un premier mandat entre 2010 et 2014, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la colère (…)

(…) Lire la suite de l’article ici

El despertar chileno: una lucha por la dignidad (Yasna Mussa/ RFI)

(…) Desde el viernes 18 de octubre, el sonido de las cacerolas parece ser el más habitual en las calles chilenas. Desde aquel mediodía soleado de primavera, algo cambió en el país. En cada esquina, de todos los barrios, personas de diferentes edades y realidades salían con cucharas de madera y cacerolas, multiplicándose y repitiendo al unísono: Chile despertó. Una de las que cargaba un letrero pidiendo salud pública y de calidad, es Sharon Olivares, una joven de Santiago que se ha sumado a las protestas de los últimos días: “Lo que nos convoca a todos hoy día yo creo que es lo mismo. El abuso del que ya estamos cansados, de que se rían en nuestras caras. Más que cualquier partido político, de derecha o izquierda, nos aburrimos de todos los abusos que le hacen al pueblo chileno: ya sea educación, salud pública, el transporte, que es lo que empezó todo esto, pero más que nada es la gota que rebasó el vaso” (…)

(…) Leer el artículo y escuchar el audio aquí

Piñera, (in)digne héritier de Pinochet (Tribune de Olivier Compagnon, Chloé Nicolas-Artero et Manuel Suzarte , chercheurs au Centre de recherche et de documentation des Amériques (Creda), Paris-III / Libération)

Berceau et modèle de la globalisation néolibérale, le Chili doit être pensé comme un cas annonciateur des mutations politiques et sociales mondiales. Les investisseurs du monde entier et autres spécialistes du risque-pays le savent : le Chili est une valeur sûre. Depuis le «miracle économique» des années 70-80, enclenché par l’arrivée de jeunes économistes formés à l’université de Chicago dans l’entourage du général Pinochet, la «bonne gouvernance» n’y a pas connu d’écart majeur. Terrorisés par l’hypothèse d’un retour des militaires après une transition qui leur avait laissé des prérogatives exorbitantes, les démocrates-chrétiens au pouvoir dans les années 90 respectèrent les règles cardinales de la potion monétariste qui avaient transformé le Chili en un espace de croissance durable, épargné par le chômage de masse, alors que le Premier Monde sombrait dans une crise interminable au lendemain du choc pétrolier de 1973 (…)

(…) Lire la suite de la tribune ici

Chili. Des femmes arrêtées dénoncent des sévices sexuels et des menaces de viol (Celeste Murillo/ Révolution permanente)

Alors que se multiplient les arrestations et la chasse aux manifestants, des cas d’abus sexuels commis par les forces spéciales chiliennes et l’armée ont été révélés ces derniers jours. Dans le contexte de l’état d’urgence et du couvre-feu décrétés dans plusieurs villes, des informations circulent faisant état de multiples cas de violences extrêmes contre les femmes.De nombreuses plaintes déposées parlent de mauvais traitements, de passages à tabac, d’actes de torture et d’harcèlements sexuels, entre autres violations des droits individuels. La situation des femmes participant aux manifestations inquiète des organisations tel que le « Réseau chilien contre les violences faites aux femmes » [Red Chilena Contra la Violencia hacia las mujeres)]. Silvana del Valle, avocate de cette organisation, explique qu’il existe une histoire de la violence sexuelle et politique au Chili et en Amérique latine (…)

(…) Lire la suite de l’article ici

Chile: denuncian abusos y amenaza de violaciones contra las mujeres detenidas (Celeste Murillo/ La Izquierda Diario)

Organismos de derechos humanos, organizaciones feministas y que defienden los derechos de las mujeres denuncian violencia y abusos sexuales contra mujeres detenidas en medio de la represión en Chile. (…)

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Un nouveau pays latino-américain en crise ? (Jean-Jacques Kourliandsky/ IRIS)

