🇦🇷 «There Is No Alternative». Argentine : le président d’extrême droite Javier Milei se la joue Margaret Thatcher et promet «un choc» budgétaire (Libération avec AFP / France 24)


Trois semaines après sa victoire, le nouveau président a promis l’austérité devant ses partisans lors de son investiture ce dimanche 10 décembre. Volodymyr Zelensky a fait le déplacement, tandis qu’Emmanuel Macron a envoyé son ministre Stanislas Guerini. Le ministre de l’Économie a annoncé mardi 12 décembre une dévaluation de plus de 50 % du peso, ainsi que des mesures “d’urgence” pour serrer la ceinture de l’État, visant selon lui a éviter “la catastrophe d’une hyperinflation”.

Le nouveau président argentin Javier Milei et sa sœur, Karina, dans une voiture se dirigeant vers le siège du gouvernement après la cérémonie d’investiture à Buenos Aires, ce dimanche 10 décembre. (Rodrigo Abd/AP)

Javier Milei a rappelé ce dimanche 10 décembre qu’il n’était pas seulement d’extrême droite, mais également ultralibéral. Trois semaines après sa retentissante victoire électorale, le douzième président de l’Argentine a prêté serment dans le Parlement «au nom de Dieu, de la patrie et sur les Saints Evangiles», jurant d’honorer sa charge avec «loyauté et patriotisme». Puis il a revêtu l’écharpe présidentielle ciel et blanc avant de promettre, avec des airs thatchériens : «Il n’y a pas d’alternative à un ajustement, il n’y a pas d’alternative à un choc» en matière budgétaire, car «il n’y a pas d’argent !»

Dans son premier discours avec cette fonction, non pas devant les parlementaires comme c’est la tradition, mais depuis les marches du Parlement, il a déroulé son discours pro-austérité. «Nous savons que la situation va empirer à court terme. Mais après nous verrons les fruits de nos efforts», a-t-il dit, promettant de «prendre toutes les décisions nécessaires pour régler le problème causé par cent ans de gaspillage de la classe politique», «le pire héritage» jamais reçu par un gouvernement.

Troisième économie d’Amérique latine, l’Argentine est confrontée à une inflation chronique, à 143% sur un an, un endettement structurel, et 40% de pauvreté. Mais le programme du candidat victorieux d’extrême droite pour faire face à la très grave crise économique est pourtant délirant et, en grande partie, inapplicable : abandon de la monnaie nationale, le peso, au profit du dollar ; suppression de la Banque centrale ; fermeture de nombreux ministères comme la Santé ou l’Éducation… Son discours de rupture contre ce qu’il appelle la «caste politique» a en revanche fait mouche.

Face à lui, une mer ciel et blanc de plusieurs milliers de partisans, dominés par des drapeaux argentins et des maillots de la sélection de football, acclamait ses interventions, aux cris de «Libertad, Libertad» et «Motosierra !» («tronçonneuse»), en référence à l’outil qu’il a brandi en campagne, pour symboliser les coupes à venir dans l’État ennemi.

Après son discours, ponctué de son slogan fétiche «Viva la libertad, carajo !» («Vive la Liberté, bordel !»), Javier Milei, au côté de sa sœur et proche conseillère, Karina, 50 ans, a parcouru en décapotable les 2 kilomètres séparant le Parlement de la Casa rosada, la présidence, s’arrêtant parfois pour aller à la rencontre de la foule.

Javier Milei est allé à la rencontre des représentants de pays étrangers qui ont fait le déplacement. A commencer par Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien s’était déjà entretenu fin novembre avec Milei, et l’avait «remercié pour sa position claire. Pas d’équilibre entre le bien et le mal. Juste un soutien clair à l’Ukraine».

Parmi les autres chefs d’État et de gouvernement présents : le roi d’Espagne, Felipe VI, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, et les voisins de l’Argentine : l’Uruguayen Luis Lacalle Pou, le Chilien Gabriel Boric, le Paraguayen Santiago Peña. Le Brésilien Lula, vivement critiqué par Milei par le passé, a envoyé sa cheffe de la diplomatie.

La présidence française s’est elle aussi fait représenter par le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Stanislas Guerini, que l’on a vu tout sourire avec le président tout juste intronisé. Un déplacement que n’a pas partagé le ministre sur son compte X, pourtant régulièrement mis à jour. Milei, lui, avait en revanche publié vendredi 8 décembre sur son compte X une photo d’Emmanuel Macron posant avec un maillot du club de Boca Juniors envoyé par le président argentin, sur lequel était écrit son slogan : «Viva la libertad, carajo !» (…)

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L’ultralibéral Javier Milei officiellement investi président de l’Argentine (FRANCE 24)

Le président élu argentin Javier Milei a été investi dimanche en fin de matinée, prêtant serment trois semaines après sa retentissante victoire électorale d’outsider lancé il y a deux ans à peine en politique. Dans son premier discours de président, il a promis aux Argentins un “choc” d’austérité.

