La France retire sa décoration à un tortionnaire argentin (Angeline Montoya / Le Monde)
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Le tortionnaire argentin Ricardo Cavallo ne pourra plus se prévaloir de l’Ordre national du mérite français. Le gouvernement a décidé de retirer sa médaille à cet ancien militaire condamné à deux reprises à la perpétuité pour des crimes contre l’humanité commis dans son pays pendant la dictature (1976-1983).

Ricardo Cavallo, 68 ans aujourd’hui, a en effet été reconnu deux fois coupable en Argentine. La première, en 2011, pour des enlèvements, des séances de torture, des passages à tabac et des assassinats dans la sinistre Ecole supérieure de la marine (ESMA), transformée sous la junte militaire en camp de détention clandestin d’où ont disparu 5 000 opposants. La seconde, en 2017, pour sa participation aux « vols de la mort », pendant lesquels les prisonniers, après avoir été torturés, étaient drogués puis jetés vivants dans la mer depuis des avions. Ricardo Cavallo a notamment été reconnu responsable de la disparition, en 1977, de deux religieuses françaises, Alice Domon et Léonie Duquet.

Ricardo Cavallo (à gauche) et Jorge Eduardo Acosta, lors de leur procès pour crimes contre l’humanité (Buenos Aires, 2009) Daniel García / AFP

Mais quelques mois avant la fin de la dictature, en reconnaissance de ses services rendus, celui qu’à l’ESMA on surnommait « Sérpico » ou « Marcelo » a été envoyé en France, où l’on ne connaissait pas son rôle pendant les années de plomb en Argentine, comme attaché de la marine à l’ambassade d’Argentine à Paris. C’est là, le 27 juin 1985, deux ans après le retour de la démocratie, que l’Etat français lui a remis l’Ordre national du mérite. « Les décorations pour tout attaché militaire (ou naval, ou de l’air) en fin de mission représentent une sorte de courtoisie diplomatique sans signification particulière », précise un ancien diplomate du Quai d’Orsay.

Arrestation au Mexique en 2000

À l’époque, l’impunité était totale pour les tortionnaires de la dictature après le vote de lois d’amnistie en 1985 et 1986. Des milliers de militaires, de policiers et de civils responsables de crimes ont ainsi échappé à la justice. En 1989, Ricardo Cavallo, toujours libre de ses mouvements, s’est installé au Mexique sous le nom de Miguel Angel Cavallo. Il y dirigeait une entreprise argentine, Talsud. (…)

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