(…) Personne ne pouvait prévoir ce qui s’est passé la semaine dernière et aujourd’hui à Santiago et dans d’autres villes du pays. Il y a eu un élément déclencheur : l’augmentation du prix du ticket de métro, qui est passé de 800 à 830 pesos. Cela peut paraître dérisoire, mais c’est cet élément qui a fait exploser une situation qui avait déjà accumulé beaucoup de déficits sociaux pour les classes moyennes et les classes modestes du Chili depuis plusieurs années. On a oublié que le défi qui était posé à la société chilienne à la fin de la dictature n’était pas seulement de retrouver les voies d’une société démocratique, mais aussi de retrouver un service public de qualité et une démocratie sociale. Jusqu’à aujourd’hui, aucun gouvernement chilien n’a réussi à redonner le sens de la citoyenneté aux Chiliens, qui sont, de l’époque de Pinochet à aujourd’hui, toujours considérés comme des consommateurs. Les transports, la santé et l’éducation sont privés. Certes, il y a des bourses et des aides, mais elles ne compensent pas le déficit accumulé depuis la dictature (…)

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Carmen Castillo : « les multinationales possèdent tout : la terre, les montagnes, l’océan… » (Rosa Moussaoui / L’Humanité)

(…) L’Institut des droits de l’homme, un organisme d’État, a recensé cette semaine 18 morts et plus de 1000 arrestations. Des cas de torture ont été mis en lumière. Mercredi matin, lors de la manifestation autour du métro Plaza Baquedano, au centre de Santiago, on a découvert les traces d’un centre clandestin de torture. Des investigations sont en cours. Des protestataires ont, semble-t-il, été torturés dans une aile de la station de métro. La maltraitance est manifeste, les arrestations d’étudiants se multiplient, le déploiement de l’armée est pesant. La population est en alerte, des témoins filment les scènes de violences. À ce jour, le ministère de l’Intérieur se montre incapable d’établir un bilan précis, et même de publier les noms des personnes tuées. Mais ce qui est frappant, pour nous qui vivons ces évènements, c’est que cette répression n’arrête rien. Ils ne parviennent pas à susciter le  repli. Le déploiement d’une armée prête à tirer ne produit pas l’effet recherché, celui de nous faire rentrer à la maison. Cette réponse répressive, la posture martiale du gouvernement, qui se dit « en guerre », a provoqué, au contraire, un regain de mobilisation. (…)

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Au cœur de la contestation sociale, « l’arnaque » du système de retraites (Ouest-France)

« Du vol ! », « Une arnaque ! », « Néfaste » : le système de retraites chilien, emblématique du modèle économique ultra-libéral hérité de la dictature d’Augusto Pinochet (19973-1990), cristallise la colère des Chiliens, car il condamne la majorité d’entre eux à des pensions inférieures au salaire minimum. Lors de sa création en 1981, le système est le premier au monde à faire le pari d’une capitalisation totalement individualisée pour les salariés, s’attirant les louanges des économistes de l’école de Chicago qui voient alors dans le Chili le laboratoire de leurs théories ultra-libérales (…)

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Le sang coule, où est la communauté internationale? (Pierre Lebret/ Bastamag)

Plus de 18 morts, 2000 arrestations, des abus sexuels commis lors des détentions arbitraires. Face à un mouvement social inédit contre un système néolibéral, le gouvernement a donné l’ordre aux forces armées d’assurer un couvre-feu. Une situation intolérable dénoncée par le politologue Pierre Lebret. La question que nous pouvons nous poser aujourd’hui c’est où se trouve la communauté internationale ? Devons-nous continuer à observer les images des chars de l’armée chilienne défiler à Santiago et contre son propre peuple ? Les violences de l’armée continuent, l’Institut national des droits humains du Chili émet un bilan lourd : plus de 18 morts, 2000 arrestations, des abus sexuels ont également été commis lors des détentions arbitraires, et ce n’est que la version officielle. Cette situation est inacceptable, intolérable, dans ce pays qui doit recevoir dans quelques semaines les sommets de l’APEC et la COP25 (…)

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Franck Gaudichaud : « Les inégalités sociales sont au cœur de cette révolte populaire »/ L’Humanité

L’accumulation des mécontentements et la hausse du prix du ticket de métro ont plongé Santiago, la capitale chilienne, dans une profonde crise sociale. Pour Franck Gaudichaud, spécialiste du Chili et des mouvements sociaux en Amérique latine, cette colère est le fruit de trop fortes inégalités sociales.