L’ultralibéral Javier Milei est devenu, dimanche 10 décembre, le douzième président de l’Argentine depuis le retour de la démocratie il y a quarante ans, revêtant l’écharpe présidentielle ciel et blanc. Le nouveau président a annoncé d’emblée que la situation économique dans le pays allait “empirer” à court terme, promettant un “choc” d’austérité.

“Il n’y pas d’alternative à un ajustement, il n’y a pas d’alternative à un choc” en matière budgétaire, car “il n’y pas d’argent !”, a lancé Javier Milei à une foule de partisans, réunis devant le Parlement, où il venait de prêter serment. (…)

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Reportage de France 24

Reportage de France 24

En Argentine, le nouveau président Javier Milei procède à une dévaluation choc (France 24 / AFP)

Le ministre de l’Économie du nouveau président argentin Javier Milei a annoncé mardi 12 décembre une dévaluation de plus de 50 % du peso, ainsi que des mesures “d’urgence” pour serrer la ceinture de l’État, visant selon lui a éviter “la catastrophe d’une hyperinflation”.

Le nouveau président de l’Argentine Javier Milei à Buenos Aires, le 12 décembre 2023. © Tomas Cuesta, Reuters

Le gouvernement argentin de l’ultralibéral Javier Milei a comme promis engagé une thérapie de choc, annonçant mardi 12 décembre plusieurs mesures dont une dévaluation de plus de 50 % du peso, la réduction de subventions aux transports et à l’énergie, pour stabiliser une économie rongée par un endettement et une inflation chroniques.

Fin des chantiers publics d’infrastructure, qui passeront désormais au privé, non renouvellement des contrats publics de moins d’un an, réduction drastique des ministères et de la haute fonction publique… Les mesures “d’urgence” annoncées par le ministre de l’Économie Luis Caputo visent, selon lui, a éviter “la catastrophe d’une hyperinflation” qui menace la troisième économie d’Amérique latine.

Kristalina Georgieva, la directrice du Fonds monétaire international, principal bailleur de l’Argentine qu’il aide à rembourser un prêt de 44 milliards de dollars octroyé en 2018, a qualifié les mesures d’austérité de “pas important vers le rétablissement de la stabilité” en Argentine.

Le peso était considéré comme notoirement surévalué à près de 400 pour un dollar, aux derniers jours du gouvernement (centre gauche) sortant, et qualifié “d’excrément” par le candidat Milei. Il vise à terme une “dollarisation” de l’économie argentine, puisque pour lui les Argentins “ont déjà choisi” le dollar pour leur épargne et transactions.

Le peso passera dès mercredi à 800 pour un dollar. Une dévaluation vouée à affecter très fortement et immédiatement le pouvoir d’achat des Argentins, déjà à 40 % sous le seuil de pauvreté, en se répercutant sur les prix, comme la dernière dévaluation (20 % en août).

Cette dévaluation est “bien plus importante que ce que la plupart des gens attendaient, à 800 pour un dollar, soit le double du change officiel, cela aura des répercussions significatives sur l’inflation”, a estimé pour l’AFP Nicolas Saldrias, analyste de l’Economist Intelligence Unit.

“La dévaluation était prévue, mais pour nous ça va être une situation beaucoup plus compliquée, on va basculer dans la pauvreté”, gémissait Gabriel Alvarez, un enseignant de 57 ans.

L’État “va réduire” les subventions publiques de longue date aux transports et à l’énergie, a annoncé Luis Caputo, sans détailler d’échéancier ni d’objectif plancher. “L’État soutient artificiellement des prix très bas via ces subventions, pour faire croire aux gens qu’ils ont de l’argent, mais (…) ce n’est pas gratuit et les gens le payent en inflation”, a-t-il dénoncé.

Cette mesure devrait également très directement frapper le quotidien de millions d’Argentins, en particulier dans le grand Buenos Aires, qui bénéficie de longue date de transports collectifs notoirement bon marché. (…)

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Pour rappel, voir entre autres :
Une photo d’Emmanuel Macron posant avec un cadeau du président élu argentin fait polémique (RFI)
Argentine : « Le président Javier Milei ne pourra tenir qu’avec une main de fer » (entretien avec le syndicaliste Daniel Catalan / Luis Reygada / L’Humanité)
 Milei : une histoire argentine, une dynamique globale (Juliette Dumont / La Grande Conversation)
Argentine : turbulences attendues à une semaine de l’investiture de Javier Milei (Anaïs Dubois / Les Échos)
Milei ou le « tronçonneur » de l’État : voyage au bout du néolibéralisme autoritaire (Vincent Arpoulet / Le Temps des Ruptures)
Argentine : Javier Milei se prépare à gouverner. Les mouvements progressistes sont inquiets (revue de presse)
Élection de Javier Milei : FAL solidaire avec les mouvements populaires et progressistes argentins (communiqué de France Amérique Latine)