Voir également « Au Chili,  le socle institutionnel est issu de la dictature», interview de Franck Gaudichaud par Cathy Dos Santos/ L’Humanité. Article réservé aux abonnés ici

« Ils nous ont tant volé, qu’ils nous ont même pris notre peur » (Jérôme Duval/ Politis)

Alors qu’en Équateur une insurrection populaire menée par le mouvement indigène a mis fin à une mesure économique imposée par le FMI impliquant une hausse spectaculaire du prix du carburant, et par conséquent des prix des aliments, le président du Chili, parfois surnommé le Berlusconi chilien, se voit contraint de renoncer à une hausse du prix des transports face à la contestation. Pour la première fois depuis la fin de la dictature, le gouvernement recourt à l’état d’urgence et l’armée se déploie dans tout le pays, déterminée à mater la révolte en cours contre le modèle néolibéral des Chicago boys. (…)

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Chile en llamas – Segundo reporte (Octubre 21 de 2019)/ América XXI

Santiago de Chile amaneció humeante y militarizada. Las imágenes de la ciudad que circulan por redes sociales nos regresan a los aciagos días de la dictadura militar, con sus calles roñosas, sucias, de cristales rotos, ciclas calcinadas y olor a batalla. Se respira temor, hay tensión en el ambiente, pero también una extraña y desconocida sensación recorre los túneles oscuros donde fueron incendiadas 20 estaciones del metro; hay algo que se contagia en el aire, que circula en redes -pese al control del internet y de la tv- un algo que podría pensarse como el eco de un grito de resistencia o como la esperanza que desplaza de un solo golpe la resignación. El presidente Piñera dijo hace un par de días, que había escuchado «con humildad la voz de la gente», poco después de reversar el alza en la tarifa del metro y decretar el estado de emergencia y el toque de queda en varias ciudades del país. Anoche afirmó ante la prensa que el país está en guerra. Y esto dicho en labios de un mandatario que no sabe cómo contener un furioso y postergado estallido social, aterra. ¿En guerra? Si, en guerra ha dicho. (…)

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« Le soulèvement au Chili est le produit de quarante ans d’orthodoxie néolibérale » (Olivier Compagnon/ Propos recueillis par Aude Lasjaunias / Le Monde)

(…)  Ce qui se passe aujourd’hui n’a rien d’étonnant. Le Chili est le premier État dans lequel ont été appliquées les recettes de la doctrine néolibérale portée par les « Chicago Boys ». Sous la dictature du général Pinochet, ces disciples de Milton Friedman […] ont été chargés de redresser le pays à grand renfort de privatisations, de réduction du rôle de l’Etat et de libéralisation quasi complète de l’économie (…)

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Au Chili, « il n’y a plus d’espoir que le modèle néolibéral de développement porte ses fruits » (Aude Lasjaunias /Le Monde)

(…) Souvent érigé en modèle pour le sous-continent, le Chili est devenu le premier pays de la région à intégrer l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en 2010. Pendant plusieurs décennies, il a connu une croissance spectaculaire dopée par les exportations de cuivre, sa principale richesse. En parallèle, son taux de pauvreté s’est fortement réduit et atteint aujourd’hui 8,6 % de la population. Quant à ses indicateurs, ils restent au beau fixe, notamment avec une croissance qui devrait atteindre, cette année, 2,5 % du produit intérieur brut (PIB). Mais ce tableau idylliquecache pourtant d’importantes fractures. Ansi, les disparités de revenus dans le pays sont supérieures de plus de 65 % à la moyenne de l’OCDE. Et, en 2018, son « coefficient de GINI » – un indicateur d’inégalités –, était de 0,46. Soit l’un des pires au sein de l’organisation. (…)

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Couvre-feu, état d’urgence, des mesures qui ont radicalisé les manifestants (Franck Gaudichaud, spécialiste des mouvements sociaux en Amérique latine et co-président de FAL / France 24)

Les Chiliens en colère contre un système inégalitaire (Deutsche Welle France)

Des émeutes ont déjà fait plusieurs morts en quelques jours au Chili. Le gouvernement Piñera répond au malaise social en envoyant l’armée et avec l’état d’urgence. Ce sont des scènes d‘émeutes comme le Chili n’en avait pas vues depuis des décennies. Au moins onze personnes ont été tuées en trois jours de protestation. Des manifestations qui dérapent, des aéroports quasi bloqués, des magasins pillés… en réponse, le président Sebastian Piñera a élargi l’état d’urgence à plusieurs provinces du pays. “Le prix du ticket de métro n’a été qu’un détonateur”, expliqueFranck Gaudichaud) (…)

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Noticias de América / RFI en español: escuchar aquí

Chili : «Pour l’instant, l’état d’urgence est surtout social» (Alexandra Pichard/ Photos Cristóbal Olivares / Libération)

Onze morts, jusqu’à 2 000 arrestations, une majorité de régions sous couvre-feu… Le président néolibéral, Sebastián Piñera, réprime dans la violence la révolte populaire depuis vendredi. Concerts de casseroles, saccages de magasins, nuages de gaz lacrymogène : la contestation ne retombe pas alors que le Chili entame son quatrième jour de mobilisation très durement réprimée (11 morts et jusqu’à 2 000 arrestations). «Le couvre-feu donne toute licence aux militaires d’emprisonner ceux qui sont dans les rues après 22 heures, mais aussi une autorisation à tirer. Ce n’est pas une opération de maintien de l’ordre mais une partie de chasse» (…)

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Frappé par une sécheresse historique, le Chili se révolte contre l’injustice sociale (Marion Esnault / Reporterre)

… Dans un contexte de sécheresse historique dans le pays, en pleine période hivernale, les Chiliens se révoltent également contre les injustices engendrées par les restrictions de consommation d’eau. Depuis quatre mois, des centaines de petits agriculteurs et éleveurs ont perdu leurs cultures et ont vu leur bétail mourir de soif et de faim alors qu’à côté, les cultivateurs d’avocats ont pu irriguer leurs immenses monocultures destinées à l’exportation dans le monde entier. Dimanche, des villageois de la région de Valparaiso, très touchée par la sécheresse, se sont étonnés sur les réseaux sociaux du retour soudain de l’eau en abondance dans le fleuve Aconcagua, à sec depuis plusieurs mois. Explication probable : les entreprises privées qui gèrent les barrages, et donc l’approvisionnement en eau des fleuves, auraient ouvert les vannes pour calmer le mouvement social. Modatima (Mouvement pour le droit à l’eau, à la terre et à l’environnement) s’est également étonné de cet étrange phénomène en rappelant que le flux d’eau dans les fleuves chiliens est conditionné par des accords passés entre les propriétaires des sources et les usagers de l’eau et que « ces accords reflètent la logique du modèle actuel : laisser la gestion des biens communs, comme l’eau, au secteur privé génère de fortes inégalités » (…)

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¿Qué está pasando en Chile? (AJ + español)

¿Qué está pasando en Chile?

En Chile, el incremento al transporte, ya echado atrás, sacó a miles a las calles. Pero es sólo la punta del iceberg en el descontento social.

Gepostet von AJ+ Español am Montag, 21. Oktober 2019

Sur place au Chili, ce que vivre l’État d’exception et le couvre-feu veut dire (Éric Pommier/ Huffington Post)

En cet après-midi d’un dimanche ensoleillé, un Général en uniforme apparaît sur les écrans de télévision chilienne pour annoncer, pour la seconde fois consécutive, un couvre-feu qu’il prétend faire régir à Santiago à partir de 19h jusqu’au lendemain matin 6h. Voici sept ans que je vis, travaille et réside à Santiago du Chili et me trouve, pour la première fois de mon existence, soumis à un couvre-feu. Il s’agit de lutter contre le vandalisme et les pillages et même de “préserver la vie des personnes”. Nous sommes ensuite invités (en réalité obligés sous peine de courir le risque d’une arrestation) à “nous organiser, à rentrer à la maison, à nous détendre… afin que dès ce lundi nous puissions reprendre une semaine de travail la plus normale possible”. Que s’est-il donc passé à Santiago pour qu’en quelques jours le président d’une société, qui l’a démocratiquement élu, en vienne quasiment à se démettre de son pouvoir pour le remettre à une autorité militaire qui, avec l’aide de soldats et de blindés, soit en charge du “maintien de la sécurité” dans la zone? Que s’est-il donc passé pour que le silence assourdissant d’un gouvernement politiquement absent fasse écho au silence d’une ville dans la nuit que trouble le bruit des hélicoptères patrouillant? (…)

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Crónica: Las manifestaciones en Santiago de Chile (Telesur)

Crónica: Las manifestaciones en Santiago de Chile

El pueblo chileno se levantó, se cansó de callar y salió a las calles a demostrar su descontento con el Gobierno de Sebastián Piñera. Pero el presidente, como buen demócrata con buen juicio, sacó a sus fuerzas de seguridad a la calle a reprimir a los protestantes, decretó un Estado de Excepción y dejó en manos de los militares, quienes no dudaron en hacerse sentir, el toque de queda.Sin embargo el pueblo chileno no se dejó apaciguar y siguió en las calles demostrando que ellos también saben hacerse escuchar.

Gepostet von teleSUR am Sonntag, 20. Oktober 2019

Insurrection populaire au Chili (Acta)

L’élément déclencheur du soulèvement, c’est la lutte contre l’augmentation du prix du métro à Santiago. Un journaliste de l’Agence France Presse, toujours aussi fin limier, vient de découvrir que le métro de Santiago du Chili était le plus étendu de toute l’Amérique latine, et que la capitale était surpolluée par les embouteillages. Il serait plus judicieux de dire que ce mouvement, initié par des étudiants, des précaires et des lycéens, est typique de la situation analysée par l’opéraïsme italien à travers le concept d’ouvrier social. Dans une époque où c’est la ville entière qui est devenue une usine, et donc où c’est l’ensemble de l’espace social urbain qui participe à la production de valeur, il est tout à fait logique que le prix du métro devienne un enjeu radical des luttes. Si l’on pense aux mouvements de ces derniers années en Amérique du Sud, on peut faire la comparaison avec les luttes de 2013 à São Paulo, revendiquant la gratuité du bus dans cette ville. Un peu comme au Brésil, le mouvement a commencé avec un groupe militant indépendant des partis et syndicats ouvriers, et s’est répandu de la capitale aux autres grandes villes de tout le pays. Le plus surprenant, c’est la rapidité de l’extension du mouvement dans le cas chilien. (…)

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À Santiago, les militaires dans les rues pour mater la révolte sociale (Cathy Dos Santos/ L’Humanité)

Face au soulèvement contre la hausse du prix des transports, le président, Sebastian Pinera, impose un couvre-feu et décrète l’état d’urgence. Ces mesures rappellent les heures noires de la dictature, alors que le modèle néolibéral hérité de Pinochet est contesté. Les images et la sémantique sont bouleversantes de sens. La scène se passe au Chili, en 2019, mais renvoie aux heures sombres de la dictature du général Augusto Pinochet qui, après le coup d’État de 1973, a plongé la nation australe dans les ténèbres d’un modèle néolibéral imposé dans le sang. Ce 20 octobre, c’est depuis la garnison militaire de Santiago du Chili, la capitale, que le président Sebastian Pinera s’est adressé à ses concitoyens, quatre jours après le début d’une explosion sociale contre la hausse des tarifs des transports, la seconde en moins d’un an. Contraint de revenir sur sa décision, le chef de l’État et multimillionnaire n’a pourtant rien cédé sur la forme et sur le fond. La veille, il avait décrété l’état d’urgence et imposé un couvre-feu. Du jamais-vu depuis le retour de la démocratie. (…)

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Au Chili, pourquoi une telle explosion de violence? (Huffington Post)

De nombreux analystes avaient prédit ce mécontentement social qui a fini par exploser ces derniers jours dans le pays. Considéré comme un modèle de stabilité politique et économique en Amérique latine, le Chili souffre pourtant de graves fractures sociales, nourrissant depuis des années un mécontentement social qui a fini par exploser, mais que de nombreux analystes avaient prédit. Malgré le déploiement de l’armée, décrété samedi 19 octobre par le président conservateur Sebastien Pinera, des milliers de Chiliens ont continué d’exprimer leur colère dans la rue dimanche face aux inégalités d’un système politique et économique, qui dans de nombreux domaines, a peu évolué depuis la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990). “De l’extérieur, on ne pouvait voir que les réussites du Chili, mais à l’intérieur, il y a des niveaux élevés de fragmentation, de ségrégation et une jeunesse qui, même si elle n’a pas vécu la dictature, a cessé de voter il y a de nombreuses années. Elle en a eu marre et elle est sortie dans la rue pour montrer sa colère et sa déception” (…)

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